S'alimenter responsable

Première cause de perte de la biodiversité, l’alimentation représente 30 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Découvrez les clés pour vous réapproprier votre consommation en douceur et réduire votre empreinte écologique.

 

Publié le 07 octobre 2019
par Agence Parisienne du Climat

Certains de nos choix alimentaires ont des conséquences directes sur l’environnement et notre santé. Les régimes à dominance carnés ou encore l’achat de produits industriels et importés peuvent ainsi être à l’origine de méthodes de production néfastes pour la planète (élevage intensif, utilisation de pesticides, déforestation, monoculture…). Or, adapter ses habitudes de consommation tout en ravissant ses papilles, c’est possible ! En plus d’être vectrices de liens sociaux, les alternatives proposant une alimentation plus saine et responsable fleurissent et gagnent en accessibilité.

S’approvisionner en produits biologiques et locaux, s’investir dans un jardin partagé, réduire sa consommation de viande… Comment s’y prendre et dans quel but ?

Favoriser des produits biologiques, de saison, locaux et équitables

Les produits biologiques, un mode de production respectueux de l’environnement et du bien-être animal

Processus de production agricole et d’élevage plus soucieux de l’environnement, l’agriculture biologique exclut l’usage des produits chimiques de synthèse et des organismes génétiquement modifiés (OGM) tout en limitant l’emploi d’intrants. Ces produits sont soumis à des exigences réglementaires européennes strictes depuis 1991 pour les productions végétales et depuis 2000 pour les produits issus des animaux.

Les produits issus de l’agriculture biologique participent au maintien de la biodiversité, à la préservation des ressources naturelles et au bien-être animal. Sont concernés :

  • Les produits agricoles non transformés (céréales, légumes, fruits, fleurs d’ornement, coton, lait, œufs, viande)
  • Les produits agricoles transformés destinés à l’alimentation humaine (pain, fromages, plats cuisinés)
  • Les aliments destinés aux animaux
  • Les semences et matériels de reproduction végétative

Ils sont reconnaissables par l’apposition à minima du logo Eurofeuille (concerne tous les produits préemballés dans l’Union européenne) et peuvent être complétés par le logo AB (logo français). Ce dernier peut apparaître seul pour des produits qui n’ont pas encore fait l’objet d’une harmonisation à l’échelle européenne. Ces deux logos répondent aux mêmes conditions d’utilisation.

Logo : Agriculture Biologique et Eurofeuille

Les produits d’hygiène et de beauté, les produits d’entretien et de décoration, les textiles, la papeterie ou encore les appareils multimédias sont, eux, concernés par d’autres labels environnementaux. Découvrir les garanties et les objectifs des labels recommandés par l’ADEME (lien externe)

Seuls les produits contenant au moins 95 % d’ingrédients agricoles certifiés biologiques peuvent comporter les termes « biologique » ou « bio » dans leur dénomination de vente.

En quelques mots, les produits issus de l’agriculture biologique sont gages :

  • Du maintien des qualités nutritionnelles naturelles présentes dans les matières premières à tous les stades de fabrication. Les produits biologiques n’utilisent pas de colorants, d’arômes chimiques de synthèse, ni d’exhausteurs de goût ; le nombre d’additifs autorisé est restreint et ces derniers sont majoritairement d’origine naturelle ; l’enrichissement en vitamines, minéraux et antioxydants est interdit sauf si exigé par la loi, etc.

  • De respect du bien-être animal. Chaque animal dispose d’un espace bien aéré, de lumière, d’une surface minimum avec un accès à un parcours extérieur et la densité y est limitée ; toute souffrance doit être réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage ; les animaux sont nourris avec une alimentation biologique ; la santé  des  animaux  est  axée  principalement  sur  la  prévention avec la limitation de l’emploi de médicaments

  • Du non-recours aux produits chimiques de synthèse et OGM. Sont privilégiées les variétés de semences spécifiquement sélectionnées pour leur résistance aux maladies ; les techniques culturales pour lutter contre les mauvaises herbes ; des alternatives biologiques pour lutter contre les organismes nuisibles

En savoir plus sur l’agriculture biologique

Locaux et de saison : des rendements au rythme de la nature

La production agricole participe aux émissions de gaz à effet de serre. Acheter des produits locaux et de saison permet de diminuer le poids carbone des assiettes tout en dynamisant l’économie locale.

  • Un produit local est un produit ayant parcouru peu de kilomètres avant d’être consommé. La mesure de la localité est subjective et dépend du produit concerné. De façon générale, il faut privilégier les productions régionales et nationales
  • Opter pour des aliments de saison, c’est augmenter les chances de tenir dans mains des produits issus d’une culture respectant les cycles naturels de reproduction. Manger de la tomate en janvier, c’est participer à une culture sous serre énergivore avec chauffage et éclairage permanents

Pour vous repérer au quotidien, équipez votre cuisine d’un calendrier des fruits et légumes de saison, à consulter avant d’aller faire vos courses !

Equitable : pour de meilleures conditions de travail

Non-respect des droits sociaux, salaires précaires, accaparement de terres… notre consommation impacte directement les petits producteurs, et plus particulièrement ceux des pays en développement.

Face à cette situation, le commerce équitable garantit une série de conditions aux producteurs : une rémunération juste et un travail respectueux des droits humains, tout en développant l’économie locale et en protégeant l’environnement.

Le commerce équitable, c’est la volonté :

  • De plus d’équité de solidarité dans les relations commerciales : en permettant aux travailleurs de vivre dignement de leur travail ; en priorisant les producteurs les plus défavorisés ; et en mettant en place des partenariats durables
  • D’une autonomie accrue pour les producteurs : par une activité pérenne et la non-exclusivité commerciale, ainsi qu’en renforçant les organisations de producteurs
  • De meilleures conditions de travail : l’élimination du travail des enfants, l’inclusion des femmes, la lutte contre les discriminations
  • De valorisation culturelle et de transmission de savoir-faire locaux
     

Commerce-equitable

Principaux labels équitables

En savoir plus sur les labels équitables.

Où s’approvisionner responsable ?

Le Transiscope : carte interactive qui recense les magasins responsables proposant du bio, équitable, local…

Carte des marchés parisiens : carte des marchés biologiques à Paris

AMAP d’Ile-de France : réseau des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne

Mangeons Local : épiceries, marchés et restaurants qui proposent une alimentation locale en Ile-de-France

Réduire sa consommation de viande

Notre alimentation n’a cessé d’évoluer ces dernières années, pour devenir de plus en plus transformée, sucrée, salée et carnée. La consommation de viande (poulet, charcuterie, bœuf…) et de produits laitiers (crèmes, yaourts, fromages) s’est considérablement accrue dans les pays industrialisés, tendance qui se propage aujourd’hui dans les pays en développement.

Or, la production croissante de viande contribue fortement aux émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique : 14,5 % des gaz à effet de serre d’origine anthropique proviennent des filières de l’élevage, soit 7,1 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an.

Les principales sources d’émissions sont la production et le transport de l’alimentation animale (75 % des terres cultivées dans le monde sont mobilisées pour nourrir les bêtes destinées à nos assiettes) ainsi que le méthane issu de la digestion des ruminants. Le méthane est en effet un gaz à effet de serre au potentiel de réchauffement 25 fois supérieur au CO2.

Plus de végétaux dans nos assiettes

Les régimes végétariens (sans viande et poisson) et végétaliens (sans viande, poisson, œufs ni produits laitiers) ont le plus faible impact carbone, avec respectivement 1,7 et 1,5 tonne d’équivalent CO2 par an et par personne, contre 3,3 tonnes équivalent CO2 pour les régimes carnés (Shrink That Footprint, 2016).

Limiter l’alimentation issue de l’élevage bovin

Il est possible de réduire son empreinte carbone en limitant sa consommation de produits issus de l’élevage bovin et en favorisant des viandes dont la production est moins émettrice de gaz à effet de serre.  On se rapproche alors de l’empreinte carbone d’un régime végétarien, avec 2 tonnes équivalent CO2 par an et par personne.

Les régimes végétarien/végétalien séduisent de plus en plus de Français et citoyens du monde. Nos rues abondent en restaurants répondant à leurs exigences, et les communautés ne cessent de s’élargir.

Manger végétarien à Paris :

Vegoresto : liste des restaurants végétariens et vegans

VeggUp : application mobile de recettes végétales savoureuses

HappyCow : plateforme d’adresses végétariennes dans le monde
 

En savoir plus :

Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture : élevage & changement climatique

Réduire le gaspillage alimentaire

D’après les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, un tiers de la production alimentaire mondiale serait aujourd’hui gaspillée.

Ce gaspillage alimentaire a des conséquences néfastes importantes sur l’environnement, la biodiversité, les ressources en eau, et nuit aux producteurs. Il serait responsable du rejet de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre par an, faisant de lui le 3e plus grand pollueur du monde après les Etats-Unis et la Chine.

Réduire le gaspillage alimentaire à son échelle, c’est :

  • Economiser l’énergie et l’eau nécessaires pour extraire, produire, transformer, conserver, emballer et transporter cette nourriture
  • Donner le temps aux espèces de se renouveler selon leur cycle de reproduction naturel (pêche et agriculture durables)
  • Réduire l’acheminement et la destruction des déchets alimentaires (transport vers un centre de tri, incinération, enfouissement, valorisation en énergie)
  • Un geste éthique et social, là où des populations peinent à se nourrir correctement
  • Réaliser des économies, puisque l’on estime que le gaspillage alimentaire coûte en moyenne 160 € par français chaque année

Quelques réflexes simples pour réduire le gaspillage alimentaire :

  • Vérifier régulièrement les dates limites de consommation
  • Optimiser le rangement dans votre réfrigérateur
  • Faire une liste de courses, demander à votre famille ce qu’elle souhaite manger, anticiper les repas
  • Faire vos propres bocaux, jus, soupes, confitures, tartes et cakes de fruits et légumes abimés ou trop mûrs
  • Prolonger la conservation des aliments et conserves grâce au jus de citron ou à l’huile d’olive
  • Donner une nouvelle vie au pain rassis en le transformant en croûtons ou en chapelure, faire du pain perdu, des bruschettas
  • Composter vos déchets organiques

Vous pouvez retrouver les techniques anti-gaspi sur l’application SaveEat ou bien acheter des invendus à des prix cassés via les applications Toogoodtogo et Optimiam. Par ailleurs, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation partage de nombreuses astuces anti-gaspi sur son site Alim’agri.

Cultiver fruits et légumes en ville 

Notre capitale pourrait survivre 2 à 3 jours sans approvisionnement extérieur de nourriture. La densité des espaces urbains restreint l’usage de surfaces dédiées à la nature.

Or, l’agriculture urbaine connait un succès croissant depuis plusieurs années. Cultiver des courgettes sur son balcon, échanger des graines, végétaliser sa toiture… les citadins se tournent de plus en plus vers des occupations vertes.

Si un Paris autosuffisant en nourriture est en pratique impossible (il faudrait 5 000 hectares, soit 1,5 fois la superficie de la ville pour s’auto alimenter), jardiner est un premier pas vers une réappropriation de sa consommation tout en étant vecteur de liens sociaux !

A Paris, des solutions existent :

  • Rejoindre un jardin partagé / potager urbain parmi les 131 adresses parisiennes
  • Cultiver dans la cour de son immeuble, sur son balcon ou sur le rebord de sa fenêtre
  • Faire pousser ses plantes aromatiques en appartement, même sans balcon

Vous contribuerez ainsi au verdissement de la ville, essentiel pour la biodiversité et le captage du CO2, et prendrez plaisir à être en contact de la nature !

 

© Sophie Robichon, Mairie de Paris

Crédit photo : Sophie Robichon, Mairie de Paris

Que cultiver en ville ? Privilégier les variétés locales, rustiques et anciennes

Installez des jardinières de plantes et optez pour des graines de variétés régionales, rustiques et anciennes (mieux reproductibles) : elles sont mieux adaptées au climat urbain parisien et demandent moins d’arrosage et d’intrants.

Parmi les légumes, certaines variétés sont simples à produire (tomate, salade, haricot, courge) et peuvent être cultivées verticalement, pour un gain d’espace !

Thym, romarin, coriandre, persil, rose, bourrache… les aromates et plantes sauvages sont également de très bons choix. Ils assaisonnent vos plats et favorisent l’activité des insectes pollinisateurs, qui se nourrissent du pollen et nectar des fleurs. 

 

S’approvisionner en graines

Grainothèques : échange de graines dans des lieux publics parisiens

Trocs main verte : évènements réguliers à la Maison du jardinage pour s’échanger des semis et graines

Vous pouvez également vous approvisionner auprès de magasins de jardinage ou sur des plateformes en ligne comme Semencebio et Kokopelli ou encore lors de bourses aux semences organisées ponctuellement (ex : Les 48h de l’agriculture urbaine). 

Rejoindre ou créer un jardin partagé :

Les jardins partagés : informations et liste des jardins partagés à Paris

Apprendre sur le jardinage :

Maison du jardinage : pôle ressource jardinage urbain

Jardiniers amateurs : conseils et tutoriels en ligne pour jardiner

 

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