Une réglementation environnementale pour la performance énergétique du bâti

publié le 02 juin 2022

5 min

Professionnel travaillant sur un plan © paulaphoto / Adobe Stock
Professionnel travaillant sur un plan © paulaphoto / Adobe Stock

La RE 2020 ou Réglementation Environnementale  2020 est entrée en vigueur pour toutes les constructions de logements neufs le 1er janvier 2022. Elle vient à la suite des réglementations thermiques qui se sont succédées depuis 1974. C'est, à la différence des précédentes, la première réglementation qui vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments et à réduire l'impact carbone de leur construction et de leur utilisation.

Des premières réglementations thermiques à la réglementation environnementale 

Pour expliquer la réglementation environnementale 2020 (RE 2020) il faut rappeler ce qu’est une réglementation thermique, son utilité et pourquoi elle a été créée. 

La première réglementation thermique, (RT) est entrée en vigueur en 1974. À l’époque, les constructions réalisées en grands nombres pour sortir la population des taudis, avaient une consommation de chauffage de 300 kWh/m².an. Face au premier choc pétrolier, la RT 74 visait à réduire les consommations de chauffage de 300 à 225 kWh/m².an. 

C’est après le deuxième choc pétrolier qu’est arrivée la RT 82, imposant aux bâtiments neufs une consommation maximale de chauffage de 170 kWh/m².an. Cette dernière avait un raffinement par rapport à la RT 74 : elle prenait en compte les déperditions liées au renouvellement d’air et tenait compte des apports de chaleur par les vitrages. 

La RT 88 a quant à elle comptabilisé les consommations d’énergie induites par la production d’eau chaude sanitaire. La consommation à ne pas dépasser est alors de 170 kWh/m².an. 

Le sommet de RIO de 1992 fait prendre conscience aux dirigeant·es du réchauffement climatique. En décembre 1997, la France ratifie le protocole de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le bâtiment étant responsable aujourd’hui d’environ 25 % de celles-ci, les réglementations suivantes ont été de plus en plus sévères et la réglementation applicable aux bâtiments existants a été mise en place, avec par la suite l’obligation d’isoler en cas de réfection de toiture et de ravalement. Ces lois permettent de lutter contre le réchauffement climatique et de réduire l’impact de la hause du prix l’énergie.

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Se sont suivies la RT 2000, la RT 2005 et la RT 2012. Chacune plus sévère… Si on compare la RT 74 à la RT 2012, on peut imaginer le chemin parcouru en presque 40 ans :

Si on compare la RT 74 à la RT 2012, on peut imaginer le chemin parcouru en presque 40 ans.
Si on compare la RT 74 à la RT 2012, on peut imaginer le chemin parcouru en presque 40 ans.

Si la RT 74 imposait de ne pas consommer plus de 225 kWh /m².an de chauffage, la RT 2012 imposait 50 kWh/m².an pour le chauffage, l’eau chaude, l’éclairage et l’énergie consommée par les auxiliaires, (ventilation, pompe de circulation de chauffage) !

La RE 2020, comme les autres réglementations thermiques, vise à diminuer les consommations d’énergie des futures constructions. La réduction serait de l’ordre de 10 à 20 % des consommations de la RT 2012, tout en prenant en compte de nouveaux postes que sont l’éclairage des parties communes, la consommation des ascenseurs et de la ventilation des parkings. 

La RE 2020 vise également à réduire le dérèglement climatique

Mais la dernière réglementation apporte une différence notable en comparaison des réglementations précédentes. Il s’agit d’une réglementation environnementale. En plus du volet énergétique, il s’agit de diminuer les émissions de gaz à effet des serre sur la totalité du cycle de vie des futurs bâtiments en incitant à recourir plus fortement aux énergies renouvelables et aux matériaux biosourcés stockant le carbone. 

Cette nouvelle règle permet de réduire l’impact de la construction sur le réchauffement climatique. Celui-ci ne devra pas dépasser des valeurs maximum. Ainsi, pour un futur bâtiment d’une durée de vie théorique de 50 ans, deux impacts carbones seront déterminés. : 

1. Le contenu carbone de l’énergie utilisée pour le fonctionnement du bâtiment

Les professionnel·les doivent choisir les systèmes les plus performants pour générer le chauffage et l’eau chaude. L’électricité ne sera plus possible et le gaz seul, le sera jusqu’en 2025. Après cette date, l’énergie gaz sera associée à des pompes à chaleurs ou sera utilisée par des chaudières hybrides possédant une chaudière à condensation couplée à une pompe à chaleur, le tout dans le même appareil. 

2. Le poids carbone de tous les éléments entrant dans la construction

Ainsi il faut lister tous les éléments constituant le bâtiment et renseigner à l’aide d’une base de données les informations relatives aux émissions de gaz à effet de serre entrainées par leur fabrication que les constructeurs ont renseigné dans une fiche de données environnementale et sanitaire (FDES)

C’est la somme des indices carbone de tous les éléments constitutifs du bâtiment qui est limitée. Libre aux professionnel·les de choisir les matériaux pour que le bilan final ne dépasse pas l’indice carbone totale du bâtiment. Ainsi le béton, à l’indice carbone important, devra être utilisé en moindre quantité, en le limitant aux fondations et au noyau du bâtiment. Il faudra privilégier par exemple pour les murs une ossature bois.
 

© Agence Parisienne du Climat
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