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Tour Eiffel Orage Paris

La chaleur et les orages violents de ce printemps sont-ils liés au changement climatique ?

Climat
ParticulierProfessionnel
Publié le 03 Juillet 2018
par Jérémie Jaeger

Pour prendre du recul, l’Agence Parisienne du Climat publie avec Météo-France un bulletin climatique comparant les données de la saison passée avec les moyennes des mesures des trente dernières années à Paris.

A Paris, un printemps 2018 chaud et pluvieux

En météorologie, le printemps couvre les mois de mars, avril et mai. A Paris, cette saison a été particulièrement chaude : avec une température moyenne de 13,3°C, soit 1,5°C au-dessus des normales saisonnières, le printemps 2018 se classe au 4e rang des printemps les plus chauds depuis 1873. Si le mois de mars a été plutôt frais, les mois d’avril et mai sont respectivement les 3e et 2e mois les plus chauds depuis 1873.

Températures moyennes printemps  Paris

Température moyenne printemps 2018 Paris

Ce printemps a été également marqué par les intempéries : la pluviométrie sur toute la saison est supérieure de 28% à la normale saisonnière.

Changement climatique : vers des printemps plus chauds à Paris?

Les données météorologiques parisiennes sont enregistrées depuis 1872 à la station Paris-Montsouris. Cette longue série d’observations permet de conserver la mémoire du climat et de replacer les événements climatiques dans un contexte de long terme.

Entre 1873 et 1988, seulement 13 printemps ont des températures au-dessus des moyennes de référence 1981-2010, tandis que depuis 1989, 22 printemps sont au-dessus de ces normales de saison. Cela montre que nous observons à Paris un réchauffement général des printemps.

Il est très compliqué d’attribuer la chaleur de ce printemps 2018 au changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre. En revanche, les climatologues de Météo-France affirment avec une grande confiance, que dans le contexte du changement climatique, les printemps doux seront plus fréquents à Paris et en Île-de-France d’ici la fin du siècle.

Plus d’orages violents au printemps ?   

Fin mai, Paris a été touchée par des averses orageuses parfois impressionnantes, avec des pluies diluviennes qui ont engendré de nombreuses perturbations dans la capitale. Mais les orages sont des événements normaux à partir du mois de mai : cela s’explique par le fait que les basses couches de l’atmosphère commencent à se réchauffer fortement sous l’action d’un meilleur ensoleillement, alors que les hautes couches de l’atmosphère restent froides. Il n’a pas encore été démontré par les climatologues si le changement climatique a ou non une influence sur la fréquence des épisodes orageux. En revanche, il est démontré qu’il rend les épisodes de pluie plus intenses. Le dernier rapport du GIEC précise ainsi : « Les lames d’eau sont plus importantes. C’est très lié au réchauffement des températures : la quantité d’eau disponible à la condensation est supérieure, et le cycle de l’eau est accéléré. Les pluies extrêmes sont donc favorisées et plus intenses ».

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Le changement climatique à Paris

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