3 objectifs phares pour le Programme Parisien de lutte contre la précarité énergétique

publié le 16 mai 2024

5 min

Copropriétés dans le 18e arrondissement de Paris_crédit : finecki/Adobe Stock
Copropriétés dans le 18e arrondissement de Paris_crédit : finecki/Adobe Stock

À Paris environ 100 000 ménages sont touchés par la précarité énergétique. Une problématique qui combine trois facteurs : la faiblesse des revenus, la mauvaise qualité thermique des logements et le coût de l’énergie finale pour l’habitant. La Ville de Paris a adopté en 2018 un Plan Climat qui prévoit la rénovation d’un million de logements d’ici 2050, constituant ainsi la première arme pour lutter contre la précarité énergétique. C’est pour répondre aux problèmes immédiats des Parisiennes et Parisiens touchés par ce phénomène qu'elle s’est dotée en novembre 2021 d’un programme de lutte contre la précarité énergétique. Trois grands objectifs le jalonnent : l’amélioration de la connaissance du territoire et des acteurs, l’amélioration de la lisibilité et de l’accessibilité des aides et la création du Slime Parisien.

Objectif n°1 : Améliorer la connaissance du territoire et des acteurs

Mieux connaître la réalité sur le terrain

Afin d’apporter une réponse appropriée aux différentes situations de précarité énergétique dans le parc social à Paris, la Ville a souhaité renforcer les actions des bailleurs sociaux en intégrant davantage les questions de précarité énergétique. Il s’agit désormais d’opérer une veille des ménages vulnérables et de les initier aux écogestes et équipements économes.

Dans le parc privé, le programme prévoit un repérage plus efficace via des enquêtes sociales et pour les propriétaires, une sensibilisation aux conséquences de la Loi Climat et Résilience du 24 août 2021. L’idée est de prévenir et d’informer les propriétaires des conséquences de cette loi et d’éviter le retrait de la location de ces logements plutôt que leur mise aux normes énergétiques.

Sensibiliser et former les professionnels

Des modules de formation sont également prévus auprès des professionnels (centre sociaux, bailleurs, syndics, etc.) pouvant faire face à des situations de précarité énergétique afin qu’ils aient la capacité d’engager un dialogue avec les personnes concernées. En effet, la notion de précarité énergétique est complexe et protéiforme. Elle s’intègre dans des situations de précarité plus larges, mais recouvre aussi des formes moins visibles (précarité des étudiants, personnes âgées isolées…).

Mettre en place un observatoire parisien de la précarité énergétique

L’Observatoire National de la Précarité Énergétique met déjà en exergue depuis 2011 des données précieuses sur ce phénomène, sur les dispositifs et les aides financières qui en découlent. Pour une connaissance encore plus fine des particularités de son territoire, la Ville de Paris souhaite se doter d’un Observatoire parisien de la précarité énergétique, en y intégrant les résultats, données et études de la lutte contre l’habitat dégradé qu’elle mène depuis les années 2000. Ce dernier est en cours de réflexion.

Partager les connaissances entre acteurs du territoire

Enfin, l’amélioration de la connaissance du territoire et des acteurs est envisagée sous la forme d’une gouvernance commune qui se réunirait dans un objectif de partage des savoirs expérientiels, de débats et d’actions à mettre en place.

Objectif n°2 : Faciliter la lisibilité et l’accessibilité des aides

Faire connaître les aides existantes

La Ville de Paris porte, en complément du Chèque énergie, trois prestations de lutte de contre la précarité énergétique :

Leurs critères d’attribution varient et ces aides ne sont pas toujours connues des ménages, ni des professionnels éloignés des phénomènes de précarité énergétique.

Il y a donc un enjeu à les diffuser et à les valoriser auprès du plus grand nombre. Pour ce faire, la Ville de Paris souhaite dans un premier temps centraliser ces informations sur le site paris.fr.

Réformer le système d’aides pour permettre un meilleur accès aux droits

Elle souhaite également engager une réforme du régime des aides sociales facultatives en matière de précarité énergétique afin de réduire les différences de traitement entre les publics bénéficiaires et permettre un meilleur accès aux droits. Un Fond social d’aide aux travaux de maitrise de l’énergie (FSATME) pourrait y être inclus, soit un fond flexible, finançant des travaux légers ou petits équipements afin de réduire les dépenses énergétiques du foyer. Il s’articulerait au dispositif Slime (Service Local d’Intervention pour la Maitrise de l’Energie) qui constitue le 3ᵉ grand objectif du programme.

Objectif n°3 : Instaurer un Slime

Le Slime est un programme national, coordonné par le CLER-Réseau pour la transition énergétique. Il a été effectif à Paris de décembre 2022 à octobre 2025, piloté par la Ville de Paris et animé par l’Agence Parisienne du Climat. Il proposait un accompagnement gratuit et personnalisé pour aider les foyers très modestes à réduire leurs factures et retrouver du confort dans leur logement.

Son objectif était de centraliser sur une plateforme unique les signalements des ménages repérés par les structures sociales ou par les remontées d’alertes de la part d’associations, de bailleurs ou de fournisseurs d’énergie. Il prévoyait automatiquement deux visites à domicile pour aider et accompagner les ménages vers des solutions durables.

Le dispositif Slime n’est plus en vigueur à Paris

En novembre 2025, le dispositif Slime a laissé sa place à Paris Énergie Solidarité, un programme de la Ville de Paris, coordonné par l’Agence Parisienne du Climat. Ce nouveau dispositif poursuit la mission de lutte contre la précarité énergétique à Paris en repérant, écoutant et orientant les ménages très modestes du parc privé, avec une approche réactive et adaptable.

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