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Ilot de chaleur urbain Paris

Pourquoi fait-il plus chaud en ville ? Un micro climat parisien marqué par le phénomène d’îlot de chaleur urbain

Climat
ParticulierProfessionnel
Publié le 20 Juillet 2018
par Julie Caron

Toute l’année, la température à Paris est en moyenne supérieure de 2 à 3°C  à la température des zones rurales alentours. Cela s’explique par le phénomène d’îlot de chaleur urbain. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Qu’est-ce qu› l’îlot de chaleur urbain ?

L ’îlot de chaleur urbain (ICU) se manifeste par une température en ville plus élevée que dans les zones rurales alentours moins urbanisées ; cette différence de température est surtout visible la nuit. Il se crée ainsi une sorte de « bulle de chaleur » sur la ville.

A Paris, l’îlot de chaleur urbain se caractérise toute l’année par une température moyenne de 2 à 3 degrés supérieure à celle des zones alentours. En période de forte canicule, la différence de température peut atteindre près de 10°C la nuit! C’est ce qui a été observé lors de la canicule de 2003.

Qu’est ce qui favorise son apparition ?

Premièrement, il y a une présence plus importante de surfaces minéralisés en ville (routes, parking) qu’à la campagne. Les surfaces minérales absorbent la chaleur pendant la journée et la rejettent progressivement la nuit, ce qui limite le rafraîchissement de l’air. Les végétaux, en revanchent, dégagent de la fraîcheur pendant la journée en évaporant et transpirant l’eau contenue dans le sol. La nuit, l’absence de chaleur dégagée permet un rafraîchissement plus important.  

Deuxièmement, la couleur des matériaux influe également sur l’îlot de chaleur urbain. Plus un matériau sera de couleur foncée, plus il absorbera la chaleur du soleil. Par exemple, lorsque la température de l’air est de 30°C à 40°C au soleil, la surface de la route en bitume peut atteindre 70°C !  

Troisièmement, la morphologie de la ville (tailles et hauteurs des bâtiments, orientation et exposition au rayonnement solaire et au vent) influence elle aussi l’intensité de l’ICU. Par exemple, un quartier composé de rues étroites pourra être moins chaud en journée, car les bâtiments produiront de l’ombre dans les rues. En revanche, la faible prise au vent empêchera l’air de se rafraîchir la nuit.

Enfin, des facteurs liés aux activités humaines peuvent réchauffer l’atmosphère. Si les climatiseurs refroidissent l’intérieur des bâtiments, l’air chaud est renvoyé dans la rue, ce qui augmente la température de la ville. Mieux vaut donc privilégier des solutions de rafraîchissement naturelles (ouvrir ses fenêtres la nuit, fermer ses volets en journée, utiliser un ventilateur…). Les voitures sont aussi à l’origine de dégagements de chaleur.

Les solutions pour rafraîchir la ville sont nombreuses : végétalisation, présence d’eau plus importante, utilisation de matériaux plus clairs… Elles s’intègrent dans une logique plus large d’adaptation au changement climatique, car les canicules sont amenées à se multiplier dans les prochaines années. En savoir plus sur la stratégie d’adaptation de Paris.

En savoir plus sur l’îlot de chaleur urbain :
Consultez la brochure : L’îlot de chaleur urbain à Paris. Un microclimat au cœur de la ville de Agence Parisienne du Climat/Météo-France
Consultez le Dossier thématique de Construction 21 sur l’Îlot de chaleur coordonné par Morgane Colombert, EIVP.

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