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Famille Flichy

Défi Déclics, portrait #1 : rencontrez la famille Flichy !

ConsommationEconomies d'énergie
Particulier
Publié le 19 février 2021
par Agence Parisienne du Climat

Premier épisode de notre série de portraits de participant·es du défi Déclics : rencontrez la famille Flichy, du 20e arrondissement : Elisabeth, Grégoire, et leurs enfants Félicie et Nicodème.

Le 23 novembre dernier, près de 200 foyers parisiens se sont lancés dans l’aventure du défi Déclics, piloté sur Paris par l’Agence Parisienne du Climat, avec pour objectif de réduire leurs consommations d’eau et d’énergie et leur production de déchet de 10 %. Retrouvez chaque mois le portrait d’un de ces foyers. On commence avec la famille Flichy, résidente du 20e arrondissement.

Elisabeth et son mari Grégoire, originaires respectivement d’Angers et de Normandie, ont rejoint Paris à la fin de leurs études et se sont installés dans le 20e arrondissement il y a 20 ans. Ils occupent aujourd’hui un appartement au douzième étage d’un immeuble de logements sociaux, à deux pas du parc de Belleville, récemment rénové. « On voit vraiment la différence [depuis ces travaux], témoigne Elisabeth, en hiver et en été ».

La famille Flichy

De gauche à droite : Grégoire, Elisabeth, Nicodème et Félicie - © Famille Flichy

Un défi pour travailler sur l’énergie, l’eau et le déchet

C’est Elisabeth, employée de Day by Day (réseau d’épiceries spécialisées dans l’achat en vrac), qui a embarqué la famille dans l’aventure Déclics, son mari mais aussi leurs deux enfants : Félicie, 17 ans, et Nicodème, 13 ans.

J’avais déjà entendu parler du défi Familles à Energie Positive, je m’étais dit que c’était chouette, relate-t-elle. Puis on avait un client qui avait fait le défi Zéro Déchet et qui me racontait son aventure.

C’est une de ses amies qui a monté l’équipe pour participer au défi. Les autres membres, issues du 11e arrondissement, font partie d’un groupe de travail Laudato si› (du nom de la seconde Encyclique du Pape François, centrée sur « la sauvegarde de la maison commune »). Elisabeth a tout de suite voulu rejoindre l’aventure :

J’avais vraiment envie de travailler sur l’énergie, l’eau et le déchet. Ce qui me plaisait, précise-t-elle, c’était de partager avec d’autres, de s’enrichir, de trouver des astuces, et j’avais aussi envie de témoigner de ma démarche. Et surtout je voulais pouvoir mesurer le changement ! 

L’équipe, composée d’une dizaine de personnes, s’est réduite suite au reconfinement et finalement quatre foyers sont restés – deux familles, une célibataire et une retraitée – menés par quatre femmes.

Le défi, un moyen pour aller plus loin dans ses engagements

La participation au défi s’inscrit aussi dans une sensibilisation croissante depuis une petite dizaine d’année et la rencontre d’une amie très engagée.

J’étais déjà sensible à la question de la sobriété. C’est un peu mon éducation un peu vieillo, j’ai des parents qui ont vécu la guerre et qui avaient cette mentalité-là, raconte-t-elle. Mais cela restait quelque chose de très individuel. J’ai commencé à m’engager juste avant la COP 21 et Laudato Si’. Depuis, j’ai notamment participé aux marches pour le Climat.

Elisabeth a été l’élément moteur du foyer, mais l’ensemble de la famille, qui avait déjà commencé une démarche zéro déchet, renoncé à l’avion et s’approvisionnait en paniers bios, a suivi sans hésiter.

« Je n’ai pas le souvenir qu’on y ait beaucoup réfléchi », se remémore Nicodème, à qui les enjeux environnementaux « ont toujours parlé ». « J’étais partant, ajoute Grégoire. Je suis ingénieur de formation, cela m’intéresse de comprendre nos consommations et de voir comment elles évoluent. Il y a un petit côté ludique et intéressant en plus pour moi ».

L’importance de pouvoir mesurer ses consommations

« On était très stressés par rapport à l’objectif de 10 % parce qu’on en faisait déjà beaucoup », confesse Elisabeth. La famille s’était ainsi déjà mise au vrac et au compost. Pourtant, l’expérience s’avère enrichissante.

« J’ai appris plein de choses sur l’eau, l’électricité et les déchets », indique-t-elle, évoquant par exemple l’atelier écogestes et les quizz interactifs organisés dans le cadre du défi.

Maintenant que je peux mesurer, ce n’est plus du tout pareil. On dit que composter c’est réduire de 30 % ses déchets. Maintenant je sais que pour moi le compost représente la moitié des mes déchets.

La famille a reçu dans son kit de démarrage, en plus d’une gourde, de sacs à vrac et de guides, un peson qui lui permet de peser ses poubelles. Comme les autres participant·es, elle relève également ses compteurs d’eau, de gaz et d’électricité et reporte toutes ces données sur une plateforme en ligne conçue par le CLER, qui lui permet de suivre son évolution.

La famille utilise son sac à vrac offert par l’Agence Parisienne du Climat dans le kit de démarrage - © Famille Flichy

Elisabeth composte ses déchets organiques

Elisabeth composte ses déchets organiques, permettant de réduire de moitié le volume de ses poubelles ! © Famille Flichy

En scrutant ses consommations d’eau, la famille a déjà réussi à passer de 68 à 40 litres par personne, soit un tiers de la consommation moyenne d’un·e Parisien·ne. Ils ont installé un pommeau de douche qui change de couleur tous les 10 litres consommés, qui se montre très efficace pour réduire la durée des douches, et dont les premiers litres qui s’écoulent pendant que l’eau chauffe sont récupérés dans un seau pour alimenter la chasse d’eau.

Nicodème récupère les premiers litres de l’eau de la douche pendant qu’elle chauffe - © Famille Flichy

Grégoire s’est pris au jeu des mesures, depuis qu’ils ont reçu le wattmètre, prêté à chaque équipe. « On est en train de regarder toutes nos consommations électriques, explique Elisabeth, ça nous permet de prendre conscience de ce qu’on consomme ».

Il a par exemple pu estimer la consommation d’une journée de télétravail (400 Wh), et s’est rendu compte que la bouilloire consommait 300 Wh pour chauffer un litre d’eau, cinq fois plus que la cafetière électrique !

Pour économiser les wattheures, la famille coupe aussi la multiprise de la télévision et la box internet la nuit, baisse la température des pièces inoccupées et essaye de réutiliser le four lorsqu’il est chaud. Ils ont ainsi presque atteint l’objectif des 10 % de réduction.

Une motivation qui s’est renforcée depuis le défi 

Plus d’un mois après le début de la période de réduction, l’enthousiasme pour le défi n’a pas faibli dans le foyer. « La motivation de Grégoire et Nicodème s’est renforcée » remarque même Elisabeth, qui note qu’après avoir été un peu seule au début, tout le monde met désormais la main à la pâte. « On ne voit pas forcément les courbes descendre beaucoup parce qu’on avait déjà mis en place des choses avant, indique-t-elle. Il faut chercher plus loin pour les faire baisser ». Pourtant, au vu des résultats chiffrés, l’objectif de 10 % de réduction ne devrait pas poser de problème.

Même si la démarche n’est pas toujours facile à assumer

D’après Elisabeth, c’est plutôt sa fille Félicie, malheureusement indisponible lors de l’entretien, qui rencontre des difficultés. Si elle soutient la démarche au sein du foyer, elle n’ose par exemple pas faire venir ses ami·es à la maison en raison du décalage au niveau des habitudes alimentaires notamment. « Ce n’est pas toujours simple d’assumer nos choix de consommation à l’extérieur », explique Elisabeth, qui pour sa part trouve dans le défi l’opportunité « d’en parler, d’en conscientiser autour de nous ».

Des rendez-vous en équipe pour partager ses expériences 

Au niveau de l’équipe, les quatre amies se retrouvent toutes les trois semaines sur Zoom. « A chaque fois c’est une de nous qui prépare la réunion, décrit Elisabeth. On commence par réfléchir autour d’un texte, on échange sur ce que ce texte nous évoque. Ensuite on rentre dans le vif du sujet avec Anne (la référente) qui nous aide quand on a des problèmes techniques ou autres. Une fois on a refait le quiz pour celles qui n’avaient pas pu venir ». Une manière de s’accommoder des restrictions sanitaires. Grégoire note même un avantage du tout-à-distance : « je peux m’incruster aux réunions plus facilement ! ».

Pour Elisabeth, ce défi s’ancre dans une perspective plus large : « Au-delà des éco-gestes, ce qui me semble essentiel c’est de changer profondément notre rapport à la société et à la terre. Cela passe par une réflexion sur nos surconsommations en tout genre. La sobriété alimentaire, énergétique, vestimentaire, numérique, etc… est source de joie et de plénitude ! »

Depuis l’événement de lancement en novembre dernier, les comportements ont donc déjà évolué chez les Flichy. Il leur reste jusqu’au 2 mai pour réduire leurs consommations et leur production de déchets. D’ici là, l’Agence Parisienne du Climat et ses partenaires (Zero Waste Paris, Surfrider, la CNAM, PikPik Environnement et CliMates) continueront de proposer des évènements en ligne et d’apporter des conseils pour accompagner la démarche de sobriété des participant·es et satisfaire leur curiosité pour les questions environnementales, en espérant qu’ils puissent inspirer leur entourage.

 

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