Vous êtes ici

L’innovation au service du climat à Paris

Agence Parisienne du ClimatClimatCOP21/COP22Innovation
ParticulierProfessionnel
Publié le : 14 janvier 2016

Comment faire converger la transition énergétique et le potentiel économique de Paris ? L’APC revient sur la conférence Innovation et Transition qui a eu lieu au Grand Palais pendant la COP 21.

Le 6 décembre dernier, se tenait au Grand Palais une conférence « Innovation et Transition » organisée par l’Agence Parisienne du Climat dans le cadre du dispositif Solutions COP 21. Entre start-ups et acteurs de la recherche et de l’ouverture des données, la qualité des échanges était au rendez-vous pour démontrer l’immense potentiel de l’innovation au service du climat à Paris.

L’innovation au service des entreprises et des start-ups

Comment encourager les comportements écologiques dans les plus grandes entreprises ? Dans la continuité des politiques RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), les start-ups Ozact et Colibree proposent déjà leurs solutions.

Ozact, solution et animation de la transition écologique

Hélène Gounot, directrice associée

Hélène Gounot, directrice associée d’Ozact explique la démarche de cette start-up née dans le cabinet de conseil Synergence. Pour passer aux actes de l’anti-gaspillage tant matériel qu’énergétique, l’équipe a proposé une plateforme ludique pour tous les salariés d’une entreprise permettant de surveiller son stock de consommation au cours du mois et de voir les progrès effectués par l’entreprise. En parallèle, défis et récompenses sont proposés pour limiter par exemple l’usage des gobelets en plastiques. La méthode porte ses fruits, souligne Hélène Gounot, puisque le dispositif déployé dans l’ensemble des 1200 restaurant MacDonald’s en France, soit 60 000 collaborateurs, a permis une réduction de 8% d’émissions de gaz à effet de serre en trois ans (au lieu des cinq prévus) et plus de 7000 tonnes d’huile usagée transformées en biodiesel.

Colibree, flottes privatives de vélos à assistance électrique

François Rabasse, président et fondateur

Au-delà des consommations propres à une activité, une grande part des émissions de gaz à effet de serre reste concentrée dans les déplacements, domicile-travail ou bien dans le cadre de son travail. Selon François Rabasse, président et fondateur de la Société Coopérative et Participative (SCOP) Colibree, l’une des solutions phares reste l’adoption de flottes de vélos à assistance électrique (ou VAE). Selon lui, Plusieurs raisons à cela :

Les flottes intégrées à la voirie restent trop coûteuses (maintenance, vandalisme…)
Le VAE permet de conquérir de nouveaux usagers qui tendront plus facilement vers des déplacements doux. En effet, en moyenne, seulement 15% des personnes qui ont utilisé le VAE sont des cyclistes réguliers
L’image entretenue est celle d’une entreprise innovante, dynamique grâce à cette forme de mobilité active et bien entendu respectueuse de l’environnement

L’offre de Colibree se veut également un service « tout compris » de l’installation à la maintenance en passant par l’accompagnement de la conduite du changement au sein de l’entreprise. Avec cette offre, ce sont alors en moyenne 85% de sorties qui se font en substitution d’un déplacement en voiture, moto ou bus.

WiSeed, solutions de financement participatif

Stéphanie Savel, présidente

Comment aider les start-ups innovantes à se développer ? Grâce à l’investissement participatif, nous répond Stéphanie Savel, présidente de WiSeed. Le principe est simple, chacun est invité à choisir un ou plusieurs projets préalablement sélectionné(s) par WiSeed sur des critères de viabilité mais aussi d’intérêt général puis à y investir la somme de son choix à partir de 100 euros. La plateforme permet ensuite de suivre ses investissements et propose différents scenarii de sorties ou de retours sur investissement avec plus-value de cession.  

Avec plus de 50 000 membres, WiSeed a financé près de 90 projets depuis sa création en 2008 grâce à l’apport croissant d’investissements par jour (10 000 euros souscrits par jour en 2013, 20 000 en 2014 et plus de 50 000 en 2015).

Retrouvez les supports de présentations d’Ozact, de Colibree et de WiSeed.

L’innovation grâce à la richesse des données numériques

Dans le cadre d’un atelier-débat en avril dernier, l’Agence Parisienne du Climat s’est penchée sur la richesse des données numériques au service du climat. En pleine expansion, notamment sur les questions actuelles du big data, le domaine des données constitue une véritable source d’inspiration qui peut se voir décuplée grâce à l’intelligence collective et l’ouverture des données. De la start-up Deepki, valorisant les données existantes au travail d’ouverture et de recensement des données publiques du gouvernement, le sujet était fortement représenté lors de ce moment d’échanges sur l’innovation au service du climat.

Deepki, utiliser les données existantes pour détecter où économiser

Vincent Bryant, co-fondateur

Accompagnant les propriétaires de parcs de bâtiments, Deepki rassemble et analyse les données existantes des parcs de bâtiments grâce à des modèles prédictifs afin d’en détecter les leviers d’efficacité énergétique et les économies d’énergie. Les propriétaires disposent en effet, et parfois sans en mesurer la richesse, de très nombreuses données exploitables comme les factures énergétiques mensuelles, les données patrimoniales, les listes d’équipements ou encore les flux activités ou de visiteurs. Alors que dans 75% des cas,  ce sont les cinq mêmes recommandations qui permettent d’économiser le plus d’énergie, l’analyse prédictive des données détecte ces leviers d’actions sans avoir à investir dans des appareils de mesures ou des audits énergétiques.

Le Climate Change Challenge, les données publiques ouvertes au profit de l’intelligence collective

Romain Talès, responsable du recensement des données publiques sur www.data.gouv.fr

Inspiré des modèles des « hackathon » et des « datacamp », ce dispositif baptisé C3 ou Climate Change Challenge a consisté en un tour de France d’innovation ouverte sur le changement climatique. Porté par le Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique et par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, le C3 (Climate Change Challenge) est une initiative développée par Météo-France, La Mêlée, l’IGN, le CNES, Etalab et le MNHN. Ce défi a mobilisé l’intelligence collective et les données ouvertes pour imaginer des solutions innovantes à la sensibilisation, la prévention, la lutte et l’adaptation au changement climatique.

A partir de la base de données ouvertes du gouvernement (www.data.gouv.fr), ce sont plus de 550 jeux de données qui ont été proposées aux participants du C3 dans quatre villes de France (Paris, Lyon, Nantes et Toulouse) sur l’énergie, le développement durable et la mobilité, en partie apportés par les partenaires du défi comme l’IGN, Météo-France, EDF, ERDF ainsi que les collectivités des villes participantes.

Au terme du défi, cinq lauréats français et un coup de cœur du public ont été identifiés parmi les 29 projets proposés pour bénéficier d’un suivi et d’un accompagnement des structures partenaires du défi : Le Plan B(anane) pour agir au quotidien grâce à des défis écolos, Tayo pour optimiser et partager son trajet à un événement professionnel donné, Green My City afin d’encourager la végétalisation de la ville, DIWO qui géolocalise des structures facilitant l’autoproduction par la mutualisation de l’espace, BlaBlaCarottes qui propose aux particuliers effectuant des trajets à vide de récupérer et de livrer des paniers de légumes et enfin, Meet&Reboot, sélectionné par le vote du public, dont la plateforme B2B connecte les données des déchets et des matières premières des entreprises sur un territoire afin d’appliquer le principe d’économie circulaire.

Comme le souligne Romain Talès, la mission Etalab des données ouvertes du gouvernement français, a également collaboré avec le gouvernement mexicain dont sa représentante, Ania Calderon a également montré le potentiel des données ouvertes avec notamment une carte du Mexique géolocalisant les abris en cas d’inondation ainsi que le travail fourni par les membres d’OpenStreetMap dans le pays.

Stimergy, datacentres éco-responsables

Christophe Perron, CEO

Si les données numériques se révèlent être un excellent accélérateur de projets, leur stockage n’en soulève pas moins la question des data centers dont la consommation énergétique et le rejet de chaleur fait débat dans les démarches écologiques. En effet, comme le souligne Christophe Perron, fondateur de la start-up Stimergy, Internet est responsable de 2% des émissions de gaz à effet de serre soit l’équivalent de l’ensemble du trafic aérien mondial.

Sa solution ? L’installation des data centers près des infrastructures présentant des besoins de chauffage, autrement appelé « chauffage numérique ». Par exemple, la piscine de la Butte-aux-Cailles à Paris a été le lieu d’expérimentation de cette récupération d‘énergie des serveurs informatiques grâce au soutien de la Ville de Paris. Si la chaleur des data centers permet de chauffer l’eau de la piscine, en retour, la piscine permet de refroidir les data centers.

Retrouvez les supports de présentations de Deepki, du Climate Change Challenge, du gouvernement mexicain et de Stimergy

Pour plus d’informations sur le C3, retrouvez notre article «Les lauréats français du C3».

L’innovation au cœur de la ville

Efficacity, institut de R&D pour la transition énergétique de la ville

Antoine Daval, directeur des programmes de recherche à Efficacity

Proposant une approche systémique et pluridisciplinaire, l’institut Efficacity regroupe plus de 100 chercheurs public/privé répartis en six grands projets de recherche. Parmi ses axes d’études, Antoine Daval présente en particulier :

  • l’identification des potentiels de production d’énergies renouvelables et fatales pour proposer la meilleure architecture de système possible
  • l’optimisation des pôles gares comme hubs multi-services
  • les méthodes d’analyse de cycle de vie et multicritères
  • les nouveaux modèles économiques qui prennent en compte les externalités de la maîtrise d’énergie

Efficacity est l’un des partenaires de l’Agence Parisienne du Climat dans la rénovation énergétique des copropriétés de Paris.

Agence Parisienne du Climat, Anne Ged, directrice

Paris&Co, Karine Bidart, directrice

Faire converger la nouvelle donne de la transition énergétique et le potentiel économique de Paris comme véritable accélérateur de la green économie et facteur d’attractivité unique constitue un enjeu considérable pour la capitale française. L’Agence Parisienne du Climat et Paris&Co ont créé dans ce but la plateforme ParIS Green comme révélateur de tendances et de projets économiquement et environnementalement viables. Les réseaux partenariaux de ces deux structures permettent de mettre en relation et en visibilité les initiatives, actions et start-ups innovantes sur Paris comme le montre le thème de la conférence.

Retrouvez les supports de présentations d’Efficacity et de l’APC et ParISgreen

 

Autres actualités