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Pandobac, le zéro déchet dans la distribution alimentaire

Pandobac, le zéro déchet dans la distribution alimentaire

TertiaireConsommation
ParticulierProfessionnel
Publié le 06 novembre 2019
par Agence Parisienne du Climat

Aujourd’hui, les denrées alimentaires sont principalement conditionnées dans des emballages jetables : cartons, caisses en polystyrène, cagettes en bois ou en plastique. En Île-de-France, cela représente près de 300 000 emballages jetés quotidiennement ! Comment repenser alors ce système pour réduire les déchets ? Rencontre avec Shu Zhang, cofondatrice de Pandobac, un service clé en main de bacs réutilisables et géolocalisés.

Le service Pandobac est-il issu d’une prise de conscience personnelle ?

J’ai un parcours qu’on peut qualifier d’atypique. Après des études d’ingénieur, j’ai voulu associer deux passions : la cuisine et l’entrepreneuriat. J’ai passé mon CAP cuisine et ouvert mon restaurant en 2014. C’est en y travaillant que j’ai pris conscience de la quantité absurde de déchets qui étaient générée par les livraisons de nos produits par les fournisseurs. Tous les jours, nous recevions entre 10 à 30 caisses de produits frais (viande, poisson, fruits et légumes) et tout était conditionné dans des emballages que nous jetions immédiatement dans les poubelles vertes, et qui étaient finalement incinérés pour la grande majorité.

Cela m’a paru être un gâchis monstrueux et j’ai voulu agir pour supprimer cette trop grande quantité de déchets.

Le service que vous avez imaginé s’intègre sur l’ensemble de la chaîne, du producteur jusqu’au commerçant, de quelle façon ?

La chaîne d’approvisionnement des produits alimentaires se compose de plusieurs intermédiaires avant d’arriver chez le commerçant. Prenons l’exemple des produits de la mer : le pêcheur va pêcher le poisson puis le vend ensuite à des criées qui vont s’occuper de les conditionner dans des caisses polystyrène. Ces poissons vont être envoyés à des grossistes qui va très souvent retravailler le produit, en filet ou en plus petit colisage. Il va ainsi reconditionner le poisson dans une nouvelle caisse polystyrène, qui va ensuite arriver au commerçant.

Notre objectif est de remplacer tout emballage jetable à la source, pour éviter de produire un déchet : notre service peut être adopté directement par la criée ou par le grossiste.

Ainsi, depuis la mer, le poisson va être transporté jusqu’à sa destination finale dans nos bacs, et plus dans des caisses polystyrène différentes, jetées en fin de chaîne.

Notre service est complet. Nous fournissons des bacs réutilisables éco-conçus, en plastique recyclable et qui respectent les normes européennes alimentaires. Ils sont également emboîtables et empilables, afin de prendre le moins de place possible lorsqu’ils sont vides. Une fois utilisés, nous les lavons pour nos clients au sein de notre centre de lavage, situé de façon stratégique au cœur des flux de marchandises. Les besoins en eau sont réduits et les produits de lavage utilisés sont écologiques, respectant les normes sanitaires. Nos clients peuvent ensuite suivre leurs bacs grâce à notre application développée spécifiquement, et obtenir également des données de flux de marchandises.

Par quelles étapes êtes-vous passées pour offrir des services fonctionnels à vos clients ?

Nous avons débuté l’expérience en situation réelle en juillet 2018, avec un premier test chez un grossiste de Rungis. C’était un test très simple qui nous a permis de valider le concept de bacs réutilisables. Nous avons également compris de manière plus précise le fonctionnement de ce milieu, en échangeant avec différents acteurs de la chaîne. Après avoir obtenu des financements sous forme de prêt d’honneur et d’emprunt bancaire, notre premier centre de lavage a été inauguré au sein même du marché de Rungis, en juillet 2019. Entre temps, nous avons testé le fonctionnement de notre application et obtenir les retours des différents maillons de la distribution. L’aventure Pandobac était lancée !

La chaîne de lavage Pandobac

Actuellement, vous vous déployez en Île-de-France : quels sont les prochains défis de Pandobac ?

Le prochain défi est de lever des fonds pour la fin de l’année. L’objectif est d’accélérer notre développement en nous implantant dans d’autres régions et de pouvoir rapidement ainsi répondre à la demande des différents prospects hors d’Île-de-France. La demande est là, nos produits et services sont opérationnels et la tendance réglementaire est aussi en faveur de la réduction des déchets.

 

Pandobac a été finaliste de plusieurs appels à projets :

  • Cap sur l’économie circulaire, de la Ville de Paris ;
  • Appel à projet Éco-Conception, de l’ADEME ;
  • PIA (Programme d’Investissement d’Avenir) Fab, de la BPI.

La start-up fut également lauréate du concours La Fabrique Aviva et des Trophées de l’Entrepreneur·e Responsable, organisé par le groupe IGS.

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