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Des déchets électroniques toujours plus nombreux selon l'ONU

Les déchets électroniques : le flux qui connaît la croissance la plus rapide au monde

ConsommationClimat
Particulier
Publié le 30 Juillet 2020
par Agence Parisienne du Climat

Dans le dernier rapport de l’ONU, publié en juin 2020 et coordonné par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) et l’Université des Nations Unies (UNU), l’institution alerte sur l’augmentation inquiétante des déchets électriques et électroniques dans le monde. Quelle est la situation ?

En 5 ans, 21 % de déchets électriques et électroniques en plus

D’après l’ONU, les déchets électriques et électroniques (DEE), c’est-à-dire tous les équipements qui fonctionnent sur batterie ou sur secteur, se retrouvent de plus en plus rapidement au rebut. Selon elle, 53,6 millions de tonnes de DEE ont été produits en 2019, soit une hausse de 21 % en 5 ans. Si la tendance persiste, l’institution estime qu’ils atteindront 74 millions de tonnes en 2030.

Or, parmi ces 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques, seulement 17,4 % ont été collectés et recyclés dans une filière dédiée. Le reste, déposé en déchèterie, dans les bacs non-appropriés ou victimes de dépôts sauvages ne bénéficient pas du traitement et du recyclage requis pour optimiser leur fin de vie et limiter leur impact sur la santé et l’environnement.

Recycler les déchets électriques et électroniques, une solution pour le climat

Les équipements produisant du froid (réfrigérateur, climatiseur) contiennent des hydrofluocarbures (HFC), utilisés comme fluide frigorigène du fait de leur grande propriété d’absorption de chaleur. Or, ces hydrofluocarbures sont des gaz à effet de serre plus puissants que le CO2 et ils participent de ce fait au réchauffement climatique. Paul Hawken, un écologiste américain, estime d’ailleurs dans son livre Drawdown que la solution la plus efficace pour lutter contre le réchauffement climatique serait de recycler les gaz frigorigènes contenus dans appareils produisant du froid.

En 2019, environ 98 millions de tonnes d’équivalents CO2 ont été rejetées dans l’atmosphère par les réfrigérateurs et les climatiseurs mis au rebut, ce qui représente environ 0,3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre mondiales.

Des substances toxiques et délétères

Les DEE contiennent souvent des substances ou composants toxiques, notamment du mercure et les polychlorobiphényles (PCB) reconnus dangereux pour la santé humaine. Les PCB par exemple sont classés cancérigènes par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Or, du fait de leur stabilité et de leur faible capacité à se dégrader, les PCB persistent dans la nature pendant de longues périodes. Quant au mercure, celui-ci est suspecté d’endommager le cerveau humain et de perturber la reproduction et le développement.

Ainsi, lorsque ces déchets ne sont pas correctement pris en charge, ces substances se retrouvent dans l’environnement et contaminent la chaîne alimentaire en finissant par se retrouver dans nos assiettes.

Gaspillage des ressources et pertes économiques

Les équipements électriques et électroniques ont un fort potentiel de recyclage puisqu’ils contiennent des matériaux (métaux, verre, plastiques…) et métaux rares (or, argent, cuivre, platine…).

Lorsqu’ils ne sont pas collectés pour traitement et recyclage, ils sont incinérés : cela représente non seulement une perte de matières premières mais également une perte économique conséquente, chiffrée avec prudence à 57 milliards de dollars dans le rapport.

La prolifération des déchets électroniques

Cette augmentation des déchets électriques et électroniques dans le monde s’explique par :

  • une consommation accélérée de ces équipements dans le quotidien ;
  • leur facilité d’acquisition : coût, livraison ;
  • la réduction de leur durée de vie : innovation, obsolescence ;
  • l’impossibilité de les réparer : manque de pièces détachées, démontabilité.

Écran, lave-linge, téléphone, automobile ou encore sèche-cheveux se consomment et se renouvellent à une vitesse croissante. D’après l’étude de l’ONU, l’Europe serait même le plus grand producteur de ces déchets, proportionnellement à sa population, avec 16,2 kg par habitant en 2019. L’institution appelle ainsi à une meilleure gestion de ces déchets, alors comment s’y prendre ?

Diminuer à son échelle les déchets électriques et électroniques

Quels gestes adopter pour réduire l’impact de vos déchets électriques et électroniques ?

Réduire ses déchets à la source et faire réparer vos équipements en panne

Pour en savoir plus, consultez notre article Donner une seconde vie à ses biens.

Faire appel à un éco-organisme pour le traitement des déchets spécifiques

Il s’agit d’une structure à but non lucratif qui porte une mission d’utilité publique consistant à gérer la fin de vie des équipements électriques et électroniques. L’éco-organisme les collecte, les dépollue et les valorise. Il existe 3 éco-organismes agrémentés par l’État pour gérer les flux de ces déchets des ménages :

Vous souhaitez participer activement à la réduction des déchets dans la capitale ? Inscrivez-vous à notre défi de sobriété Déclics !

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