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Interview d'Anne Girault dans le cadre de l'étude Changer d'ère

La neutralité carbone - regard expert d’Anne Girault

Climat
ParticulierProfessionnel
Publié le 26 avril 2017
par Mathilde VAN-EECKHOUT

Anne Girault est interviewée dans le cadre de l’étude «Paris change d’ère» sur sa vision d’une métropole neutre en carbone.

 

Une métropole neutre en carbone est-elle possible ?

Anne Girault : Une métropole neutre en carbone à l’horizon de la moitié de ce siècle, c’est l’objectif que nous devons partager, parce qu’il n’y pas d’alternatives à la transition écologique et que nous avons tous à rendre cela possible. C’est le sens du Sommet des élus locaux pour le Climat dans la déclaration de l’Hôtel de Ville de Paris, de la COP 21 et de la loi sur la transition énergétique. C’est un cap et une ambition qui servent à donner de la dynamique à l’action de tous.

La vision 2050 d’une métropole est également l’occasion de la construction d’une vision positive avec un projet qui parle aux habitants, dans leur quotidien d’aujourd’hui et qui préparent des trajectoires qui se déclinent dans nos vies et qui, étape après étape, conduisent à l’appropriation par le plus grand nombre des transformations à venir. Le Plan Climat de Paris a toujours été précurseur et ambitieux dans la lutte contre le changement climatique. Les résultats après 10 ans de mise en œuvre sont là. La lutte contre le changement climatique est, depuis 2007, le fil conducteur de l’ensemble des politiques de la Ville. Le nouveau Plan Climat aura aussi cette ambition et rendra l’objectif possible. Les questions maintenant portent sur la trajectoire, les parcours sectoriels, les conditions sur lesquelles il est nécessaire de travailler maintenant. L’Agence Parisienne du Climat a été créé aussi pour cela et nous y prendrons notre part.

• À quelles conditions et sur quel périmètre ?

Anne Girault : Aller vers une métropole bas carbone demande de remplir deux conditions structurantes : une condition de temporalité, commencer maintenant et une condition de méthode, en faire le fil conducteur de la transformation urbaine et de la construction métropolitaine, au cœur des agendas des décideurs et des scénarios de vie des citoyens.

Les ingrédients sont là, notamment à partir du socle des résultats des dix ans de Plan Climat à Paris mais également dans l’ensemble des signaux faibles que l’on voit apparaitre dans les dernières années. La préparation des documents structurants des politiques publiques, de Paris à la Métropole, sera également l’occasion de se doter d’une nouvelle ambition à long terme et du plan d’actions opérationnelles et structurelles qu’il convient d’engager maintenant. Ce sont des opportunités qu’il faut saisir et qui feront du climat à ses différentes échelles la boussole des engagements du territoire métropolitain qui se construit. Inclusion et solidarité engagent à viser un périmètre large qui se constituera au fil du temps. Ce siècle est celui de l’ouverture, de la combinaison des échelles et des territoires. Première visée : la Métropole du Grand Paris, enjeu de la construction territoriale des toutes prochaines années dans une Région mobilisée. Progressivement d’autres espaces territoriaux pourront être liés à celui de la Métropole et offrir des espaces de mutualisation et de co-construction.

C’est l’esprit dans lequel nous travaillons sur la rénovation énergétique des copropriétés et la réflexion sur les grandes questions énergie/climat dans une perspective métropolitaine et régionale. Une expérience à développer.
S’agissant des thématiques, le bâtiment en général trouvera son chemin à l’horizon de cette première moitié de siècle. Plus difficile reste la question des transports et de la mobilité en général. C’est aussi l’enjeu francilien.

Enfin il convient de consolider les conditions du passage à l’acte : l’accompagnement au changement, la mise à disposition de bibliothèques de solutions, le croisement des regards, l’apprentissage par l’écoute de l’autre et le repérage des signaux faibles et bien sur la préparation des nouveaux métiers. Et puis, certainement apprendre à compter différemment : les euros ne suffiront pas, les kWh non plus, et il sera important de compter carbone et d’avoir une vision plus précise de notre empreinte et de nos impacts pour guider les choix, de ceux des citoyens et des décideurs.

Aider à passer à l’acte maintenant, sans perdre de temps, c’est la méthode que nous avons construite en 6 ans à l’Agence Parisienne du Climat. Laboratoire de la transition, expert du quotidien, nous pensons avoir réuni un certain nombre de conditions opérationnelles pour contribuer à un nouveau cap plus ambitieux.

  • Disposer et communiquer sur des repères simples, adaptés et fiables avec une bibliothèque de solutions de bonnes pratiques disponibles dans l’ensemble des secteurs
  • Décrypter les transformations en cours et donner un cadre de références solides, propices à l’action
  • Valoriser et donner du sens à l’innovation et proposer des territoires d’expérimentation
  • Renforcer le rôle des acteurs opérationnels de proximité et démontrer la capacité à innover en tenant compte des réalités
  • Augmenter l’expertise des acteurs en assurant la transmission des informations, le décryptage des politiques, la co constructions de nouvelles démarches et outils avec savoir, compétence et créativité.

Fort de notre expérience et de nos 90 partenaires et adhérents, la préparation du nouveau Plan Climat sera l’occasion de prendre notre place dans cette nouvelle étape.

Anne Girault,
Directrice de l’Agence Parisienne du Climat

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