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Quelle mobilité durable pour Paris ?

Qualité de l'airMobilité
ParticulierProfessionnel
Publié le 14 septembre 2018
par Paula Torrente

Quels sont les objectifs et les mesures du nouveau Plan Climat ? Quelles alternatives prévues suite à l’arrêt d’Autolib ? Entretien avec Christophe Najdovski, Adjoint à la Maire de Paris chargé de toutes les questions relatives aux transports, à la voirie, aux déplacements et à l’espace public.

 

APC : Quels sont les objectifs du nouveau Plan Climat de Paris en matière de mobilité ?

Christophe Najdovski : Le Plan Climat est désormais le Plan Climat Air Energie (PCAE). Cette évolution est importante, car elle montre bien que nous devons viser deux objectifs : la baisse des émissions de carbone et la baisse des émissions polluantes. L’amélioration de la qualité de l’air à Paris est un enjeu de santé publique majeur. Notre action s’inscrit donc dans une double démarche, afin d’éviter les mesures contradictoires du passé, à l’image du développement de véhicules diesel.

Le Plan Climat est désormais le Plan Climat Air Energie (PCAE). Cette évolution est importante, car elle montre bien que nous devons viser deux objectifs : la baisse des émissions de carbone et la baisse des émissions polluantes.»

Nous nous donnons l’objectif de respecter les recommandations de l’OMS(1) d’ici 2030 pour la concentration en PM2.5 (particules fines), alors que cette valeur est dépassée sur l’ensemble de la région Ile-de-France. Cet objectif se décline dans un ensemble de mesures concrètes, comme la suppression de la circulation les véhicules diesel en 2024 et thermiques en 2030, grâce à un ensemble de mesures incitatives, financières mais aussi coercitives avec la montée en puissance de la Zone de Faibles Émissions dans Paris, et nous le souhaitons, sur le territoire métropolitain.

Bien évidemment, le PCAE réaffirme aussi la nécessité d’offrir plus d’espace aux piétons et aux cyclistes dans l’espace public, et d’apaiser la circulation automobile, en abaissant à 30 km/h la vitesse maximale hors grands axes d’ici 2020.

Paris travaillera également à de nouveaux modes de mobilité partagée et interconnectée, et continuera de contribuer à développer et moderniser les transports collectifs, pour une mobilité « bas carbone ».

Par ailleurs, la logistique représente une part importante des émissions du secteur des transports. Le nouveau Plan Climat préconise une approche concertée avec la région, la métropole et les départements des questions d’infrastructures logistiques. Il fixe pour le territoire parisien un objectif de 5 plateformes logistiques multimodales équivalentes à celle de Chapelle Internationale, qui évitera l’entrée de 13 700 camions dans Paris chaque année. Un système de réservation des places de livraisons pour les véhicules les plus performants sera mis en place d’ici 2024.

La construction de 5 plateformes logistiques multimodales évitera l’entrée de 13 700 camions dans Paris chaque année.»

Enfin, le développement de nouvelles motorisations telles que l’électricité, l’hydrogène ou le bioGNV (carburant produit à partir de déchets organiques) ne pourra se faire qu’avec la création de stations d’avitaillement et de bornes de recharge. Paris s’engage dans son Plan Climat à créer au moins 10 points d’avitaillement en énergie faiblement carbonée d’ici 2024, à développer son réseau de bornes de recharge en électricité renouvelable sur l’espace public et à aider les copropriétés à s’en équiper.

1OMS : Organisation mondiale de la santé

APC : Quelles alternatives à Autolib ‘ pour les Parisiens et Franciliens ?

C.N : Le lancement du 1er opérateur remplaçant Autolib’, baptisé « Moov’in.Paris », qui associe Renault et le loueur Ada (filiale du groupe Rousselet) est prévue le 27 septembre. Avec 120 véhicules électriques – 100 Renault Zoe et 20 Twizy - déployés dans les 11 et 12 arrondissements, ainsi qu’une dizaine à Clichy (92), il ne s’agit jamais que d’une première étape.

Fin octobre, 200 Zoe supplémentaires seront mises en service. Fin novembre, 200 Zoe de plus feront leur apparition sur l’ensemble du territoire parisien. Cela fait donc 500 véhicules d’ici la fin de l’année. Début 2019, selon l’opérateur, les frontières du périphérique devraient être dépassées. Le groupe PSA devrait également se lancer avec 500 véhicules électriques d’ici la fin de l’année (Peugeot Ion et Citroën Ion). Car2Go prévoit de lancer des Smart électriques rapidement et Drive Now des BMW et des Mini Cooper. D’autres opérateurs pourraient arriver.

APC : Pourquoi une journée sans voitures ? Des objectifs spécifiques pour 2018 ?

C.N : Ce dimanche 16 septembre sera une « Journée sans voiture » à Paris. Pour susciter une prise de conscience élargie et emporter l’adhésion du plus grand nombre, il nous faut aujourd’hui construire un récit positif. Il nous faut faire la démonstration qu’une ville respirable représente un horizon désirable. La Journée sans voiture y concourt avec efficacité. Elle donne à imaginer ce que serait une ville toute entière tournée vers la mobilité durable et vers l’avenir. Elle offre l’opportunité de se réapproprier la ville sur un mode positif, moins stressant, moins pollué, plus convivial. Elle démontre que la mobilité peut se vivre sans CO2, à pied, à vélo, en transports en commun.

Pour la première fois cette année, la 4ème édition de la Journée sans voiture se déroulera durant les Journées européennes du patrimoine. Pour la première fois également, la Journée sans voiture aura un double périmètre : un périmètre principal, correspondant à tout Paris et un périmètre central, correspondant aux quatre premiers arrondissements, au sein duquel la circulation motorisée sera plus restreinte et le dispositif renforcée, avec en particulier une interdiction qui s’appliquera aux VTC. Nous veillons chaque année à mettre en œuvre un dispositif encore plus ambitieux, en lien avec la Préfecture de Police qui cosigne l’arrêté.

La Journée sans voiture offre l’opportunité de se réapproprier la ville sur un mode positif, moins stressant, moins pollué, plus convivial.»

Journée sans voitures à Paris

Journée sans voiture à Paris  ©Marc Verhille/Mairie de Paris 

Peut-on dire que Paris reste encore à la traîne en termes de qualité de l’air par rapport aux autres capitales européennes malgré les  améliorations de ces 10 dernières années ?

C.N : Non, certainement pas ! C’est plutôt le contraire, Paris est une ville très dynamique dans le domaine de la lutte contre la pollution. Certes la qualité de l’air n’est pas encore satisfaisante, loin de là, mais nous avons mis en place un ensemble d’outils efficaces permettant de réduire les émissions polluantes.

Chaque ville européenne a ses particularités. Paris, pour sa part, est la ville la plus dense d’Europe, une densité 4 fois supérieure à celles de Londres. Et l’autoroute la plus chargée d’Europe, le périphérique, entoure Paris, à 5 kilomètres de Notre Dame. Mais nous avons aussi le meilleur réseau de transport en commun d’Europe, c’est un atout. Les émissions de polluants ont diminué de 50% sur notre territoire entre 2002 et 2012, et la circulation motorisée continue de décroitre régulièrement depuis lors.

Parallèlement, nous devons travailler avec la Métropole pour que cette dynamique s’élargisse à l’ensemble de l’agglomération dense et que l’impact sur la qualité de l’air soit plus sensible.

Les émissions de polluants ont diminué de 50% sur notre territoire entre 2002 et 2012.»

 

 

 

 

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