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canicule à Paris

Canicule : Comment adapter Paris aux événements extrêmes ?

ClimatCOP21/COP22
ParticulierProfessionnel
Publié le : 22 septembre 2016

Vagues de chaleur plus fréquentes et intenses, hivers plus doux et arrosés, augmentation des jours de canicule… les études menées par Météo-France projettent des changements non négligeables dans le climat parisien à la fin du 21ème siècle. Comment doivent agir les villes pour s’adapter ? Plusieurs solutions possibles.

Paris plus sensible aux événements extrêmes de type canicules

Il est prévu que le nombre de jours de canicule augmentent à la fin du siècle : de 3 à 26 jours par an, au lieu d’un jour en moyenne aujourd’hui. En raison de son îlot de chaleur urbain (ICU) particulièrement intense en période de fortes chaleurs, Paris est plus sensible aux événements caniculaires.

Consultez la brochure « Ilot de chaleur urbain à Paris : un microclimat au cœur de ville »

Le Plan Climat Energie de Paris (PCET), la politique parisienne en matière de climat et d’énergie a abordé le sujet de l’adaptation su changement climatique dans son carnet «adaptation». Ce carnet, définit une stratégie à long terme (2050) et des objectifs détaillés et dédiés à l’adaptation de Paris aux effets du dérèglement climatique et à la raréfaction des ressources.

En attendant la publication de ce carnet «adaptation», Météo France en partenariat avec l’Agence Parisienne du Climat, a étudié une série de solutions pour adapter le territoire parisien aux futures canicules.

Limiter l’effet d’Ilot de Chaleur Urbain

La première stratégie pour adapter le territoire consiste à limiter l’effet nocturne de l’ICU (îlot de chaleur urbain), c’est-à-dire faire baisser la température nocturne en zone urbaine dense pour permettre à la population de récupérer pendant son sommeil. Pour mettre en œuvre cette stratégie cela passe par :

  • Le recours à des matériaux réfléchissants. Il s’agit d’utiliser la capacité des matériaux de construction à plus ou moins absorber le rayonnement solaire et donc la chaleur. Le laboratoire des essais de matériaux de la Ville de Paris étudie les propriétés thermiques des matériaux constituant les revêtements de la voirie et des trottoirs parisiens. 
  • L’isolation des bâtiments pour ralentir leur réchauffement, en insistant, comme le rappelle le PCET, sur le confort thermique estival, le rafraîchissement naturel, la conception bioclimatique, et la pose de protections solaires extérieures.
  • La végétalisation (plutôt en pleine terre) en gardant à l’esprit que la  disponibilité de l’eau, en période de canicule, dans un scénario de végétalisation important devient un enjeu crucial.
  • La limitation des équipements de climatisation individuelle. Dans un scénario de doublement de la puissance globale de climatisation (installations individuelles), le projet de recherche CLIM2 révèle que la température nocturne pourrait augmenter jusqu’à 3°C. Il en résulterait un ICU nettement plus étendu et intense incitant à recourir encore davantage à la climatisation.

Consulter la brochure «Comment adapter le territoire parisien aux futures canicules»

Créer des îlots de fraîcheur en journée

Le verdissement et la végétation arrosée avec le développement d’espaces verts apportent de la fraîcheur par l’ombrage et l’évapotranspiration générés par les plantes. 

La Mairie de Paris s’est fortement engagée dans une politique de végétalisation de la ville. Ce sont 100ha de végétalisation supplémentaires sur les toits et les murs parisiens qui sont visés à horizon 2020, ainsi que 30ha d’espaces verts publics supplémentaires et 200 nouveau lieux végétalisés sur l’espace public. Pour en savoir plus paris.fr

Intégrer et utiliser l’eau en ville avec des aires de promenades en bordure de canaux et berges, des fontaines et des mares apporte également de la fraîcheur. Paris a également expérimenté l’arrosage des rues avec de l’eau non potable pendant des vagues de chaleur afin de mesurer l’effet rafraîchissant.

Combiner les mesures pour plus d’efficacité

Combinaisons gagnantes. Les mesures visant à limiter les effets nocturnes de l’ICU et à créer des îlots de fraîcheur durant la journée sont complémentaires. En combinant matériaux réfléchissants, verdissement et humidification des chaussées, ce scénario donne les meilleurs résultats sur la température.

La nature comme solution d’adaptation aux changements climatiques

Le verdissement et la végétation arrosée contribuent à limiter les restitutions de chaleur la nuit et à diminuer la température en journée. Les travaux de Météo-France montrent qu’avec un arrosage suffisant, le verdissement global permet de faire baisser la température de 3 à 5°C, à un instant donné, pendant une canicule comme celle de 2003.

Par ailleurs, si les toitures végétalisées peuvent avoir un impact au niveau du confort thermique à l’intérieur du bâtiment, la végétation de pleine terre (solutions au sol : arbres et sol enherbé) a un réel effet sur le confort thermique extérieur.

La Mairie de Paris a mis en place un programme ambitieux sur 2014-2020 pour végétaliser la ville :

  • 30 hectares supplémentaires de jardins ouverts au public, 
  • 20 000 nouveaux arbres plantés, 
  • 200 projets de végétalisation participative dans le cadre de l’opération «Du vert près de chez moi»,développement des fermes pédagogiques, vergers et potagers dans les écoles… 
  • 100 hectares de végétalisation sur les murs et toits, dont un tiers dédié à l’agriculture urbaine.

Elle a notamment lancé en juillet 2014 le projet « Du vert près de chez moi », qui faisait appel à tous les Parisiens pour recenser les espaces qui pourraient être végétalisés près de chez eux. Parmi plus de 1500 contributions, 209 projets ont étés retenus qui verront le jour au cours de cette année.

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