Energies renouvelables à Paris : quels possibles ?

Le développement des énergies renouvelables et de récupération (EnR²) est un pilier important de la transition énergétique. La Ville de Paris promeut leur production sur le territoire et s’est engagée à consommer de l’électricité 100% verte pour son administration. Quelles innovations et solutions pour les Parisiens ? 

Publié le 31 Juillet 2017
par Mathilde VAN-EECKHOUT

Les énergies renouvelables : objectif 25% en 2020

Pour lutter contre le changement climatique, il est nécessaire d’engager une transition énergétique. Les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) polluent l’atmosphère en émettant notamment des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète. L’objectif est de les remplacer par des énergies renouvelables et de récupération (EnR²) et de faire des économies d’énergie. Le développement des énergies renouvelables a aussi l’avantage de rendre le territoire plus autonome face aux crises énergétiques et aux fluctuations des prix de l’énergie.

Paris dispose de réels atouts pour le développement des énergies renouvelables : le Plan Climat de Paris fixe comme objectif l’utilisation de 25% d’énergies renouvelables et de récupération dans la consommation énergétique de Paris.  

Les énergies renouvelables dans la consommation énergétique à Paris

Une électricité 100% verte pour l’approvisionnement de la Mairie

L’ensemble des bâtiments municipaux et de l’éclairage public dans les rues de Paris est alimenté grâce à une électricité à 100% renouvelable. EDF et Direct Energie, les entreprises qui fournissent de l’électricité à la municipalité, livrent ainsi une électricité produite à partir d’énergie hydraulique, solaire et éolienne. Pour garantir cette origine 100% renouvelable, les fournisseurs doivent montrer des certificats homologués attestant qu’ils produisent plus d’électricité à base de renouvelables que les besoins de leurs clients. En effet, l’électricité circulant sous forme d’électrons dans les réseaux, il est impossible de savoir quels électrons ont effectivement été produits à partir de sources renouvelables.

Les Parisiens peuvent aussi opter pour une électricité 100% renouvelable

La plupart des fournisseurs d’électricité proposent aujourd’hui des offres “100% énergies renouvelables” pour les particuliers et les professionnels.

La production d’énergies renouvelables et de récupération à Paris

La géothermie

La plus grande ressource d’EnR² à Paris se trouve dans son sous-sol : c’est la géothermie. La géothermie consiste à faire circuler un fluide dans le sous-sol pour le chauffer, car la température du sous-sol est supérieure à celle de la surface. Une partie de l’énergie du réseau de chaleur urbain parisien provient ainsi de l’énergie géothermique, avec par exemple le forage d’un puits géothermique Porte d’Aubervilliers. Autre exemple, le cinéma Le Louxor (10ème), acquis par la Ville de Paris, a été rénové de manière écologique en 2013 et est désormais chauffé et refroidi grâce à la géothermie.

L’énergie solaire

La Ville de Paris veut accélérer l’implantation de panneaux solaires sur son territoire avec un programme d’installation de 200 000m². Aujourd’hui, plus de 50 000m² de panneaux solaires sont déjà présents. Pour accélérer cette dynamique, Paris a développé un cadastre solaire qui permet de connaître le potentiel solaire de chaque bâtiment à Paris.

L’énergie solaire peut être :

  • thermique : pour produire de la chaleur, pour de l’eau chaude sanitaire par exemple
  • photovoltaïque : pour produire de l’électricité.

Les Parisiens propriétaires qui souhaitent installer des panneaux solaires sur leur immeuble doivent parler de leur projet aux autres copropriétaires, et envisager au préalable une rénovation énergétique. En effet, avant de produire de l’énergie, il vaut mieux réduire sa consommation ! Les conseillers de l’Agence Parisienne du Climat sont chargés d’accompagner les Parisiens sur leurs projets de rénovation énergétique, mais aussi sur les projets d’installation d’EnR.

La récupération de chaleur

Pour soutenir l’innovation en termes de récupération de chaleur, la Ville de Paris a expérimenté avec succès un système de récupération de la chaleur des eaux usées sur plusieurs équipements municipaux. Par exemple, les bassins de la piscine Aspirant Dunand (14ème) sont chauffés grâce à cette technologie. Cela permet à la piscine de réduire de moitié ses besoins en électricité et de 30% ses émissions de gaz à effet de serre.

Les centres de données (data center) produisent de la chaleur, celle-ci peut être récupérée pour chauffer bâtiments et équipements publics. La piscine de la Butte-aux-Cailles accueille par exemple dans son sous-sol des centaines de serveurs qui permettent de chauffer son bassin. Ce système sera mis en place par la Ville de Paris, à terme, pour chauffer des logements sociaux ou le futur quartier Chapelle International (18ème) .

Le PLU modifié pour promouvoir les EnR

Le Plan local d’urbanisme de Paris (PLU) intègre désormais des mécanismes permettant de développer la production d’énergies renouvelables. Par exemple, de tels dispositifs peuvent dépasser de la toiture à condition qu’ils s’intègrent de manière harmonieuse dans le bâti. les constructions nouvelles doivent aussi privilégier le recours aux énergies renouvelables.

Les réseaux de chaleur et de froid à Paris

Le réseau de chaleur urbain

Le raccordement au réseau de chaleur urbaine à Paris, géré par la CPCU, est une autre manière alternative de contribuer à la transition énergétique. Celui-ci fonctionne comme un chauffage urbain à l’échelle de l’agglomération parisienne. La CPCU produit de la chaleur grâce à un mix énergétique composé à plus de 50% d’énergies renouvelables et de récupération (valorisation des déchets, biomasse, géothermie). Cette chaleur est transportée sous forme de vapeur dans des canalisations souterraines. Les entreprises, bailleurs sociaux et copropriétés peuvent demander à être rattachés à ce réseau pour bénéficier d’une efficacité énergétique à un coût stable et maîtrisé.

Réseau CPCU
Raccordement au réseau urbain CPCU

Le réseau de froid urbain

Le réseau de froid géré par Climespace (filiale d’Engie) est l’un des plus développé au monde. Son fonctionnement est comparable au réseau de chaleur : huit centrales refroidissement de l’eau glacée qui est injectée dans un réseau souterrain de 73 km. Le réseau alimente hôtels, grands magasins, restaurants, immeubles d’habitation, principalement situés dans l’Ouest parisien. En hiver, Climespace récupère de l’eau de la Seine pour produire du froid naturel. En effet, les bâtiments tertiaires nécessitent un système de climatisation été comme hiver, notamment pour refroidir leurs serveurs informatiques. Par rapport aux installations individuelles, le réseau de froid Climespace permet de diminuer de moitié la consommation énergétique, les émissions de GES, tout en réduisant de 65% la consommation d’eau.