Qualité de l'air

La qualité de l’air est un enjeu de santé publique majeur pour la Ville de Paris. A travers son Plan Climat, la Ville souhaite qu’en 2030 plus aucun Parisien ne soit exposé à des dépassements de seuil préconisé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Vous êtes ici

Publié le 04 novembre 2018
par Agence Parisienne du Climat

Qualité de l’air : nouvel enjeu du Plan Climat Air Energie

Si depuis 10 ans la qualité de l’air à Paris s’améliore, la pollution atmosphérique reste préoccupante. Chaque année elle est à l’origine d’environ 2500 décès prématurés à Paris. Parmi les causes de la pollution de l’air, le trafic routier et le chauffage, qui représentent ¾ des émissions d’oxyde d’azote, un irritant pour les bronches. Les différents polluants ont aussi des conséquences dramatiques pour l’environnement, et participent au changement climatique.

Pour continuer de répondre à cet enjeu sanitaire, la Ville de Paris intègre dans le nouveau Plan Climat des mesures pour améliorer la qualité de l’air de la capitale : des objectifs de réduction de la pollution, des précautions en cas de pic et des mesures de prévention.

Réduire la pollution de fond

Qu’est-ce que la pollution de l’air ?

La pollution de l’air (ou pollution atmosphérique) correspond à une dégradation de la qualité de l’air à cause de la présence d’éléments néfastes pour la santé et pour l’environnement.
Ces éléments polluants sont généralement des gaz (oxyde d’azote, ozone, les composés organiques volatils) et des particules (PM10 et PM2.5). Ces 5 polluants, qui dépassent régulièrement les valeurs limites et les objectifs de qualité imposés, dégradent l’air et deviennent alors dangereux pour la santé et l’environnement.

En Ile-de-France, les polluants atmosphériques proviennent essentiellement du trafic routier et du chauffage (oxyde d’azote, particules fines), et dans un deuxième temps du secteur agricole, de l’industrie (métaux) et des transports aériens et maritimes.

Comment réduire l’émission de ces polluants ?

Depuis une quinzaine d’année, la Ville de Paris met en œuvre une politique de lutte contre la pollution atmosphérique. En particulier dans le secteur du transport qui représente la moitié des émissions d’azote et des émissions de particules fines – qui proviennent surtout des véhicules diesel. Dans le nouveau Plan Climat, la Ville propose aussi des mesures concernant le chauffage, l’agriculture et l’industrie.
Ce qu’elle propose concrètement :

  • Réduire la présence des véhicules polluants : Avec le dispositif de Zone à Circulation Restreinte (ZCR) et la vignette Crit’air les véhicules les plus polluants seront progressivement interdit en centre-ville. Le nouveau Plan Climat prévoit de sortir du diesel en 2024 et de l’essence en 2030.
    Pour en savoir plus : l’article «Mobilité» du nouveau Plan Climat.
  • Mettre en place des rues et zones sans pollution : D’ici 2020, une grande zone à trafic limité sera instaurée dans les quatre premiers arrondissements et sera par la suite expérimenté dans d’autres quartiers (hors services, transports en commun, riverains et vélos). Des « Axes Ultra Basse Emission » (AUBE), qui réservent un sens de circulation aux véhicules propres (électriques ou au Gaz Naturel), seront aussi mis en place à partir de 2024 dans certaines zones. Pour guider les Parisiens dans leur achat de véhicule non polluant, un système de notation « Air’volution » évaluera les véhicules en fonction de leur niveau d’émission.
  • Inciter les Parisiens à revoir leur système de chauffage : Le bois représente 90% des émissions de particules du chauffage résidentiel en Ile-de-France. Un Fonds Air-Bois métropolitain à destination des particuliers sera discuté par la Ville et la Métropole d’ici 2020. Il aura pour but d’accompagner les Parisiens dans le renouvellement de leurs équipements de chauffage au bois vers des appareils plus performants donc moins polluants. L’Agence Parisienne du Climat aura quant à elle pour rôle d’informer le grand public sur l’utilisation des cheminées au bois pendant les pics de pollution et incitera les Parisiens, copropriétés et syndics, à remplacer leur système de chauffage central au fioul par des systèmes moins polluants.
  • Coordonner les différents acteurs de l’agriculture et de l’industrie : La pollution atmosphérique ne se cantonne pas à un territoire, Paris est également impactée par la pollution des zones agricoles et industrielles alentours. Si la France a par exemple déjà interdit l’utilisation de certains produits phytosanitaires, ce n’est pas le cas de tous les pays d’Europe. La Ville de Paris plaidera donc auprès de l’Etat et de l’Europe pour limiter la pollution atmosphérique en Europe, en particulier celle venant de l’agriculture et des transports aériens et maritimes. La Ville de Paris mènera par exemple des actions de coopération avec les territoires ruraux pour limiter les polluants liés aux épandages de produits chimiques.

Nuage de pollution à Paris
Nuage de pollution à Paris

Précautions en cas de pic ou de pollution ponctuelle

Il existe deux « situations de pollution » qui nécessitent des mesures rapides et efficaces pour faire baisser le niveau des polluants : les pics de pollution provenant du trafic routier et du chauffage en général lié à des conditions météorologiques qui ne permettent pas l’évacuation des polluants, et la pollution ponctuelle localisée dans certaines zones à cause de travaux et d’engins diesel par exemple.

En cas de pic, le nouveau Plan Climat vise la limitation du trafic routier en facilitant la mise en place rapide d’une circulation différenciée. Il s’agira de plaider pour une coopération plus efficace avec la préfecture de Police.

Les chantiers et carrières en Ile-de-France représentent des émissions de particules fines non négligeables. La ville souhaite mobiliser les maîtres d’œuvre pour qu’ils limitent la pollution due à leur chantier, à travers la création d’une charte chantiers propres d’ici 2020.

Pour donner l’exemple, la Ville privilégiera des branchements électriques plutôt que des groupes électrogènes au diesel pour ses chantiers municipaux. La Ville plaidera également auprès du Parlement pour une réglementation sur les groupes électrogènes propres d’ici 2030.

Protéger les Parisiens des risques de pollution de l’air

Améliorer la qualité de l’air ce n’est pas uniquement agir en cas de pic ou de pollution ponctuelle. Le nouveau Plan Climat renforce ses mesures de prévention de la pollution pour améliorer durablement la qualité de l’air. Le Plan prévoit de faire de Paris une ville végétalisée, des actions pour préserver la qualité de l’air intérieur et des études pour mieux connaitre la situation afin de renforcer la pertinence des mesures contre la pollution.

Développer des espaces de respiration

La végétation a un impact positif sur la qualité de l’air et l’environnement urbain. Elle permet une meilleure circulation de l’air, absorbe certains polluants et permet de rafraîchir la ville en cas de vague de chaleur, en luttant contre le phénomène d’îlot de chaleur urbain. La Mairie de Paris souhaite multiplier les rues végétalisées d’ici 2020 afin d’offrir des espaces de respiration aux Parisiens. Dans cette même idée, le dispositif Paris Respire, qui ferme 23 quartiers de Paris à la circulation les dimanches et jours fériés, sera étendu d’ici 2024 à tous les arrondissements.

Des espaces de respiration par la végétalisation des rues de Paris, Impasse du Labrador
Des espaces de respiration par la végétalisation des rues de Paris, Impasse du Labrador ​

Améliorer la qualité de l’air intérieur

L’air intérieur est 5 à 7 fois plus pollué que l’air extérieur (source). Le nouveau Plan Climat attire l’attention sur cet enjeu sanitaire important et prévoit des mesures pour protéger les Parisiens. 

La pollution de l’air intérieur peut provenir des matériaux de construction, du mobilier, de l’humidité, ou encore des produits chimiques utilisés et du chauffage.

Dans le cadre de travaux de rénovation par exemple, l’Agence Parisienne du Climat aura pour rôle de communiquer et sensibiliser les professionnels et particuliers à des systèmes de ventilation et de renouvellement d’air performants.

Les dispositifs de freinage des métros, RER et trains peuvent émettre des particules fines, ce qui dégrade la qualité de l’air dans les tunnels parisiens. La RATP, la SNCF et Ile-de-France Mobilités travailleront à améliorer la qualité de l’air, par exemple en remplaçant les dispositifs de freinage en cause.

Poursuivre les études pour mesurer l’impact sanitaire de la pollution

La qualité de l’air est un enjeu sanitaire déterminant, d’autant plus que certains nouveaux polluants ne sont pas encore réglementés. Le nouveau Plan Climat prévoit d’ici 2020 la mise en place d’études pour montrer l’importance de la qualité de l’air et du climat pour la santé, le bien-être et le lien social. Une étude a par exemple été lancée sur le nouveau Parc Rives de Seine en lien avec l’initiative Healthy Liveable Cities du C40.
AirParif a par exemple créé le Airlab, accélérateur de solutions innovantes pour la qualité de l’air. Le GUAPO, nouvel observatoire mondial des villes sur la qualité de l’air (créé par Airparif avec la Métropole du Grand Paris et l’OMS) devra évaluer et diagnostiquer les politiques afin de proposer de nouvelles actions en partenariat avec d’autres villes du monde.

En savoir plus

Pollution et qualité de l’air à Paris

Le plan Santé Environnementale de Paris

Agir. Mobilité et qualité de l’air : comment réduire l’impact de la pollution sur son trajet ?

Pollution de l’air: Paris, Enedis et Airparif lancent un dispositif inédit d’évaluation 

 

Nos prochains événements - Café climat

Actualités