[Podcast Habiter Durable] Épisode 16 – Comment installer un local vélo dans mon immeuble ?

publié le 28 janvier 2026

9 min

Dans son podcast Habiter Durable, l'Agence Parisienne du Climat répond à toutes les questions que vous nous posez au quotidien, lors des permanences France Rénov’. Cet article vous propose une retranscription de l'épisode 16, qui aborde la question de l'installation d'un local vélo en copropriété.

Laury : « Bonjour et bienvenue sur Habitez Durable, le podcast de l’Agence Parisienne du Climat qui répond à toutes les questions que vous nous posez au quotidien sur les sujets de la rénovation énergétique, des économies d’énergie chez soi ou plus largement de la gestion écologique de votre immeuble à Paris. Aujourd’hui, nous abordons la question suivante : comment installer un local vélo dans mon immeuble ? Martin, conseiller France Rénov’ à l’Agence Parisienne du Climat, vous répond. »

Martin : « Mettre en place un abri vélo dans sa copropriété, c’est agir pour favoriser les mobilités douces des habitantes et habitants de l’immeuble et réduire les émissions de CO2 à Paris. Si l’installation d’abris vélos sécurisés est devenue obligatoire avec la loi Grenelle 2 dans les immeubles récents, rien n’oblige les copropriétés les plus anciennes à réaliser une telle installation au cours d’un projet de rénovation globale ou bien de manière isolée. À l’heure où les mobilités douces sont en plein essor et que les places de stockage deviennent rares, comment mobiliser ma copropriété autour d’un projet d’abri vélo sécurisé ? À quoi penser ? Comment gagner l’adhésion des copropriétaires ? Quel système installer ? Existe-t-il des aides financières pour alléger le coût de l’installation ? C’est ce que nous allons traiter dans cet épisode du podcast Habiter Durable. »

Laury : « Alors tout d’abord, par quoi commencer ? »

Les points importants pour la réflexion du projet

Le nombre de places

Martin : « Alors il est important de jauger l’adhésion des copropriétaires au projet et d’estimer le nombre de places nécessaires. Pour cela, il faut considérer le nombre de copropriétaires qui possèdent déjà un vélo, mais aussi ceux qui seraient désireux d’en posséder un et qui sont retenus par le manque de place notamment. Le meilleur moyen pour connaître cette information, c’est d’en parler à ses voisins et voisines et de recueillir les besoins et les attentes de chacun à ce sujet. Enfin, il faut aussi garder à l’esprit l’augmentation du nombre d’usagers au fil du temps. Prévoyez donc une installation légèrement surdimensionnée si vous le pouvez. »

Un usage du vélo au quotidien qui augmente

27 %

En 2024, 27 % des Parisiens et Parisiennes déclarent avoir augmenté leur usage du vélo pour les trajets du quotidien.

Laury : « Une fois qu’on a une meilleure idée du nombre de places nécessaires, que peut-on faire ensuite ? »

Martin : « Et bien, on peut alors commencer à réfléchir aux espaces. »

L’emplacement de l’abri

Martin : « Deux cas de figure :

Nous avons déjà un abri vélo dans l’immeuble

Si un abri vélo existe déjà mais qu’il est encombré, pensez à l’organisation d’un débarras. En annonçant une date précise et en communiquant suffisamment en amont, et si l’assemblée générale a approuvé la démarche, il vous sera possible de couper les antivols des vélos qui n’auront pas été étiquetés par leur propriétaire et de les donner à une association.

Nous n’avons pas d’abri vélo

Si aucun espace n’est déjà dédié à cet usage, il faudra alors identifier dans la copropriété le ou les espaces les plus propices à l’installation d’un abri vélo. Pour estimer cela, ayez à l’esprit qu’un vélo mesure 1 m 80 à 2 m de long et environ 60 cm de large. Deux options :

  • L’idéal, c’est un espace de rangement en intérieur. Ça empêche l’usure prématurée des vélos et permet davantage de sécurité. Un espace dégagé et accessible au rez-de-chaussée, par exemple, ou en premier sous-sol, une loge de gardiennage inutilisée, des emplacements de parking… Si vous disposez d’un espace qui sert de débarras, vous pouvez solliciter le conseil syndical et le syndic pour le vider et l’aménager.
    En tout cas, pensez à un éclairage suffisant, une signalisation d’évacuation et à un accès sécurisé par une porte avec serrure, un badge ou un code.
  • Si vous ne disposez pas d’un tel espace, un abri extérieur aura l’avantage d’être moins encombrant et peut-être plus spacieux. Un abri couvert permettra de protéger les vélos des intempéries. »

Laury : « Et quel type de système peut-on y mettre en place ? »

Les systèmes à installer

Martin : « La solution la plus simple et efficace est l’installation d’arceaux au sol. Ils peuvent prendre tout type de forme et permettent d’accrocher un vélo de chaque côté au moins. Si possible, veillez à utiliser un matériau solide et un diamètre fin pour faciliter l’utilisation d’antivols en U qui peuvent être petits.

Une solution moins commune mais pratique pour gagner de la place est l’installation d’attaches murales qui permettent de suspendre les vélos à la verticale. Cela nécessite un local d’au moins 2,40 m de hauteur, mais permet de ranger davantage de vélos si vous ne disposez que d’une petite surface au sol. Le rangement des vélos demande plus d’efforts pour certains et certaines, car il faut alors les soulever pour les accrocher. Des systèmes électriques existent pour pallier ce problème.

Si vous disposez d’un espace suffisamment grand et que vous avez besoin d’un grand nombre de places, la meilleure solution est celle du rangement à deux niveaux. En superposant les vélos, on maximise l’espace utilisé. Cela nécessite au moins 2,80 m de hauteur et 4 m de largeur. Et le deuxième étage peut être manuel ou automatisé.

Attention, il n’est pas rare de voir installer des rangements qu’on appelle pince-roues au sol. Ils ont l’avantage d’être peu encombrants, mais peuvent abîmer les vélos et ne garantissent pas une attache sécurisée. À éviter donc si possible. »

Laury : « Une fois que le projet est pensé dans son ensemble, quelles sont les prochaines étapes à suivre ? »

Solliciter des professionnels et convaincre les copropriétaires

Martin : « Une fois toutes ces questions abordées, la copropriété est prête à solliciter des devis auprès de professionnels pour prévoir l’aménagement de l’espace et l’installation du système d’attache. Il est important de solliciter plusieurs devis pour comparer les prix et donner le choix à la copropriété.

Le budget à prévoir peut être assez bas. Il faut compter par exemple 300 euros pour un système d’arceau au sol permettant de ranger 6 vélos. La TVA applicable est au taux réduit de 10 % pour cet aménagement.

Armé de ces informations, il faudra ensuite convaincre les copropriétaires de la nécessité et de la viabilité du projet. Le tout en amont de l’assemblée générale pour que chacun et chacune se familiarise avec ce qui est prévu. Pour soutenir le projet, n’hésitez pas à insister sur :

Il est important de retenir qu’en général, le règlement de copropriété interdit l’utilisation des espaces communs dans un but privé. Stocker son vélo dans une cour ou un couloir est donc en théorie interdit.

Le jour de l’assemblée générale, il faudra prévoir en plus du vote du projet, une résolution permettant la modification de l’usage des espaces communs ou du local concerné. »

Laury : « Et enfin, existent-ils des aides financières pour ce type de projet ? »

Les aides

Martin : « Alors oui, la Ville de Paris subventionne l’installation d’abris vélos, à plusieurs conditions :

Le montant de l’aide est fixé à 50 % du coût hors taxe des travaux et est plafonné à 2 000 euros. Sont compris l’abri en tant que tel et les systèmes d’attache, mais également les serrures ou le digicode.

Pour aller plus loin : l’identification d’un référent ou d’une référente vélo

Martin : « Pour favoriser le développement de ce projet, il peut être utile de trouver parmi les occupantes et occupants de la résidence un référent ou une référente vélo. L’idée, c’est d’être moteur de ce projet pour le voir mener à bien et d’être identifié par les copropriétaires pour répondre aux questions qu’ils pourront se poser tout au long de ce projet.

Alors, comment agir en tant que référent ? Tout d’abord en sensibilisant les copropriétaires et en communiquant autour des enjeux du vélo dans la copropriété. Ensuite, en organisant des évènements au sein de la résidence, comme un atelier d’autoréparation ou un débarras du local existant, en assurant le lien avec le conseil syndical et le syndic pour les différentes démarches à entreprendre, et enfin, en faisant le lien avec les associations locales et la Mairie pour relayer les dispositifs d’aides et les bons plans.

  • [Fiche] Gestion du vélo en copropriété

    Pourquoi le vélo a du mal à trouver sa place dans les immeubles ? Comment mettre en place de bonnes…

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Voilà,vous avez là un bon aperçu des étapes à respecter et des informations à garder en tête pour mener à bien un tel projet ! »

Laury : « Merci Martin. Si vous souhaitez en savoir plus ou recevoir des conseils personnalisés pour votre propre copropriété, n’hésitez pas à contacter l’Agence Parisienne du Climat sur son site apc-paris.com ou à vous rendre sur www.france-renov.gouv.fr pour trouver votre Espace Conseil. Si vous aimez ce podcast, n’hésitez pas à lui donner 5 étoiles sur votre plateforme d’écoute afin de le faire connaître au plus grand nombre. A bientôt !

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