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Amorcer un projet de rénovation énergétique : saisissez l’occasion du ravalement !

Copropriété
Particulier
Publié le 06 août 2015
par Mathilde VAN-EECKHOUT

Entretien avec Annie Arzur, membre du conseil syndical de la copropriété du 75 boulevard Soult, 75012 Paris

APC : Quel a été le déclencheur de votre démarche de rénovation énergétique ?

A. A. : Malgré le fait que l’eau chaude et le chauffage soient collectifs (la copropriété est raccordée au réseau de chaleur urbain de la CPCU), le poids du poste chauffage représente près de 100.000 € dans cette copropriété de 104 lots, soit 1/3 du budget annuel de fonctionnement. Quant à l’eau chaude, nous suivons attentivement ce poste et depuis 3 ans nous calculons le prix de revient du m3 d’eau chaude et faisons valider ce calcul par un ingénieur thermicien de notre chauffagiste.  Le prix de revient du m3 d’eau chaude était resté figé à 6,1€  (depuis 1995), jusqu› à 2013 où il a grimpé à 16,86€/m3. Face à ces constats, il est temps de trouver des solutions pour réduire ces postes. D’autant plus que le contexte actuel présume une augmentation continue des prix de l’énergie. Si nous n’agissons pas, cela va « plomber » de plus en plus les charges de la copropriété, et se répercuter sur les propriétaires. Sans oublier le vieillissement incontournable de la copropriété et donc la perte de sa valeur patrimoniale.

A titre personnel, le déclic s’est fait en 2007 lorsque j’ai emménagé dans cette copropriété. Bien que la surface de mon logement précédent fût plus grande, les charges liées à l’énergie étaient plus faibles, malgré le chauffage « tout électrique ». J’ai donc décidé, en tant que membre du conseil syndical, de prendre à bras le corps ce problème en sensibilisant tout d’abord mes collègues du conseil syndical puis les autres copropriétaires.  

APC : L’audit a été mis au vote de l’assemblée générale de la copropriété le 11 juin dernier. Qu’en est-il ressorti ?

A. A. : J’ai rencontré l’Agence Parisienne du Climat lors du Salon de la Copropriété. C’est en participant au jeu-concours « Gagnez une thermographie de façade » que j’ai été sensibilisée aux solutions existantes pour réduire les charges de la copropriété. Alors gagnante du jeu, notre copropriété s’est faite «tirée le portrait de façade» en 2014 par un bureau d’études ; en d’autres termes, on a fait réaliser une thermographie de façade. Avec cette thermographie nous avons pris conscience des pertes d’énergies dues notamment aux ponts thermiques et/ou à une mauvaise isolation de notre immeuble. Cette thermographie a été réalisée après le vote en AG 2013 de notre ravalement, nous n’avions pas alors pensé à intégrer le volet «efficacité énergétique» au projet.Et on peut le regretter aujourd’hui.
Le problème énergétique (charges importantes) n’étant toujours réglé, nous avons mis au vote de l’AG de juin 2014 la réalisation de l’audit énergétique. Malgré le fait que l’audit aurait permis de réduire significativement les charges de la copropriété, peu de copropriétaires ont voté pour.

APC : Selon vous, quels ont été les freins au vote ?

A. A. : D’après moi, le chantier ravalement, qui est actuellement en cours, a découragé les copropriétaires de se lancer dans un nouveau chantier. En effet, le ravalement a mis à mal les finances de nombreux copropriétaires qui, bien évidemment, ne veulent ou ne peuvent pas débourser tout de suite pour un autre projet. Ce que nous ne savions pas en 2013, c’est que nous aurions pu faire une isolation thermique de l’extérieur (ITE) en même temps que le ravalement. Ce choix aurait été plus efficace en terme d’économies d’énergie et avantageux car nous aurions pu bénéficier d’aides financières pour les travaux.

Pour présenter le coût de l’audit, nous nous sommes aussi appuyés sur un seul devis de professionnel. Même si celui-ci a été présenté comme raisonnable en terme budgétaire par le syndic, les copropriétaires n’avaient pas de comparatif. Ils ont donc voté contre. Depuis l’AG, le syndic a été remplacé. Espérons que le nouveau syndic soit davantage moteur dans ce projet et contribuera à sensibiliser non seulement les membres du CS mais aussi les copropriétaires qui ne l’étaient pas encore.

APC : Souhaitez-vous remettre à l’ordre du jour de l’AG 2015 la réalisation de l’audit énergétique ?

A. A. : Oui bien sûr. C’est un passage obligé pour réduire nos dépenses et, de toute façon, l’audit énergétique est obligatoire avant fin 2016 pour notre copropriété. Malheureusement, le constat sur l’immeuble est venu après le vote du ravalement. Nous aurions pu faire une pierre deux coups mais le sujet sera naturellement remis au vote l’année suivante.

APC : Maintenant, qu’attendez-vous de l’APC ?

A. A. : Clairement un appui technique et documentaire sur le projet. Car nous pouvons être rapidement noyés dans la profusion des informations. Cela pourra nous guider dans le choix du recours aux professionnels et à la comparaison des devis. J’ai récemment inscrit notre copropriété sur le CoachCopro. Cela m’aide pour me documenter, pour préparer le projet et m’aidera certainement pour communiquer au sein de la copropriété. Reste plus qu’à voter l’audit pour enclencher la démarche !

APC : Quels conseils donneriez-vous aux référents énergie des autres copropriétés pour optimiser les chances au vote ?

A. A. : Je pense qu’avant tout il faut un tandem conseil syndical/syndic très motivé, impliqué et investi dans le projet. C’est un élément moteur important pour mobiliser les acteurs de la copropriété. Et au risque de me répéter, je compte beaucoup sur le nouveau syndic pour continuer l’important travail de sensibilisation. Par ailleurs, je souligne le rôle central des conseillers de l’Agence Parisienne du Climat qui m’apportent de bons conseils et un suivi attentif. Cela m’encourage pour la suite du projet.

Enfin, compte tenu de notre expérience et des recommandations de l’APC,  le conseil que j’aurai à donner c’est de ne pas oublier d’envisager l’isolation du bâtiment lorsque vous devez faire le ravalement ! vous économiserez ainsi davantage.

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