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Jour 3 : milliards débloqués, joie des retrouvailles, moteur oublié et Convention Citoyenne Mondiale

COP26Climat
ParticulierProfessionnel
Publié le 06 novembre 2021
par Pugnat Marin

Mercredi 3 novembre 2021 - À l’occasion de la COP26, retrouvez quotidiennement les témoignages de nos organisations partenaires présentes à Glasgow. Au programme ce jour, constatez les derniers engagements pris, ressentez les premières impressions d’une négociatrice, rencontrez le moteur Stirling et découvrez le projet de Convention Citoyenne Mondiale.

Le fait marquant du jour : de nouveaux financements pour le climat

Nous vous en parlions hier : ce mercredi est consacré à la « finance climat », qui a justement été l’objet de plusieurs engagements. Mardi, le premier ministre japonais fraîchement élu Fumio Kishida a présenté une nouvelle aide pouvant atteindre 10 milliards de dollars sur cinq ans pour aider les pays asiatiques à se décarboner. Elle pourrait contribuer à atteindre le fameux objectif mondial de 100 milliards de dollars par an en 2022. Des banques publiques et associations philanthropiques ont lancé la Global Energy Alliance for People and Planet, dotée d’une enveloppe initiale de 10 milliards de dollars pour financer des projets d’énergies renouvelables dans les pays émergents. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Union Européenne ont de leur côté conclu un partenariat, à hauteur initiale de 8,5 milliards de dollars, pour financer la transition énergétique de l’Afrique du Sud, un pays aujourd’hui dépendant du charbon et dont le fournisseur d’électricité publique est criblé de dettes.

Par ailleurs, 105 pays se sont engagés à réduire de 30 % les émissions de méthane d’ici à 2030. Une initiative importante – ce gaz est responsable d’un demi-degré du réchauffement déjà acté – mais encore insuffisante puisque manquent à l’appel la Chine, l’Inde ou encore la Russie, et l’UNEP préconisait une réduction de 45 % d’ici 2030 pour s’inscrire dans la trajectoire 1,5 °C.

Témoignages

Premières impressions d’une négociatrice, par Céline Phillips (ADEME)

«Après tous ces mois de préparation, me voici enfin à Glasgow.

Les Glaswégien·nes sont si accueillant·es, si chaleureux·euses ! Et j’ai de la chance, il n’a pas plu depuis que je suis arrivée. Enfin je crois : mes journées étant passées dans la gigantesque enceinte construite pour la COP26, je n’ai aucune idée du temps qu’il fait dehors entre 8 et 20 heures…

L’ambiance dans l’univers de la COP26, est extraordinaire. Chef·fes d’État, Ministres, négociateur·rices, représentant·es de la société civile, personnel : tout le monde est visiblement investi d’une mission et heureux·se d’être là. Il y a une très belle énergie.

Les négociations ont démarré lundi matin dans la joie des retrouvailles, après des mois de travail en distanciel. Les négociateur·rices peuvent enfin échanger de manière informelle avant de se mettre au travail.

J’enchaîne les réunions et les comptes rendus aux délégations française et européenne. Je croise des personnes des cinq continents… et des îles menacées de disparition. Des jeunes, des moins jeunes, la presse du monde entier : il y a beaucoup de monde. A tel point que lundi après-midi, pendant l’ouverture avec les chef·fes d’État, la zone dédiée aux négociations avait atteint la limite de sa capacité. L’organisation de la COP a dû demander aux personnes dont la présence n’était pas essentielle de participer en distanciel. Les mesures sanitaires sont la priorité !

Les chef·fes d’État sont reparti·es, mais les négociateur·rices resteront jusqu’au 14 novembre pour préparer des décisions ambitieuses, solidaires et transparentes, les trois valeurs de l’accord de Paris.

 

 

 

 

 

 

La renaissance d’un moteur oublié, par Cédric Carles et Aurélion Dominé d’Atelier 21

«Je suis arrivé en train samedi à Edinburgh, logé sur place par mon cousin d’Ecosse que je n’ai pas vu depuis bien trop longtemps. J’ai pu visiter le National Museum of Scottland à Edinbourgh, qui héberge deux des rares exemplaires originaux du moteur Stirling, inventé par l’ingénieux révérend Robert Stirling en 1813 pour réduire les nombreux accidents sur des machines à vapeur. Disparu du paysage industriel, ce moteur à combustion externe, capable de fonctionner avec n’importe quelle source de chaleur, est réapparu dans les années 70. L’entreprise américaine Cool Energy a remis au point un nouveau moteur, labellisé par la fondation Solar Impulse dans sa quête de 1000+ Solutions. Un moment d’émotion dans cette enquête sur les terres d’un grand inventeur.

Hier, avec Aurélien, nous avons fini de monter notre exposition paléo-énergétique à la SaltSpace Gallery, un lieu d’exposition et un Makerspace dans le centre de Glasgow. Nous avons ouvert à 10h et reçu la visite d’habitant·es, étudiant·es et participant·es à la COP, ainsi que de membres de la fondation Schneider Electric qui nous permettent de diffuser nos actions lors de cette COP, merci à eux !

Nous nous sommes ensuite rendus au Scottish Exhibition Center, lieu névralgique de cette COP26, et sa Blue Zone. Direction le stand de l’ONU pour notre projet ECOLAB21 de « container-école » rassemblant nos projets pédagogiques collaboratifs sur les énergies renouvelables. Cette école mobile s’installe en Guinée sur demande de l’International Trade Center de l’ONU à Genève. À cette occasion, nous avons pu revoir Illac Diaz de l’ONG d’accès à l’énergie  “Lighter of light” avec qui nous avions échangé lors de la COP21, et que nous fera l’honneur d’une visite à Paris.

La fin de cette journée intense s’est terminée avec une conférence au pavillon France sur le Sport et le Climat avec des membres du comité des JO2024 avec qui nous avons pour ambition de travailler.

Focus : la Convention Citoyenne Mondiale, par Pascale Osma (CPLC)

A CPLC (Citoyens pour le Climat), nous avons pour mission de sensibiliser aux enjeux climatiques sur la base de données scientifiques rendues accessibles au grand public, en développant des projets comme le Kiosque des sciences. Celui que je porterai à Glasgow, pour lequel nous avons joint nos forces à celles de EARTHFORCE FS, vise à créer la Convention Citoyenne Mondiale (Citizen Council of United People CCUP).

Alors que jusqu’ici nous comptions sur l’action multilatérale des États, l’expérience a montré l’importance d’associer les peuples au débat afin de mobiliser l’intelligence collective. Et nous croyons également que la population serait plus encline à appliquer le droit si elle participait à son élaboration, favorisant la transformation sociétale nécessaire.

Il s’agira au préalable d’obtenir une déclaration d’urgence climatique planétaire prononcée par les Nations Unies, qui marquera son implication pour déployer des conventions dans chaque État afin de former une convention citoyenne mondiale. Celle-ci se rapprocherait du modèle de la Convention Citoyenne pour le Climat française, mais son champ serait bien plus vaste puisqu’il concernerait le monde de demain et la place du bien privé et du bien public.

Cela sera l’occasion d’appréhender la notion de communs planétaires essentiels à la vie et à l’humain : l’eau, la santé, l’alimentation, la sécurité physique, l’habitabilité… Il s’agira pour chaque convention nationale d’être porteuse de ces définitions,  et de favoriser un débat démocratique sur cette question centrale qu’est le commun dans les limites physiques planétaires, en intégrant les 17 objectifs de développement durable des Nations-Unies.

La notion de communs permet d’aborder la question des droits humains, qui sont au cœur de l’enjeu climatique comme en témoigne Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté dans le monde et les Droits de l’Homme. On peut d’ailleurs évoquer la reconnaissance du droit à un environnement sain voté par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies le 8 octobre dernier, qui s’inscrit dans cette démarche.

 

 

 

 

 

 

 

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