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Paris à vélo

Etudiants à Paris : comment démocratiser l’usage du vélo ?

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Publié le 14 septembre 2018
par Paula Torrente

Seulement 7% des étudiant.e.s parisien.nes utilisent le vélo régulièrement. Quels sont les leviers pour démocratiser cette pratique ? Quelles actions la Ville de Paris prévoit-elle de mettre en place ? Entretien avec Marie-Christine Lemardeley, Adjointe à la Maire de Paris, chargée de toutes les questions relatives à l’enseignement supérieur, la vie étudiante, la recherche.

 

APC : Quelle est l’utilisation du vélo par les étudiant.e.s au sein du territoire métropolitain ?

Marie-Christine Lemardeley : D’après une enquête de novembre 2017 de l’APUR-Atelier Parisien d’Urbanisme, l’usage du vélo a connu une évolution considérable, augmentant de 50% en Ile-de-France entre 2001 et 2010 et de 195% à cette même période dans la métropole du Grand Paris. Pour autant, la pratique cycle reste faible. Dans le milieu étudiant, 7 %, des étudiant.e.s parisien.ne.s interrogé.e.s lors de l’enquête, utilisent régulièrement le vélo, 16 % si l’on y ajoute les occasionnels.La pratique cycle doit donc se développer davantage, car ses avantages sont connus : liberté de déplacement, réduction du temps de déplacement, faible coût, impact positif sur la santé des cyclistes etc.

7 %, des étudiant.e.s parisien.ne.s interrogé.e.s dans l’enquête de l’APUR, utilisent régulièrement le vélo, 16 % si l’on y ajoute les occasionnels. La pratique cycle doit donc se développer davantage, car ses avantages sont connus : liberté de déplacement, réduction du temps de déplacement, faible coût, impact positif sur la santé des cyclistes etc.»

En outre, les nombreuses associations et événements étudiants créés ces dernières années témoignent de l’intérêt des jeunes pour les modes de déplacements doux et alternatifs à la voiture et aux transports en commun. L’attrait et l’intérêt pour le vélo est donc bien présent chez les étudiant.e.s et les jeunes en général et la ville continuera de soutenir son développement ainsi que les associations et établissements portant des initiatives allant dans ce sens.

Etudiant à vélo dans Paris ©Guillaume Bontemps/ Mairie de Paris

APC : De quelle façon la Ville de Paris intègre les étudiant.e.s dans sa stratégie de mobilité globale ? Quelles actions va-t-elle mettre en place pour inciter les étudiant.e.s à se déplacer responsable ?

M-C.L : Il faut savoir pour commencer que la Ville fait le choix d’avoir une attention particulière au public étudiant dans son Plan Vélo. Les étudiant-e-s représentent 1 demi-million de personne dans la métropole du Grand Paris, et 1 parisien.ne.s sur 10 dans la capital, sans compter que les campus sont disséminés dans Paris. De plus, le passage du lycée à l’université est une période phare dans la vie d’un.e citoyen.ne. Il apparaît que ce temps de la vie est le plus opportun pour développer des pratiques qui deviendront des habitudes et des réflexes pérennes.

Le passage du lycée à l’université est une période phare dans la vie d’un.e citoyen.ne. Il apparaît que ce temps de la vie est le plus opportun pour développer des pratiques qui deviendront des habitudes et des réflexes pérennes.»

Pour cette raison et parce que les étudiant.e.s ont des problématiques qui leur sont tout à fait propres (peu de ressources, beaucoup de déplacements journaliers, envie d’indépendance vis-à-vis des horaires de transport en commun, etc.) nous souhaitons développer la pratique cycle dans le monde étudiant par plusieurs actions spécifiques :

  • En sensibilisant et en accompagnant les établissements pour qu’ils prévoient des aménagements spécifiques, tels que des stationnements sécurisés, arceaux vélo, vélo box.
  • En organisant des évènements centrés sur le vélo, comme par exemple celui qui a eu lieu lors du lancement du bus de rentrée le 11 septembre à la place Jussieu. Lors de cet évènement, les étudiant.e.s avaient la possibilité d’acquérir un vélo à moindre coût en participant à la grande bourse aux vélos d’occasion, organisée en partenariat avec de nombreuses associations étudiantes. Diverses animations ont été également mises en place, permettant ainsi aux étudiant.e.s d’acquérir les équipements nécessaires à la pratique cycle, de marquer son vélo contre le vol, et de découvrir comment entretenir son vélo par des techniques accessibles à tout.e.s ! Enfin, les étudiant.e.s ont pu apprendre ou réapprendre à faire du vélo et se mettre au clair sur le code de la route (comment utiliser les sas vélos, qu’est-ce qu’un cédez-le-passage cycliste au feu, etc.)
  • En mettant en lien les associations expertes du sujet avec les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche, afin que les ateliers organisés le 11 septembre, puissent se dérouler de façon pérenne, tout au long de l’année sur des campus ou résidences universitaires du Crous de Paris.

Toutes ces ambitions sont réalisables grâce à un réseau d’associations et de bénévoles engagé.e.s en faveur des mobilités douces et je tiens à les remercier pour leurs propositions et leurs actions.

APC : Comment les campus universitaires peuvent-ils y contribuer ? Avez-vous des exemples de bonnes pratiques ?

M-C.L : Parmi les freins à la pratique cycle des étudiant.e.s relevés par l’enquête de l’APUR, l’insuffisance du stationnement au sein du lieu d’étude a été signalée par un quart des étudiant.e.s. C’est l’un des freins auquel les établissements peuvent remédier par l’installation d’arceaux, de vélo box ou de parkings sécurisés sur les emprises des sites universitaires et au-delà de vie étudiante, et la Ville les y accompagnera.

L’insuffisance du stationnement c’est l’un des freins auquel les établissements peuvent remédier par l’installation d’arceaux, de vélo box ou de parkings sécurisés sur les emprises des sites universitaires et au-delà de vie étudiante, et la Ville les y accompagnera.»

Certains établissements le font déjà, tel que l’Université de Paris Dauphine qui par exemple, a bien identifié ce problème et envisage de transformer une partie de son parking sous terrain dédié aujourd’hui aux voitures en parking à vélos sécurisé. Également, des programmes pour aider les étudiants à s’approprier la pratique cyclable sont développés. C’est le cas à l’Université de Paris-Ouest-Nanterre où sont mis en place des ateliers d’autoréparation animés par des associations lors de la semaine étudiante du développement durable tous les ans au mois d’avril.

La Ville soutient toutes les initiatives prises par des établissements visant à lutter contre le réchauffement climatique. Nous encourageons les administrations à créer elles aussi des parkings à vélo au sein de leur établissement, et à mettre à disposition des locaux pour installer un atelier de réparation et des outils adéquats. La Ville se tient à leur disposition pour tout accompagnement technique sur l’identification des besoins ou des solutions à mettre en œuvre (abris vélo, arceaux, nombre de places..).

Le développement de la pratique du vélo sur les campus nécessite une coordination importante entre les établissements, les CROUS, les associations et la Ville. Conscient-e-s de l’impératif de coordonner cet ensemble d’acteur-trice-s, nous organisions au mois de mai 2018 une première rencontre sur les mobilités douces dans l’enseignement supérieur afin de consolider un réseau d’acteur-trice-s engagé-e-s pour promouvoir l’utilisation du vélo.

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