Défi Déclics : le portrait d’Anaïs et sa famille

publié le 20 avril 2022

10 min

Photo d'Anaïs durant un atelier DIY © Agence Parisienne du Climat
Photo d'Anaïs durant un atelier DIY © Agence Parisienne du Climat

Retrouvez le témoignage d’Anaïs, habitante du 15e arrondissement qui participe avec sa famille au défi Déclics, animé par l’Agence Parisienne du Climat. 

Anaïs s’est lancée dans le défi au sein de l’équipe « DJEPVA », avec pour objectif de réduire ses consommations d’eau et d’énergie ainsi que sa production de déchets d’au moins 10 %. Elle nous raconte son expérience du défi jusqu’à maintenant.  

Pouvez-vous vous présenter ?

« Je suis originaire de Chambéry en Savoie. Je suis venue à Paris pour mes études et cela fait maintenant plus de 20 ans que j’y vis. J’ai 41 ans, je vis en couple et avec deux garçons qui ont 6 et 10 ans. Deux garçons en appartement ce n’est pas toujours simple, nous partons assez souvent voir nos familles respectives. Lorsque que l’on est à Paris, on va à la piscine, jouer au foot au square, parfois au bois de Boulogne. Les week-ends sont très rythmés par les activités des enfants et les ami·es. »

Pourquoi avez-vous rejoint le défi Déclics ?

« Je suis très sensible à l’environnement, très préoccupée par le changement climatique et les conditions de vie dans lesquelles vont vivre nos enfants et petits-enfants. J’essaie aussi de sensibiliser ma famille. Il est clair que pour faire face au changement climatique, les gestes individuels ne suffiront pas, les solutions se jouent aussi au niveau des décisions politiques, de la règlementation, mais ça reste nécessaire et utile. Et de toute façon, nos modes de vie vont inévitablement changer donc autant s’y mettre le plus tôt possible ! 

Je me suis dit que le défi Déclics allait être une opportunité pour apprendre des astuces, partager des expériences, savoir sur quoi on pouvait s’améliorer.

J’avais entendu parler du défi mais je voulais voir en quoi cela consistait exactement. J’avais raté la période d’inscription lors de la précédente édition et je me suis donc inscrite pour l’édition 2021-2022.  »

Pratiquiez-vous déjà des écogestes avant le défi ? Si oui, lesquels ? 

« Je trie les déchets et je fais du compost. Je me suis acheté un Bokashi l’année dernière pour remplacer le lombricompost que je ne trouvais pas adapté à ma situation. Le problème c’est qu’une fois mon Bokashi plein et le « jus » récupéré pour mes plantes, je ne savais pas quoi faire de mon compost ! Il n’était pas possible de le mettre dans le jardin partagé dans le square à côté de chez moi. J’essayais de le mettre parfois à l’école maternelle de mon fils qui faisait aussi du compost mais ce n’était pas très pratique pour moi et pas très agréable pour la directrice. Maintenant il y a des poubelles de compost au marché, j’ai donc un endroit où le mettre.  

Bokashi est un mot japonais qui signifie « matière organique fermentée ». Né au Japon, le Bokashi est un engrais naturel, formé lors d’un processus alternatif au compostage. C’est un type de compostage adapté au milieu urbain. 

Je fais également en sorte qu’il n’y ait pas de gaspillage alimentaire et j’essaie de faire attention à notre consommation d’eau, même si ce n’est pas toujours évident avec mon fils qui chante et joue dans la douche et qui pourrait y passer des heures ! Bref, j’essaie de mettre des choses en place mais ce n’est pas facile quand il n’y a pas de solutions matérielles et d’infrastructures pour faciliter ces gestes. Et ce n’est pas simple non plus d’embarquer tout le monde dans cette logique ! 

Je me déplace aussi à vélo, malheureusement il est plus compliqué de mettre mes enfants sur le vélo à Paris. »

Quels nouveaux écogestes avez-vous mis en place depuis le début du défi ?

Grâce au défi, je pense que nous avons perfectionné notre tri des déchets et considérablement réduit la poubelle de tout-venant, en faisant encore plus de compost.

Je prends les fruits et légumes en vrac et on essaie de mettre tous les emballages dans la poubelle de tri également. Je pense qu’on pourrait réduire davantage ! Le problème, c’est qu’il faut embarquer tout le monde : les enfants, mon conjoint mais aussi la nounou, la femme de ménage, etc. et ce n’est pas vraiment évident. Quand je ne suis pas là, le tri n’est plus forcément fait et ça fausse les efforts et les résultats du défi. Je n’ai pas encore trouvé la bonne organisation.  

En ce qui concerne la consommation d’eau, on a essayé de réduire la durée des douches, de prendre l’habitude de couper l’eau quand on se lave les mains, mais n’ayant pas accès au compteur d’eau, nous ne savons pas si nous avons vraiment réduit nos consommations.  

Pour les économies d’énergie, je continue de me battre pour que tout le monde éteigne la lumière des pièces en sortant. Tous ces changements prennent du temps pour s’habituer. 

J’ai également commencé à faire du tri dans les placards pour nous débarrasser de tout ce qu’on n’utilise plus, mais cela aussi prend du temps, de trier et de trouver où les donner et où les vendre…  »

Avez-vous rencontré des difficultés pendant le défi ?

« Je ne sais pas comment réduire les emballages de la fromagerie, boucherie, de bouteilles de jus d’orange ou de lait, je n’ai pas encore le réflexe de ne pas demander de papier pour ma baguette… Je fais parfois moi-même du jus d’orange pressé mais plutôt le week-end, je n’ai pas le temps de le faire tous les matins. Je réduis les pots de yaourt en prenant des grands pots d’1kg aussi par exemple, mais ça ne suffit pas forcément. Du coup, nous avons du mal à réduire les emballages.  

Nous avons aussi rencontré des difficultés au niveau de l’aspect collectif du défi. Je n’étais pas capitaine d’équipe et nous ne nous sommes rencontrés qu’une fois avec mon équipe. Il n’y a pas eu beaucoup d’échange entre nous donc le défi s’est plutôt déroulé par foyer. Je pense qu’il faudrait faire des équipes par quartier idéalement mais surtout avec un nombre relativement important de personnes pour mieux ressentir la dynamique de groupe. »

Qu’est-ce que le défi Déclics a changé pour vous ?

Le défi m’a permis de prendre du recul sur nos pratiques, de prendre conscience de certains aspects de nos consommations.

« J’ai appris à faire moi-même des produits ménagers et cosmétiques en participant à des ateliers zéro déchet : de la lessive, un nettoyant multi-usage, du déo, un gommage.  

Photo d'éléments pour fabriquer des produits zéro déchet
Photo d’éléments pour fabriquer des produits zéro déchet

Photo prise lors d’un atelier DIY* à la Maison du Zéro Déchet © Agence Parisienne du Climat

Au-delà du zéro déchet, je me suis rendu compte que l’on peut faire des produits de manière très simple et de bien meilleure qualité pour la santé, je suis super contente de ces produits. Le déo par exemple est composé de deux ingrédients seulement et il est très efficace ! Comparé à la liste des ingrédients et des compositions chimiques des déodorants qu’on achète, c’est plus sain. Le gommage au marc de café que nous avons fait est top aussi ! »

J’ai beaucoup apprécié ces ateliers DIY* à la Maison du Zéro Déchet et les conférences qui ont été données à l’Académie du Climat [évènements organisés dans le cadre du défi avec les partenaires de l’Agence Parisienne du Climat].

Conférence Académie du climat
Conférence Académie du climat

Photo prise lors de la conférence de Pascale Baussant à l’Académie du Climat © Agence Parisienne du Climat

Quelle influence ont vos enfants dans votre démarche de sobriété ?

« Mes enfants sont assez sensibilisés à l’environnement, à la biodiversité, la pollution des océans, etc. mais le lien avec les gestes du quotidien n’est pas évident. La logique du tri des déchets n’est pas encore complètement devenue un réflexe. Pour donner un autre exemple, ils pensent souvent à éteindre la lumière mais ce n’est pas systématique non plus. »

Comment allez-vous continuer votre démarche après la fin du défi ?

« Je vais reprendre la liste des astuces pour économiser l’énergie pour continuer à les mettre en place petit à petit.  

Il faut aussi absolument que je trouve un système plus pratique pour nos poubelles car nous avons beaucoup de contenants différents dans une petite cuisine. Je vais également essayer d’embarquer davantage ma famille dans la gestion du tri des déchets. J’ai essayé de leur dire qu’on allait revenir aux mouchoirs en tissu, car les mouchoirs envahissent nos poubelles, mais ça leur parait surréaliste ! Finalement, on revient souvent aux gestes simples que faisaient nos parents ou grands-parents et la sobriété c’est ça, revenir à l’essentiel, à la simplicité. Je vais aussi continuer à faire mes déodorants, gommages, lessives maison. 

Je pense que cela pourrait être bien également que le défi porte sur les objets et vêtements, il y a beaucoup de pistes d’amélioration à ce niveau-là ! Je pense que ce serait très utile d’aider les gens à se débarrasser de ce qui ne leur sert pas au profit d’autres personnes. »

Pour aller plus loin

Le défi Déclics est un défi citoyen qui permet aux Parisien·nes qui souhaitent s’engager concrètement pour le climat, de se lancer. C’est en effet un défi ludique basé sur l’entraide, qui permet de comprendre ses consommations et son impact environnemental, pour le réduire ensuite, tout en réalisant des économies. Animé par l’Agence Parisienne du Climat, il donne pour objectif de réduire d’au moins 10 % sa consommations d’eau et d’énergie ainsi que sa production de déchets. Muni·es d’un kit de démarrage, les participant·es prennent les bons réflexes et mettent en place des écogestes qui leur permettent d’atteindre les objectifs fixés. Les 5 mois du défi sont ponctués d’évènements de rencontre, d’ateliers et de visites, ainsi que de newsletter régulières. 

Liens utiles

*DIY, ou Do it yourself = fabrication maison