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Bulletin printemps 2022

Bulletin climatique du printemps 2022 : des indicateurs encore sur le podium des records

Climat
ParticulierProfessionnelPresse
Publié le 28 juin 2022
par Agence Parisienne du Climat

Le printemps 2022 alterne entre neige, pluies intenses, vague de chaleur. Il arrive à la 4e place des températures moyennes les plus élevées, la 3e place des printemps les plus ensoleillées, et le 9e rang des printemps les plus secs jamais enregistrés à Paris. 

Alors que la sécheresse s’installe en France, que nous venons de vivre la vague de chaleur la plus précoce jamais enregistrée en France depuis 1947 (début des mesures) avec le cap symbolique des 40°C qui a été franchi dans de nombreuses communes (36,7°C ont été relevés par la station météo Paris Montsouris le 18 juin), nous vous proposons de prendre un peu de recul et de comparer les données météorologiques du printemps 2022 aux mesures passées. 

En météorologie, le printemps comprend les mois de mars, avril et mai. Fruit d’un partenariat entre l’Agence Parisienne du Climat et Météo-France, ce bulletin climatique revient sur le printemps 2022 à Paris et en Île-de-France. En utilisant les données du passé, nous cherchons à éclairer le climat actuel ainsi que son évolution.

Le 4e printemps le plus chaud 150 ans

Les premiers relevés de température ont débuté le 17 juin 1872 à Paris à la station météo du Parc de Montsouris. Ces relevés nous permettent d’indiquer que ce printemps 2022 est le 4e printemps le plus chaud jamais enregistré depuis 1872 - avec un écart à la normale de + 1,8°C - juste après les printemps 2007, 2020 (année la plus chaude à Paris) et 2011, où l’on avait relevé un écart de +2,6°C par rapport à la normale. 

Cette hausse des températures a notamment été marquée en mai : bien que les matins soient restés frais, il s’agit du 2e mois de mai le plus chaud jamais enregistré à Paris. Mars et avril sont leur catégorie le 10e mois de mars le plus chaud et le 25mois d’avril le plus chaud.

Evolution de la température moyenne printanière de 1970 à 2022 par rapport à la normale sur la station de Paris-Montsouris.

179 heures de soleil en plus par rapport à la normale

Cette année, le soleil de printemps a été très généreux avec 37% de soleil en plus par rapport à la moyenne. Avec près de 667 heures de soleil, cela en fait le 3e printemps le plus ensoleillé depuis 1991 (date la plus fiable pour le début des relevés de l’ensoleillement à Paris).

Pas d’épisode de gel tardif à Paris

Les épisodes de gel tardif sont craints des agriculteurs, car ils peuvent considérablement impacter les récoltes. Le gel tardif a touché la France mais à Paris, bien qu’un refroidissement assez brutal ait eu lieu début avril après une fin mars très printanière, et contrairement à l’année dernière, il n’a jamais gelé à Paris pendant ce printemps, et la neige du 1er avril n’a pas tenu au sol. 

Un épisode de pluie extrême au printemps et une sécheresse qui s’installe 

Un seul évènement pluvieux est à souligner sur Paris ce printemps, il s’agit d’un fort épisode de pluie ayant commencé tôt le matin du samedi 8 avril et qui a donné 41 mm en 24 h (un épisode avec une durée de retour inférieure à 5 ans). Cet épisode de pluie extrême et ceux des violents orages de début juin n’ont malheureusement pas permis d’enrayer le phénomène de sécheresse qui touche la France entière et aussi l’Ile-de-France.

Lors de fortes précipitations et lorsque les sols sont secs, l’eau ruisselle et ne s’infiltre pas dans les sols. 

Le printemps 2022 accuse un déficit de 41 % de pluie, soit un cumul de 95 mm. Il se classe au 9e rang des printemps les plus secs depuis 1991. Seul le mois d’avril a connu un excédent de 8% de pluie, tous les autres mois depuis février sont déficitaire. En mai ce déficit a atteint -74% par rapport à la normale.

La hausse des températures, combiné à des déficits de précipitations sont les principales causes des sécheresses du sol. Pour l’avenir, les projections climatiques rendues disponibles sur le portail de Météo-France nous indiquent qu’une augmentation de l’assèchement des sols pourrait avoir lieu, jusqu’à devenir extrême à la fin du siècle dans une scénario d’émissions intermédiaires de gaz à effet de serre.

Ce printemps, on note aussi le retour des poussières de sable du Sahara qui avaient déjà survolé la région cet hiver, et qui ont fait leur réapparition  le 15 mars.

Ce bulletin climatique nous permet de conclure que le printemps 2022 est donc parmi les plus chauds jamais enregistrés, très ensoleillé, avec un épisode de pluie extrême qui n’a pas permis d’enrayer le phénomène d’assèchement des sols déjà en place.

 

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