Réduire et valoriser ses déchets

Un·e Parisien·ne produit en moyenne 500 kg de déchets par an, soit plus d’1 kg par jour, c’est le double d’il y a 50 ans ! Pour limiter notre impact sur l’environnement, il est essentiel de modifier nos comportements.

Publié le 11 octobre 2019
par Agence Parisienne du Climat

L’augmentation des déchets implique des conséquences environnementales néfastes considérables (gaspillage de matières premières épuisables, consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre) et un coût financier de plus en plus lourd pour les collectivités et les citoyens (collecte, transport et traitement). Or, près de 70 % du contenu de nos poubelles pourrait être évité (réemploi, réparation, don) ou valorisé (recyclage et méthanisation). La prévention des déchets est la mesure prioritaire des politiques de gestion de déchets, les actions portent à la fois sur les modes de production (éco-conception, distribution, vente) et de consommation (achat, maîtrise d’usage, réemploi, réparation, réutilisation).

Prévenir la production de déchets, c’est s’appliquer dans la vie de tous les jours à réduire, réemployer et réutiliser dès que possible. C’est considérer que « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ».

Éviter la production de déchets avant tout

1. Questionner ses besoins

Bien évaluer ses besoins et s’y tenir réduit les chances de jeter et de gaspiller. Avant chaque acquisition, il est important de questionner l’achat. La méthode « BISOU » permet de se poser les bonnes questions :

  • Besoin : ai-je vraiment besoin de cet objet ? M’est-il indispensable ?
  • Immédiat : en ai-je besoin tout de suite ? Puis-je repousser l’achat ? L’achat compulsif est dicté par le besoin d’immédiateté.
  • Semblable : ai-je un objet similaire ?
  • Origine : quelle est l’origine de cet objet ? Où a-t-il été produit et dans quelles conditions ?
  • Utile : cet objet me sera-t-il vraiment utile ?

2. Acheter en vrac

La vente de produits à la coupe ou en vrac est de plus en plus courante dans les rayons des grandes surfaces, dans les marchés, magasins bio, chez les commerçants et dans les boutiques spécialisées. Diminuer les emballages, c’est éviter l’extraction de matières premières nécessaires à leur fabrication (papier, hydrocarbures, métaux…), c’est réduire l’énergie et l’eau utilisées à leur production et à leur stockage (lumière, climatisation, chauffage, ventilation…), c’est limiter les émissions de gaz à effet de serre induites par les transports (vers les différents points de production, pour les collectes), le traitement des déchets (gestion, recyclage, dépollution) et c’est surtout limiter les effets néfastes de l’incinération et de l’enfouissement (pollution).

Par ailleurs, le prix final du produit inclut les coûts d’emballage : en les supprimant ou en les réduisant, vous pouvez faire des économies tout en contribuant à la préservation de l’environnement.

Où m’approvisionner en vrac ?

3. Le compostage pour réduire mes biodéchets

À Paris, les déchets organiques représentent 22 % des ordures ménagères du bac à couvercle vert. Composter ses biodéchets permet de réduire cette part. Le compost obtenu pourra être utilisé comme engrais naturel pour les plantes. Il existe des solutions de compostage collectif (composteur de quartier en pied d’immeuble), individuel (lombricomposteur) ou de collecte sélective si vous habitez dans le 2e ou 12e arrondissement.

Composter en collectif

Le compostage collectif est un geste écologique qui permet la création de lien social dans les copropriétés. Il permet de réduire la production de déchets de cuisine et génère une réflexion sur les modes de consommation.  En fonction de l’espace disponible, il est possible d’installer un lombricomposteur ou un composteur d’immeuble :

  • Le lombricompostage d’immeuble est idéal pour les surfaces au sol inférieures à 10 m2. Des vers sont placés dans un bac dont le volume dépend du nombre de foyers participants, et digèrent les déchets organiques déposés par les copropriétaires. Celui-ci doit être situé dans une partie ombragée et facile d’accès, à l’intérieur ou à l’extérieur, comme dans un hall ou une cour. La température idéale se situe entre 15 et 25 °C. Le processus de décomposition est plus rapide dans un lombricomposteur que dans un composteur. Lire le guide du lombricompostage collectif à Paris.
  • Le compostage d’immeuble est idéal pour les surfaces au sol supérieures à 10 m2. Trois bacs sont installés à même le sol en contact avec un espace vert plat :
    – Le bac d’apport, pour déposer les déchets biodégradables ;
    – Le bac de structurant, pour stocker le broyat (copeaux de bois, feuilles mortes…) à ajouter aux déchets lors de chaque apport ;
    – Le bac de maturation, pour stocker le compost en cours de transformation.
    La dégradation naturelle de la matière organique, au contact de l’eau et de l’air, et grâce aux micro-organismes et vers présents naturellement dans la terre, fabrique le compost. Les bacs de compost sont utilisés par les habitants participants et gérés par des référents au sein de la copropriété.
  • Le compostage de quartier a le même principe que le composteur d’immeuble. Ils sont situés sur des sites publics tels que les jardins partagés et sont gérés par une association locale, porteuse du projet.
Quelles démarches ?

Je veux mon bac bio recense les initiatives de compostage à Paris.

Candidater auprès de la Ville de Paris pour bénéficier d’un composteur de quartier ou en pied d’immeuble.

Composter en appartement

Il existe également des lombricomposteurs individuels à placer en appartement. L’espace nécessaire dépend du modèle choisi, ces derniers sont souvent dotés de roulettes, ce qui permet de l’insérer facilement sous une table. Ces derniers sont à placer idéalement en intérieur, à une température comprise entre 15 °C et 25 °C, à l’abri d’une exposition directe au soleil et des fortes variations de température. Les Ville de Paris et les Mairies d’arrondissement organisent régulièrement des campagnes de dons de lombricomposteurs. Restez informé·e·s en consultant leur site internet et en vous inscrivant aux e-mailings.

Collecte sélective des biodéchets

Les habitants des 2e et 12e arrondissements font actuellement l’expérience de la collecte sélective des biodéchets en vue d’une généralisation à l’échelle parisienne. Les habitants de ces arrondissement sont invités à déposer, dans un sac biodégradables, leurs déchets alimentaires dans les nouveaux bacs marron, ces derniers sont ensuite collectés 2 fois par semaine par les éboueurs, et utilisés pour faire du terreau destiné aux agriculteurs franciliens ou transformés en biogaz pour faire rouler les bus et les camions-bennes de la Ville de Paris.

Les ressources sur le compostage

4. Cuisiner anti-gaspi

En France, 10 millions de tonnes de produits alimentaires sont perdus ou gaspillés, dont 6,5 tonnes par les particuliers. Chaque habitant jette en moyenne 29 kg de nourriture par an. On estime à 15,3 millions de tonnes d’équivalent CO2 l’impact carbone de ces gaspillages, soit 3 % de l’ensemble des émissions des activités nationales (ADEME, Lutte contre le gaspillage alimentaire, 2017).  Des simples réflexes peuvent être adoptés pour limiter le gaspillage, par exemple :

  • faire une liste de course pour éviter les achats compulsifs ;
  • impliquer votre foyer et prendre en compte les envies de chacun ;
  • surveiller les dates limites de consommation et optimiser le rangement dans votre réfrigérateur ;
  • faire vos propres bocaux avec les fruits et légumes en fin de vie : compote, confiture, pots pour bébés ;
  • prolonger la durée de vie des denrées alimentaires en les conservant dans des contenants hermétiques. Le jus de citron, huile d’olive sont par ailleurs d’excellents conservateurs ;
  • apprenez à cuisiner les restes : quiches, tartes, soupes.

Pour soutenir les restaurants engagés dans la lutte anti-gaspillage, des applications proposent les invendus des commerçants à des prix cassés. Par ailleurs, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation partage de nombreuses astuces anti-gaspi sur son site Alim’agri.

5. Faire soi-même (DIY - Do It Yourself)

Créer ses propres produits ménagers et d’hygiène est une manière ludique de se réapproprier sa consommation, en privilégiant des matières premières naturelles, biologiques et locales. Avec quelques produits de base, il est possible de concocter la totalité de ses produits du quotidien : lessive, liquide vaisselle, déodorant, savon, baume à lèvre et bien d’autres !

Le DIY concerne également des équipements du quotidien : fabriquer une éponge tawashi avec des chaussettes célibataires, des films alimentaires à partir de textiles usagers ou des sacs à vrac faits à partir de chemises trop petites !

De nombreux lieux à Paris proposent régulièrement des ateliers DIY, à vous de mener l’enquête et de faire votre choix parmi vos préférés !

Atelier de fabrication de lessive avec les participants au défi Familles Zéro Déchet

Réemployer et réutiliser

Le réemploi, c’est donner une seconde chance à des objets et matériaux du quotidien en conservant leur fonction. La réutilisation, c’est comme le réemploi, sauf que l’on attribue une nouvelle fonction à un objet.

Le réemploi et la réutilisation, consistent à allonger la durée de vie d’un bien dans l’objectif de préserver les ressources naturelles.

1. Réparer

Vous pouvez vous aider de tutos sur internet ou participer à des Repair’cafés qui proposent des ateliers de réparation d’électroménagers et de vélos.

Certains de ces lieux sont géolocalisés sur le Transicope.

2. Emprunter ou louer

Certains objets ne servent qu’une ou deux fois dans l’année et sont entreposés la majorité du temps dans nos placards. Toquer à la porte de son voisin ou passer un coup de fil aux proches peut vous éviter de nombreux achats et créer du lien social ! Des applications mobiles et des sites internet existent pour vous faciliter la démarche. 

3. Acheter d’occasion, donner et revendre

Les ressourceries et recycleries sont des lieux de collecte, de réemploi et de revente des objets destinés à être jetés. Ils sont remis en vente à des prix solidaires, les fonds récoltés permettent le fonctionnement des structures qui gèrent ces lieux. Les ressourceries permettent la création de lien social par les événements et ateliers régulièrement proposés, offrent des emplois durables à des publics en situation de précarité ou éloignés de l’emploi, et participent à la réduction des déchets. Vous pouvez retrouver le lieu le plus proche de chez vous grâce au recensement de la Ville de Paris des ressourceries parisiennes ou sur le site du réseau national des ressourceries.

Les rues parisiennes regorgent également de friperies (vêtements de seconde main), recensées en partie sur cette carte interactive. Les livres d’occasion ont aussi leur plateforme référence !

La ressourcerie créative dans le 14e arrondissement

Valoriser ses déchets, en dernier recours

Dès lors que le déchet est produit, les actions ne relèvent plus de la prévention mais de la valorisation, il s’agit des consignes de tri, du recyclage et de la méthanisation des déchets.

Recycler et valoriser

Bien trier ses déchets est tout aussi essentiel pour qu’ils soient traités de manière adaptée. Chaque déchet dispose d’un bac créé à son effet :

  • Le bac jaune : depuis le 1er janvier 2019, la Ville de Paris a mis en place la simplification des consignes de tri. Désormais, tous les papiers sont à placer dans la poubelle jaune quelle que soit leur taille (enveloppe, ticket de caisse, magazine etc.), de même pour tous les emballages, même les petits formats (capsule de café) et les emballages souillés (carton de pizza vides). Cela s’applique ainsi pour les barquettes alimentaires, conserves, canettes, paquets de chips, emballages de surgelés, carton de livraison, pots de yaourts, films alimentaires, plaquettes de médicaments, tube de dentifrice, bouteilles d’eau, papier aluminium ou le polystyrène !

    Tous les emballages doivent être vides et jetés en vrac (sans sac poubelle) puisqu’ils seront séparés par matériaux par un trieur optique.

Le mémo du tri, Ville de Paris

  • Le bac blanc réceptionne les emballages en verre : les bouteilles, les pots pour bébé, de yaourt, de confiture, les conserves, sauces… Les bouchons et couvercles sont de préférence à retirer des pots, même si ce n’est pas une obligation : ils seront de toute façon éjectés grâce au tri. Ils doivent être vides, mais il n’est pas utile de les laver. Attention, seulement les emballages en verre sont concernés, il ne faut donc pas déposer de tasse, vase cassé, pot de fleur, poterie, miroir, fenêtre, etc.
  • Le bac vert reçoit les déchets qui n’ont pas été triés. Une fois collectés, ils sont directement envoyés à l’incinération.
  • Le bac marron sert à collecter les déchets alimentaires. Vous pouvez y déposer déchets de préparation (épluchures, noyaux), restes de repas et boisson (thé, riz, viande, fromage, œuf…), produits alimentaires périmés débarrassés de leurs emballages et déchets végétaux domestiques. Ne sont concernés par cette poubelle que le 2e et le 12e arrondissement qui expérimentent la collecte des biodéchets.

Les déchets spécifiques détiennent, elles, leurs propres systèmes de collecte :

  • les petits électroménagers sont à déposer dans un trimobile ;
  • les encombrants, les piles et batteries, ampoules, toners et gros électroménagers peuvent être déposés en magasin ou en déchèterie ;
  • le textile va dans les conteneurs à textile.

Pour en savoir plus, consultez le site de la Ville de Paris.

Se lancer via des défis ludiques

  • Le défi Familles Zéro Déchet est un challenge proposé par l’APC avec le soutien de la Ville de Paris, pour accompagner les Parisien·nes dans la réduction de leurs déchets. Vous pouvez également lire le guide Devenez un héro du zéro déchet !, édité dans le cadre de ce défi.

  • Le défi Rien de Neuf est proposé par Zero Waste France et encourage à renoncer aux produits neufs en proposant des alternatives dans tous les domaines du quotidien.  
Rue du Paradis, une rue zéro déchet ! Depuis décembre 2018, les commerçants et habitants de cette rue du 10e arrondissement sont impliqués dans une démarche de réduction des déchets à l’échelle du quartier Paradis Saint-Denis.

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