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COP24

COP-24, quels enjeux ?

ClimatCOP21/COP22
ParticulierProfessionnel
Publié le 10 décembre 2018
par Emmanuelle Boissier

La COP-24 (24e Conférence des Parties à la Convention Climat) se tient du 2 au 14 décembre 2018 dans la ville polonaise de Katowice. Cette COP est un moment fort des négociations pour le climat. Deux éléments principaux doivent être obtenus : les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris doivent être adoptées, et un premier bilan de l’action collective des pays doit être dressé. En quoi ce moment est-il décisif pour l’action climatique mondiale ?

Le rulebook, ou les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris

L’Accord de Paris avait été adopté en décembre 2015, avec comme objectif de limiter l’augmentation des températures bien en-deçà de 2°C par rapport aux moyennes préindustrielles. Depuis cette date, les pays signataires se rencontrent régulièrement pour s’accorder sur les règles de mise en œuvre de cet accord. En jargon des négociations, on appelle ces règles  « le rulebook ». Jusqu’ici, le processus de négociation a abouti à un texte de 230 pages, qui inclut de nombreuses options entre lesquelles il faudra trancher durant les deux semaines à venir. Parmi les questions que le rulebook devra éclaircir, figurent les informations que les pays devront communiquer sur leur programme en matière d’action climatique, le suivi de leurs engagements de réduction d’émissions, mais aussi leur contribution à l’effort de solidarité internationale.

Renforcer le niveau d’ambition actuel des Etats

L’autre enjeu de cette COP est de rehausser le niveau d’ambition des engagements déjà pris par les Etats. Alors que l’Accord de Paris prévoit de maintenir la hausse des températures à 2°C, la somme des engagements de réduction actuels des Etats signataires équivaut à une hausse supérieure à 3°C d’ici 2100. Il est prévu dans l’Accord que les pays revoient régulièrement leurs engagements à la hausse, et cette COP est un point d’étape important avant la prochaine réévaluation prévue en 2020. La contribution des acteurs territoriaux et des entreprises a notamment joué un rôle important dans ce processus engagé depuis la COP-23 (appelé le dialogue de Talonoa, du nom d’une forme de dialogue interactif d’origine Fidjienne).

Finance et transition juste

Plusieurs questions seront étudiées avec une attention particulière lors de cette COP. Les pays développés se sont engagés à Copenhague à fournir 100 milliards de dollars pour le climat par an à partir de 2020. Les pays en développement suivent ces flux de très près. La Pologne, pays largement dépendant du charbon, a prévu de faire adopter une déclaration politique sur la transition juste. L’objectif est que les questions sociales générées par la transition énergétique soient mieux prises en compte notamment lors de la reconversion d’importants secteurs économiques. La Pologne a décidé en amont de la COP-24 d’interdire la vente d’un des charbons les plus polluants (sans toutefois interdire les autres).

Un contexte politique délicat

Le contexte politique de cette COP est très différent de celui qui avait engendré l’adoption de l’Accord de Paris. La présidence polonaise de la COP n’a pas le même niveau d’ambition que la présidence française de 2015, puisqu’elle plaide au sein de la commission contre un relèvement de l’ambition européenne. Avec le retrait américain de l’Accord et l’élection de Bolsonaro au Brésil, ouvertement opposé à l’action climatique (et qui a récemment renoncé à accueillir la COP-25), la conjoncture politique n’est pas complètement alignée avec l’idée d’un relèvement de l’ambition. Cependant, les collectivités locales, les entreprises et les mouvements citoyens continuent leur mobilisation pour l’action climatique et incarnent le message que les acteurs de terrains ne lâchent rien et que les solutions sont prêtes pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris.

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