Urbanisme

L’aménagement du territoire est essentiel pour la transition écologique, car c’est aujourd’hui que nous pensons les villes de demain. Le nouveau Plan Climat développe donc un volet urbanisme et y intègre par exemple les enjeux de la végétalisation et le critère de la neutralité carbone pour tout nouveau projet urbain.

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Publié le 04 novembre 2018
par Agence Parisienne du Climat

L’aménagement du territoire est un outil fondamental pour la transition écologique de la ville et pour améliorer le cadre de vie des Parisiens. En effet, les choix effectués aujourd’hui en matière d’aménagement auront des effets pour les cinquante prochaines années (et au-delà). C’est donc dès aujourd’hui qu’il faut prévoir les villes de demain. Le nouveau Plan Climat développe donc un volet urbanisme en y intégrant par exemple les enjeux de la végétalisation dans le Plan Local d’Urbanisme ou encore le critère de la neutralité carbone pour tout nouveau projet urbain.

De nouveaux quartiers vitrines de la transition écologique de Paris

A Paris, 10% du territoire est en renouvellement urbain. Ces territoires sont pour le Plan Climat des laboratoires, c’est-à-dire un moyen d’expérimenter de nouveaux modèles d’éco-quartiers, de tester différentes innovations. Par exemple sur l’utilisation des énergies renouvelables, sur le renforcement des transports pour relier ces zones, ou encore sur le développement des espaces végétalisés.

Les nouveaux éco-quartiers, comme la ZAC Fréquel-Fontarabie dans le 20ème arrondissement, ou la ZAC Clichy-Batignolles dans le 17ème, sont des vitrines de la transition écologique. Les expérimentations qui y ont été menées ont permis d’enrichir le Plan Local d’Urbanisme (PLU), c’est-à-dire le document de planification qui fixe les règles d’aménagement urbain. L’article 15, créé en 2016, est spécifiquement dédié à l’enjeu de la transition énergétique, et de l’adaptation des bâtiments aux effets du dérèglement climatique. Qu’est-ce-que cela implique concrètement ?

  • Des objectifs imposés aux professionnels du bâtiment : Les nouvelles constructions, travaux ou installations doivent obéir à des objectifs toujours plus ambitieux de performance énergétique, de production d’énergies renouvelables ou encore d’adaptation aux changements climatiques.
  • Renforcer la végétalisation de Paris : Le nouveau Plan Climat vise à renforcer les obligations de végétalisation des bâtiments parisiens, neufs ou non, dans le PLU.  Les murs, les toits et les surfaces sur dalle de Paris doivent être repensés dans cet objectif.

 Façade végétalisée du Musée du Quai Branly
Façade végétalisée du Musée du Quai Branly ​

Des outils opérationnels pour les professionnels de l’aménagement

Pour que l’approche de neutralité carbone devienne systématique dans l’aménagement et le renouvellement urbain de nouvelles exigences vont s’ajouter au travail des urbanistes.

Le nouveau Plan Climat prévoit que d’ici 2030 tous les nouveaux projets urbains seront neutres en carbone sur l’ensemble de leur cycle de vie. Les services, comme des stations de vélo, devront être pensés à proximité pour inciter les Parisiens à utiliser les mobilités douces.

La Ville de Paris voudrait aussi que les aménageurs urbains s’adaptent aux évolutions du climat. C’est-à-dire qu’ils anticipent les grands enjeux climatiques (canicules, fortes pluies, phénomènes d’îlots de chaleur). Ces exigences devront être incluses dans les cahiers des charges des grands projets urbains à Paris.

Pour faciliter l’élaboration de maquettes numériques de bâtiments et de quartiers, la Ville de Paris réalisera un système d’information géographique (SIG) en 3 dimensions d’ici 2020. Pour que le SIG 3D deviennent un outil au service de la transition énergétique et écologique, l’intégration de données sur les réseaux et les flux (en eau, ou encore en énergie) sera étudié, et permettra d’évaluer l’impact des projets urbains sur l’environnement. Les données produites informeront sur la performance énergétique réelle des projets, ou encore sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’autres impacts environnementaux. Cela permettra de fixer des obligations chiffrées.

L’Agence Parisienne du Climat et la Ville de Paris ont récemment collaboré à un projet européen « Urban Learning », aux côtés de 6 autres villes et capitales européennes. Le projet vise à améliorer la capacité des autorités publiques à planifier et à mettre en œuvre des politiques et des mesures en faveur de l’énergie durable dans les projets d’aménagement. Nombreuses sont les conclusions du projet qui ont alimenté des actions du Plan Climat.

Changement d’échelle

Adopter une approche de la transition énergétique à l’échelle du quartier permet de dégager des avantages qui n’existeraient pas à l’échelle du bâtiment : des économies d’échelle, de nouvelles offres de mobilité pour connecter ces zones, ou encore plus de cohésion sociale.

Par exemple, le nouveau Plan Climat prévoit la mise en œuvre de Zones de Rénovation Concertées (ZRC), permettant de mutualiser les projets de rénovation énergétique de bâtiments proches les uns des autres. Cela permettrait une mise en réseau des différents projets et de réduire les coûts des travaux par économies d’échelle.

 L’Agence Parisienne du Climat a participé à la création de ce dispositif de ZRC en identifiant, via le dispositif Coachcopro®, des îlots de copropriétés pouvant mener ensemble les démarches de rénovation, en mutualisant les coûts notamment. Le dispositif sera expérimenté dès 2018, pour un démarrage des travaux d’ici 2020 dans les premières ZRC. Le dispositif sera étendu à des ensembles de bâtiments plus énergivores d’ici 2030.

De nouveaux métiers pour gérer l’efficacité de ces quartiers

Le métier d’éco-gestionnaire pourrait voir le jour, notamment dans ces Zones de Rénovation Concertée, pour développer une cohésion et gérer la vie de quartier. Ses activités pourraient tourner autour de la végétalisation du quartier, assurer les prêts entre les habitants et la location de matériels (comme des vélos), ou encore veiller sur les personnes vulnérables lors de périodes de canicule… Une première expérimentation aura lieu dès 2018. L’Agence Parisienne du Climat aura son rôle à jouer dans la définition et la promotion de ce métier.

La maitrise d’usage, est aussi un enjeu majeur pour respecter les objectifs de performance environnementale qui ont été fixés pour le quartier. Il s’agit d’accompagner les usagers et les habitants dans leur appropriation du quartier et des bâtiments, notamment sur les questions énergétiques. Le métier de facilitateur énergétique sera expérimenté et devra, entre autres, fournir des recommandations techniques pour la transition énergétique, guider les usagers vers de nouvelles pratiques, coordonner et créer de nouveaux services dans le quartier, ou encore assurer la relation avec l’aménageur…. L’Agence Parisienne du Climat participera, grâce à son expertise, à l’émergence de ce métier et à la création d’un cursus obligatoire en partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville et l’Ecole des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP).

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