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Le nouveau rapport du GIEC : il est encore temps d’agir

ClimatAgence Parisienne du Climat
ParticulierProfessionnel
Publié le 30 octobre 2018
par Emmanuelle Boissier

Lundi 8 octobre, le GIEC a rendu public le résumé de son rapport spécial qui porte sur les conséquences d’une hausse des températures de 1,5 °C. Décryptage sur les résultats de ce rapport et sur les mesures à prendre.

Pourquoi un rapport sur 1,5 degrés ?

L’accord de Paris, obtenu lors de la COP21 en 2015, prévoit de contenir la hausse des températures « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Mais les pays les plus vulnérables au changement climatique avaient sousligné la nécessité de « poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C ».

La COP21 avait alors missionné le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour produire un rapport qui permette de comprendre la différence entre un monde à +1,5°C et +2°C, par rapport à la période pré-industrielle.

En effet, à l’époque, les négociateurs s’étaient aperçu qu’ils manquaient de connaissances suffisamment solides sur les conséquences des ces deux scénarios. Ce rapport compare donc à la fois les impacts à attendre en cas d’un réchauffement global de 1,5 °C ou 2°C, mais étudie également les trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre (GES) correspondantes.

Un résumé, approuvé par 195 Etats, a été publié le 8 octobre 2018. Il servira de base scientifique aux négociations de la COP24 qui se dérouleront en Pologne en décembre 2018. Ce travail établit un consensus sur la base de 6 000 articles scientifiques, la plupart d’entre eux résultant de projets de recherche menés spécifiquement pour répondre aux besoins de ce rapport.

0,5°C de différence, est-ce vraiment important ?

La différence entre un réchauffement global de 1,5 °C et 2°C pourrait sembler anecdotique. Et pourtant, la différence en termes d’impacts est significative. Par exemple :  

  • Avec +1,5°C, la hausse du niveau des mers à la fin du siècle augmenterait de 10 cm de moins qu’avec +2°C. Cela correspond à 10 millions de personnes en moins exposées aux risques d’inondations, et de dégradation des surfaces agricoles et des sources d’eau potable.
  • La banquise fondra complètement une fois par siècle avec +1,5°C, et une fois par décennie avec +2°C.
  • Deux fois plus d’animaux vertébrés (8 %), trois fois plus d’insectes (18 %) et deux fois plus de plantes (16 %) perdront plus de la moitié de leur aire naturelle de vie à +2°C par rapport à +1,5°C.
  • Entre 70 % et 90 % des récifs coralliens risquent de disparaître à la fin du siècle avec +1,5°C, contre 99 % avec +2°C.
  • Les grandes cultures céréalières, dont dépendent des milliards d’individus, seront, elles aussi, moins affectées par +1,5°C, en particulier en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est et en Amérique Centrale et du Sud. La teneur en protéine de ces céréales serait elle aussi dégradée.

Il est encore temps  

Un des éléments les plus importants du rapport du GIEC est d’établir qu’il est encore temps pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Certes, les températures moyennes ont d’ores et déjà augmenté de 1°C en raison des activités humaines depuis le début du siècle. Cependant, les émissions passées ne conduisent pas à un réchauffement au-delà des 1,5°C, mais si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre au rythme actuel, nous devrions passer la barre des 1,5°C entre 2030 et 2052. C’est donc maintenant qu’il faut agir et chaque année compte !

Tout l’enjeu de la COP24 est de revoir à la hausse les engagements des Etats, car si l’on cumule les promesses des pays signataires dans le cadre de l’Accord de Paris, le réchauffement climatique global devrait plutôt atteindre 3 °C d’ici 2100.

Les émissions passées ne conduisent pas à un réchauffement au-delà des 1,5°C, c’est donc maintenant qu’il faut agir !

Quels efforts seront nécessaires ?

Selon le rapport du GIEC, les émissions mondiales de GES devraient commencer à décroître bien avant 2030. A cette date, il faudrait qu’elles aient baissé de 45 % par rapport à leur niveau de 2010. En 2050, nous ne devrions émettre pas plus de CO2 que ce que nous sommes capables d’en stocker (soit zéro émission nette).

Cet objectif n’est pas impossible à réaliser. Cependant, le rapport indique que l’on ne connait pas dans l’histoire de changements de cette ampleur. Cela demande d’agir de manière urgente, sans précédent et collectivement dans tous les domaines de la société. Les secteurs de l’énergie, de l’usage des sols, du transport, du bâtiment et les systèmes industriels devront se réinventer.

L’objectif n’est pas impossible à réaliser. Cependant, le rapport indique que l’on ne connait pas dans l’histoire de changements de cette ampleur et à cette échelle. Cela demande d’agir de manière urgente, sans précédent et collectivement dans tous les domaines de la société.

Si nous nous centrons sur le secteur de l’énergie, certains changements radicaux seront nécessaires : les énergies renouvelables devraient passer de 20% aujourd’hui à 70 % de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon disparaitrait pratiquement, et la demande d’énergie devrait baisser. Selon le rapport, 2 400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques.

L’ensemble de la société doit se mobiliser

Il est indispensable que tous les acteurs de la société mettent en place des actions à leur échelle pour nous diriger vers un scénario +1,5°C. Tout le monde a son rôle à jouer.

La Ville de Paris s’engage

Les villes ont évidemment un rôle primordial à jouer pour lutter contre le changement climatique. Certaines villes, comme Paris, ont pris l’ambitieuse décision d’aligner leur stratégie sur une trajectoire visant un réchauffement global de +1,5°C, conformément à l’Accord de la COP21. Le nouveau Plan Climat voté par le Conseil de Paris en mars 2018 reprend cet objectif et prévoit pour cela plus de 500 mesures dans de nombreux domaines d’actions (bâtiment, transports, énergie, alimentation, déchets, cadre de vie, mobilisation, finance…). Ces mesures visent à réduire de 50% les émissions de GES, de 35% les consommations et d’atteindre 45% d’énergies renouvelables d’ici à 2030. Ces objectifs de moyen terme permettront de se placer dans la bonne voie pour pouvoir atteindre l’objectif de neutralité carbone et 100% énergies renouvelables en 2050.

Pour soutenir le Plan Climat, vous pouvez devenir volontaire du climat.

Agir en tant que citoyen

L’Agence parisienne du climat vous propose des actions et des solutions à mettre en place au quotidien : 

  • Réduire sa consommation énergétique
  • Rénover son logement
  • Se déplacer durable
  • S’alimenter responsable
  • Participer à des défis citoyens sur les thématiques énergie et déchets

Consulter notre rubrique «Particulier» pour découvrir toutes les solutions dans ces domaines d’action. 

Le rapport du GIEC insiste sur la nécessité de réduire, outre le dioxyde de carbone, les émissions des autres gaz à effet de serre. Le protoxyde d’azote et le méthane sont deux gaz très nocifs pour le climat qui sont liés à la fertilisation des sols et aux rots des ruminants.

Agir en tant qu’entreprise

  • Signer la charte Paris Action Climat, animé par la Ville de Paris et l’APC pour rejoindre un réseau d’entreprises et d’organismes publics volontaires et engagés pour soutenir le Plan Climat de la Ville de Paris.
  • Former vos collaborateurs aux économies d’énergie grâce aux ateliers proposés par l’APC.

En savoir plus

L’évolution du climat à Paris

Plateforme de solutions «Il est encore temps»

Site du Ministère de la Transition écologique et solidaire

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