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Future place Bastille

Sept places emblématiques de Paris en mutation

Aménagement durableMobilitéInnovationClimat
ParticulierProfessionnel
Publié le 27 février 2020
par Agence Parisienne du Climat

Nation, Gambetta, Bastille, Italie, Madeleine, Panthéon, Fêtes : des lieux emblématiques de la capitale, autant par leur caractère historique que par leur dimension iconique. Souvent encombrées de véhicules et laissant peu d’espace aux mobilités douces, ces places et leur aménagement ne correspondaient plus aux objectifs fixés par le Plan Climat Air Énergie. Faire de Paris une ville neutre en carbone dans 30 ans, résiliente et inclusive, c’est améliorer le cadre de vie de celles et ceux qui y vivent, y travaillent, y flânent et c’est tout l’enjeu du réaménagement de ces places à découvrir.

Repenser les usages pour améliorer le cadre de vie

Des projets consultatifs

Le réaménagement de ces sept places a fait l’objet d’une grande concertation, auprès des riverain·e·s, mais également des usager·e·s qui empruntent ces lieux au quotidien, de personnes en situation de handicap ou encore de cyclistes. Une nouvelle méthode a été conçue pour identifier et accompagner les usages, impliquant 4  collectifs pluridisciplinaires réunissant des architectes, des urbanistes, des paysagistes, des designers, qui ont également intégré dans leurs travaux la question du genre et de la place des femmes dans l’espace public.

Durant 8 mois, ce sont près de 8 500 Parisiennes et Parisiens qui ont été invité·e·s à s’exprimer grâce aux 150 actions proposées : concertations en ligne, expositions dans les mairies d’arrondissements concernés, réunions publiques locales, marches exploratoires ou encore concertation des enfants à travers un concours de dessins. L’installation de conteneurs de façon éphémère a également permis de créer des lieux de dialogue éphémères, où des agents de la ville étaient disponibles pour échanger avec chacun.

Sur chacune des places, une Maison du Projet a été installée, où les collectifs ont animé de nombreux ateliers participatifs. En parallèle, des chantiers de co-construction ont permis de tester les propositions des habitant·e·s.

 

 

Des évolutions nécessaires

Le Plan Climat Air Énergie de Paris ambitionne de faire de la capitale une ville bas carbone en 2050 où il fera bon vivre dans ses espaces publics. Cet objectif ne pourra être atteint qu’en mettant en place des actions concrètes dès aujourd’hui.

Ainsi, la Stratégie Paris Piéton a été adoptée en 2017 et prévoit de multiplier et de simplifier les cheminement piétons urbains. Dans la même veine, le dispositif Paris Respire prévoit d’ici 2024 d’offrir à chacun et dans chaque arrondissement plusieurs espaces de respiration, mettant en avant l’usage du vélo. La journée sans voiture, vouée à s’étendre dans les prochaines années, permet déjà de faire de la ville un espace public silencieux et avec moins de pollution. En remettant au cœur des usages des espaces urbains moins encombrés et plus inclusifs, Paris montre qu’il est possible de transformer le territoire pour moins de pollution, plus de bien-être et un meilleur partage de l’espace.

Des principes de co-conception

Les concertations, couplées aux enjeux directement liés au Plan Climat Air Énergie, ont permis de mettre en œuvre des projets de réaménagement répondant collectivement à des objectifs bien définis.

  • Conforter les pôles de vie, pour faire de chaque place le point névralgique du dynamisme de son quartier, au service des habitants.
  • Favoriser les mobilités actives et douces en réduisant la place des véhicules motorisés, ainsi que leur nuisance.
  • Répondre à un impératif écologique pour lutter contre les îlots de chaleur urbains.
  • Mettre en valeur l’architecture et l’histoire de chacune des places. À l’image de la Place de République qui, en 2013, redevenait une vraie place et mettait à nouveau en son centre son monument.

Les sept places réinventées

Les premiers travaux ont débuté en 2018. Certaines places ont déjà été inaugurées, comme Nation ou celle du Panthéon. Au total, ce seront plus de 25 000 m2 gagnés sur la voirie et 15 000 m2 de surfaces végétalisées supplémentaires ! Focus sur les différents changements opérés, pour faire de chacune de ces places de vrais espaces conviviaux.

Plus de végétation

Végétaliser permet de créer des espaces de fraîcheur plus nombreux et de remettre la biodiversité au cœur de la ville. La place de la Nation accueille aujourd’hui 6 000 m2 d’espaces verts supplémentaires, notamment au niveau de son anneau central qui a été agrandi, réduisant ainsi les voies dédiées aux véhicules motorisés. La place Gambetta s’enrichira quant à elle de 13 arbres et de 500 m2 de jardinières, tandis que des « salons végétaux » font partie du projet de la place des Fêtes. Cependant, des contraintes patrimoniales n’ont pas toujours permis de traiter de la même façon la végétalisation des places. Celle du Panthéon et ses voies pavées ont été réaménagées, mais aucun espace de pleine terre n’a pu être créé. Les usagers peuvent donc profiter de 40 arbres plantés dans des jardinières. On aurait aimé encore plus de végétal, mais le passage à la pleine terre a été réalisé autant que le permettaient les espaces vides non occupés par des nœuds de réseaux sous-terrains.

Des matériaux réemployés

L’économie circulaire s’est également invitée dans les choix d’aménagement des places, grâce au réemploi ou la réutilisation de matériaux, ce qui a parfois permis de ne pas avoir recours à des matériaux neufs. C’est le cas des dalles de la place de la Bastille, qui sont en fait constituées d’anciennes bordures de trottoir qui, une fois traitées, ont trouvé une seconde vie. Au Panthéon, ce sont des blocs de granit récupérés auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat qui ont permis de créer de nouvelles assises, disposées tout autour de la place.

 

Place Panthéon et ses usagers

Les usagers s’approprient la place du Panthéon réaménagée © Christophe Belin/Ville de Paris

De nombreux espaces de fraîcheur

Pour lutter contre les fortes chaleurs de plus en plus patentes, les places devaient intégrer des solutions permettant de rafraîchir les usagers. Ainsi, les futures places de la Bastille et Fêtes intègreront un dispositif de brumisation tandis que la place d’Italie proposera un miroir d’eau circulaire de 380 m2 avec jets d’eau. L’enjeu est également d’apporter de l’ombre, grâce à la plantation d’arbres, mais également à l’installation d’ombrières : celle de la place des Fêtes disposera d’assises, permettant à tous de s’offrir une pause estivale. Mais pour créer un espace de fraîcheur efficace, il faut également prévoir d’utiliser des matériaux qui emmagasinent le moins de chaleur. Ainsi, le nouveau revêtement de la Place de Nation est composé de béton clair, tandis que celui de la place de la Bastille teste du granit recyclé, clair également.

Futur miroir d'eau de la place d'Italie

Le futur miroir d’eau de la place d’Italie © Ville de Paris

Des mobilités douces et actives privilégiées

Les espaces publics sont rééquilibrés au profit des piétons et des cyclistes. À Madeleine, une nouvelle piste à double sens a été aménagée sur le parvis sud, ainsi qu’une bande cyclable au nord de la place. Bastille accueille elle aussi cinq pistes, qui permettent de relier facilement les boulevards attenants. Du côté des piétons, ce sont par exemple 58 % d’espaces supplémentaires qui leur seront dédiés à la place Gambetta. Les transports en commun bénéficient également de ce réaménagement collectifs, grâce à des nouvelles voies dédiées, mais aussi à de nouvelles dessertes, plus fluides qu’auparavant. Enfin, les besoins des personnes en situation de handicap ont été pris en compte pour favoriser leurs déplacements. Des fils d’Ariane permettront aux personnes mal ou non voyantes de s’orienter plus facilement.

Des lieux de vie partagés

Pour inciter l’appropriation de chaque place par les usagers, l’enjeu était de les rendre plus conviviales, et d’en faire des vrais lieux de vie partagés. Une nouvelle méthode de conception opérée par des collectifs pluridisciplinaires sélectionnés grâce à un appel à projets a permis de co-concevoir l’espace public avec les usager.e.s et d’intégrer la question du genre très en amont. Le mobilier urbain résulte directement de cette nouvelle approche, en favorisant les espaces de rencontre et d’échanges. Les plateformes en bois de 20 m2 de la place du Panthéon permettent ainsi le repos au cœur de la ville dans un espace partagé et sécurisant pour tou·te·s. La place de la Madeleine proposera des bancs circulaires installés autour des arbres et propices aux pique-niques ou aux jeux de société.

Partout, de nouvelles assises individuelles ou collectives seront d’ailleurs installées, et les espaces seront ouverts pour favoriser la pratique d’un sport ou permettre des installations artistiques et culturelles, voire des évènements. À noter que pour ouvrir encore davantage l’espace, la place de la Bastille disposera d’un passage direct vers le canal Saint-Martin. Les piétons pourront accéder au port de l’Arsenal en cheminant sous la ligne du métro 1.

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