Transport et écomobilité

Le transport à Paris est la première source d’émissions de gaz à effet de serre, de pollution atmosphérique et de nuisances sonores. Le Plan climat cherche à développer des mobilités respectueuses du climat, de la qualité de l’air et de la santé des parisiens, aussi bien pour le transport de personnes que de marchandises.

Publié le 31 Juillet 2017
par Mathilde VAN-EECKHOUT

Le transport, première source d’émissions de gaz à effet de serre à Paris

Le secteur du transport totalise plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre à Paris (54% en 2014), et constitue le premier poste dans le Bilan Carbone®. Parmi les émissions du transport, l’on distingue celles issues du transport de personnes et celles du transport de marchandises. Mais les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, ne sont pas les seuls enjeux dans le secteur du transport. Le bruit et les émissions de polluants atmosphériques entraînent des conséquences néfastes pour la santé des Parisiens. C’est la raison pour  laquelle la Ville de Paris travaille depuis le début des années 2000 à développer les solutions alternatives à la voiture à essence ou diesel en ville et le nouveau Plan Climat Air Energie intègrera un volet « air » sur les enjeux généraux des polluants atmosphériques.

Le Plan Climat Energie de Paris fixe ainsi comme objectif la réduction de 60% des émissions de gaz à effet de serre liées à la circulation intra-muros entre 2001 et 2020.

La réduction du trafic automobile

Depuis 2001, la circulation  automobile a déjà été réduite de 30% et les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 39 % dans Paris intra-muros. Pour atteindre l’objectif des - 60% d’ici 2020, le Plan Climat prévoit de nombreuses mesures :

  • La vitesse maximale a été réduite sur le boulevard périphérique en 2015, passant de 80km/h à 70km/h. Les “zones 30” où la vitesse est limitée à 30km/h sont multipliées pour limiter les émissions de polluants et favoriser la cohabitation de tous les usagers de la voirie ;
  • La piétonisation des 3,3km de boulevard urbain que constituaient les berges de la rive droite de la Seine participent de cet effort de limitation du trafic automobile. En savoir plus sur la piétonnisation des berges rive droite
  • Le développement de l’autopartage : les voitures individuelles sont inutilisées 95% du temps. Les services d’autopartage comme Autolib’, Communauto, Zipcar et Ubeeqo permettent de pallier cette inefficience en mettant à disposition une flotte de véhicules à des utilisateurs qui financeront uniquement à hauteur de leur usage. La Mairie de Paris a mis à disposition 226 places de stationnement labellisées « SVP » (Service de véhicules partagés) pour des opérateurs d’autopartage.

Le développement de l’offre de transports en commun

Pour offrir des solutions aux habitants de Paris ou de la Métropole encouragés à délaisser leur voiture, le Plan Climat prévoit des mesures d’amélioration de l’offre de transports en commun en partenariat avec le Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF), autorité organisatrice des transports d’Île-de-France. Par exemple, la Ville de Paris prévoit l’extension de la ligne de tramway T3 entre Porte de la Chapelle et Porte d’Asnières pour 2018.

La création d’une ligne à haut niveau de service électrique est également à l’étude le long de la Seine et entre les gares.

Une étude de l’Institute for Transportation and Development Policy (ITDP) démontre que Paris est la grande ville du monde la mieux desservie en transports en communs, car 100% des Parisiens se situent à moins d’un km d’un arrêt de bus, de tramway ou de métro.

Face à l’afflux de voyageurs qui privilégient le transport en commun, la Région Île de France, l’Etat, le STIF et les départements franciliens ont établi un plan de modernisation des lignes existantes de plus de 12 milliards d’euros. Ces lignes existantes seront désaturées par la création des quatre nouvelles lignes de métro du Grand Paris Express, qui permettront d’effectuer rapidement des trajets banlieue-banlieue sans passer par le centre de Paris. Toutes les lignes seront livrées entre 2022 et 2030.

Une politique pour le vélo

Le vélo multiplie les bénéfices pour l’environnement, mais aussi la santé et le portefeuille des Parisiens. Pour faire de Paris une capitale cyclable et atteindre les objectifs du Plan Climat, le Conseil de Paris a adopté à l’unanimité le Plan vélo 2015-2020, visant à tripler les déplacements en vélo des Parisiens en 2020. Pour cela, la Mairie prévoit 150 millions d’euros d’investissement pour :

  • Développer son offre en pistes et voies cyclables ; d’ici 2020, la création de 700 nouveaux km de voies cyclables à Paris viendront compléter les 738 km existants en 2016.
  • Mettre en place un Réseau Express Vélo (REV) en liaison avec la Métropole pour traverser de manière rapide et sécurisée la capitale d’Est en Ouest,
  • Créer davantage d’infrastructures de stationnement accessibles et sécurisées,
  • Créer des “vélo-écoles” et des ateliers de réparation.

Les entreprises sont également incitées à développer des garages à vélos pour leurs employés.

Lancé en 2007, le désormais célèbre Vélib’ a déjà convaincu 286 000 abonnés. Les réflexions sont en cours pour étendre le service à l’échelle métropolitaine.

Le Vélb' le service des vélos de la Ville de Paris

Le développement des mobilités électriques pour les objectifs du Plan climat

Les vélos, les trottinettes, les cyclomoteurs et les voitures électriques sont silencieux et n’émettent pas de polluants quand ils circulent. C’est la raison pour laquelle les Parisiens sont incités à privilégier l’électrique au thermique pour se déplacer. Pour cela, la Ville de Paris subventionne jusqu’à 400€ l’acquisition d’un deux-roues électrique par les particuliers.

Pour les professionnels parisiens et de la petite couronne travaillant à Paris, la subvention à l’achat d’un quatre-roues électrique peut atteindre 15% du prix HT. Avec la carte véhicule basse émission, le stationnement est gratuit pour les véhicules électriques, hybrides rechargeables ou roulant au gaz naturel, sous certaines conditions.
Vélo et véhicule électrique : les solutions pour stationner et recharger dans votre immeuble

La Ville propose également Autolib’, le service de location de véhicules électriques “en trace directe”, c’est à dire sans retour obligé au point de départ, séduit toujours plus d’habitants de la Métropole depuis son lancement en 2011. A l’occasion du troisième anniversaire du service, Utilib’, la version utilitaire du service, a été lancé.

Pour recharger son véhicule électrique, la Mairie de Paris a développé Belib’, premier réseau public de bornes de recharge pour véhicules électriques. Autolib’ met aussi à disposition ses bornes pour les Parisiens qui disposent de leur propre véhicule électrique. Il faut pour cela s’inscrire au service « Recharge Auto » d’Autolib’.

Autolib' le service de transport électrique pour particuliers parisiens

Pour une logistique urbaine durable

Environ 20% des véhicules en circulation à Paris sont dédiés au transport de marchandises. Ces véhicules sont sources de difficultés de circulation, de bruit et de pollution. De plus, le dernier kilomètre de livraison est généralement le plus coûteux pour les entreprises, il totalise 20% du coût total de la chaîne.

Pour répondre à l’enjeu environnemental, sanitaire et économique que représente ce “dernier kilomètre”, la Ville de Paris cherche à développer des Espaces Logistiques Urbains (ELU) en plein Paris. Les ELU sont des plateformes réceptionnant les marchandises et colis avant de les répartir vers leur destination finale avec des véhicules de taille plus restreinte. 15 ELU ont d’ores et déjà vu le jour comme celui sous la place de la Concorde, géré par l’entreprise Chronopost. Celle-ci s’est engagée à partir de 2017 à n’utiliser que des véhicules électriques ou roulant au gaz naturel au départ de l’ELU Paris Concorde. La mise en place de cet ELU a permis à Chronopost de réduire de 74% ses émissions de gaz à effet de serre sur cette zone de livraison.

Un « hôtel » logistique novateur est en construction dans le quartier de La Chapelle. Véritable interface rail/route de plus de 40 000m² à Paris, le projet Chapelle International a été livré en Juin 2017.

Des terrains sont mis à disposition dans le cadre d’un appel à projet pour développer des solutions innovantes et abordables pour les opérateurs de logistique urbaine.

La Ville encourage également le transport de marchandises par voies ferrées et fluviales, qui est en plein essor : près d’1 million de tonnes de marchandises ont été transportées en 2010 par les canaux de l’Ourcq, et de Saint-Denis, soit 30 % de plus par rapport à l’année précédente.

Le transport de marchandises par voie fluvial

Les magasins Monoprix de Paris sont par exemple approvisionnés jusqu’au centre de Paris par voie ferroviaire. Les marchandises sont déchargées des trains à Bercy, dans la Halle Gabriel Lamé, pour être acheminées dans les différents magasins de Paris et de proche banlieue en camion roulant au gaz naturel.