Le changement climatique

Les experts du climat sont formels : la terre se réchauffe et à un rythme soutenu. En cause, l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine humaine, avec pour conséquences des crises sanitaires, écologiques et humanitaires dont nous voyons les prémices. Malgré cela, la lutte contre le changement climatique est une véritable opportunité de transition vers une société bas carbone, créatrice d’emplois, d’innovations et de justice sociale à l’échelle locale et internationale.

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Publié le : 09 mars 2017

Qu’est-ce que le réchauffement climatique ? Définition.

Réchauffement, dérèglement, changement climatique… Quelles différences ?

Le réchauffement climatique est le constat d’une augmentation de la température terrestre moyenne sur de longues périodes. On parle aussi de changement climatique ou de dérèglement climatique car on note des changements importants dans les phénomènes climatiques : plus de canicules, ou inversement plus de précipitations, fréquence des tempêtes ou des ouragans plus élevée, etc. Il s’agit d’étudier et d’anticiper les variations de température pour l’ensemble du globe et sur des temps longs (étude du climat à grande échelle) et non la variabilité des températures à l’échelle de quelques jours ou sur une saison (prévisions météorologiques).

 

 

Les causes du réchauffement climatique : origine naturelle ou origine humaine (anthropique) ?

L’effet de serre, un phénomène naturel

Un tiers des rayons du soleil que reçoit la terre est renvoyé par elle dans l’atmosphère sous forme de rayonnement infrarouge ; les deux tiers restants étant absorbés par les océans et les sols. Des gaz naturellement présents dans l’atmosphère, comme l’ozone (O3), la vapeur d’eau (H20), le protoxyde d’azote (NO2), le méthane (CH4) ou le dioxyde de carbone (CO2), empêchent une partie de ce rayonnement de s’échapper dans l’espace et le renvoient vers la terre, ce qui la réchauffe. C’est l’effet de serre. Ce phénomène naturel nécessaire joue un rôle de régulateur du climat et permet à la terre d’avoir une température moyenne habitable (15°C au lieu de -18°C).

L’augmentation des gaz à effet de serre due aux activités humaines

Mais l’homme a modifié cet équilibre en envoyant de grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis les premières révolutions industrielles jusqu’à nos jours (effet de serre additionnel). Principalement du CO2 (77% des émissions) avec l’utilisation massive des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) mais aussi du méthane avec l’agriculture intensive et les décharges. En cause également la déforestation, les forêts ayant un rôle de captage du CO2 (puits de carbone). Depuis 1850, le CO2 a augmenté de 40%. Il était de 270 ppm (parties par millions) à la fin du 19e siècle. Il atteint les 400 ppm aujourd’hui, la plus forte concentration depuis 800 000 ans ! Sa présence dans l’atmosphère peut durer plusieurs centaines d’années. L’augmentation du dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) dans l’atmosphère est la principale cause du réchauffement climatique.

L’augmentation de la température moyenne

Résultat, la température moyenne à la surface de la planète est en constante augmentation. Elle a progressé d’environ 0,8°C depuis la fin du 19e siècle (2° à 4°C dans les régions polaires). Au rythme des émissions de CO2 actuelles, les scientifiques s’attendent à une augmentation entre 1,5° et 5,3°C de la température moyenne d’ici à 2100, si aucune mesure n’est prise, ce qui aurait des conséquences néfastes pour l’humanité et la biosphère. Ce qui suppose de réduire drastiquement les émissions de CO2, en limitant notamment l’utilisation des énergies fossiles.

 un automne caniculaire à Paris

Qu’est-ce que le GIEC ?

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a pour mission d’évaluer et synthétiser les nombreuses études sur le changement climatique publiées à travers le monde. Régulièrement, le GIEC produit des rapports d’évaluation qui constituent un état des lieux des connaissances scientifiques sur le changement climatique. Le dernier rapport a été publié en 2013-2014, avec la participation de plusieurs milliers de scientifiques de 170 pays. La production du GIEC constitue l’apport scientifique alimentant les négociations internationales sur le climat.

Les conséquences du réchauffement climatique

A l’échelle de la planète, une hausse de la température moyenne de 0,8°C a des conséquences considérables à l’échelle locale, à la fois sur les équilibres écologiques et sur nos sociétés.

Dérèglements météorologiques

Depuis des décennies à présent, météorologues et climatologues du monde entier observent les effets du réchauffement sur les phénomènes météorologiques : plus de précipitations ou plus de sécheresse, des épisodes caniculaires en hausse, augmentation et aggravation des phénomènes climatiques extrêmes : cyclones, tempêtes, ouragans…

Océans

Le réchauffement climatique entraîne une élévation du niveau des océans. En un siècle, l’augmentation atteint les 18 cm (dont 6 cm les 20 dernières années). Le pire scénario envisage une élévation jusqu’à 1 m d’ici à 2100. En cause, la fonte des glaces dans l’antarctique et le recul des glaciers.

Très préoccupant également : l’acidification des océans. La grande quantité de CO2 captée par les océans rend ces derniers plus acides avec de graves interrogations sur la capacité d’adaptation des coquillages, des récifs coralliens ou du plancton.

Biodiversité

L’augmentation des températures, les bouleversements des climats, des saisons, perturbent les écosystèmes, modifient les conditions et les cycles de reproduction des plantes. La raréfaction des ressources et les changements climatiques modifient les habitudes de vie et les cycles migratoires des animaux. On assiste déjà à la disparition de très nombreuses espèces, notamment des espèces endémiques ou, inversement, à l’intrusion d’espèces invasives qui menacent les cultures et les autres animaux. Le réchauffement climatique impacte donc la biodiversité. C’est l’équilibre des écosystèmes naturels qui s’en trouve modifié et menacé.

Les conséquences pour l’homme

L’homme n’est pas épargné par ces bouleversements. Le changement climatique a des conséquences sur l’économie mondiale. Il bouscule déjà les équilibres sociaux, sanitaires et géopolitiques dans de nombreuses régions du monde. La raréfaction des ressources (alimentaires, énergétiques,…) fait naître de nouveaux conflits. L’élévation du niveau de la mer et les inondations provoquent la migration des populations. Les petits états insulaires sont en première ligne. On estime à 250 millions le nombre possible de réfugiés climatiques en 2050.

Plus proche de nous, en France, un été caniculaire comme nous l’avons connu en 2003 (15 000 morts) deviendrait fréquent à la fin du siècle.  

Quelles solutions face au changement climatique ?

Comment réagir face au changement climatique ? Quelles solutions envisager ? Deux stratégies complémentaires sont déjà à l’œuvre à l’échelle internationale et à l’échelle locale : atténuer le réchauffement climatique en limitant les émissions et adapter les territoires aux effets du changement climatique.

Stratégie d’atténuation

Parmi les principaux secteurs émetteurs de GES, on trouve l’énergie (35%), les transports (14%), le l’agriculture (14%), le bâtiment (6%)… Dans ces secteurs, la révolution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est déjà en marche : développement des transports en commun, covoiturage, véhicules électriques, rénovation du bâti, bâtiment basse consommation (BBC), réduction ou optimisation des déchets et de l’eau…

Collectivités, citoyens — et, de plus en plus, les entreprises — veulent réduire leur impact sur l’environnement, faire des économies d’énergie et réduire leurs déchets.

Vous l’oubliez peut-être, mais en prenant votre vélo ou en réduisant votre facture de chauffage, vous luttez contre le réchauffement climatique !

A l’échelle internationale, les négociations entre les Etats progressent. Après la COP21 et l’Accord de Paris adopté par 195 pays (parmi les plus gros émetteurs de CO2 comme les Etats-Unis, le Canada, la Chine ou l’Australie), l’espoir se dessine de réduire les émissions de GES et de limiter à 2°C, voire 1,5°C, le réchauffement d’ici à 2100.

 ici un bus électrique de la RATP

Stratégie d’adaptation et de résilience

Mais le changement climatique est déjà là et produit des effets réels partout dans le monde. Il est donc nécessaire de s’adapter. Cela passe par la protection des biens et des personnes (plan canicule, plan inondation, lutte contre la précarité énergétique…), l’entretien et la préservation du patrimoine naturel (forêts, dunes, digues…) ou l’aménagement de l’espace urbain (ordonnancement urbain et bâti ; fontaines et points de rafraîchissement, espaces verts et végétalisation…).

La lutte contre le réchauffement climatique en France

En quelques dates

  • 2000 : premier programme de lutte contre le réchauffement climatique
  • 2004 : premier plan climat : naissance des plans climat-énergie territoriaux (PCET)
  • 2005 : objectif facteur 4 : division par 4 des émissions de GES entre 1990 et 2050
  • 2006 : stratégie nationale d’adaptation au changement climatique
  • 2010 : Loi Grenelle 2 2011 : plan national d’adaptation au changement climatique
  • 2014 : loi sur la transition énergétique pour la croissance verte
 

Depuis 2005, la France poursuit sa baisse des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre 497,8 Mt éq.CO2 (millions de tonnes équivalent CO2) en 2013, soit une diminution de -10,2 % entre 1990 et 2013. Cette politique forte en faveur du climat au niveau national permet à la France d’être aujourd’hui dans le peloton de tête des pays industrialisés les moins émetteurs de gaz à effet de serre (1,2% des émissions mondiales pour un PIB de 4,2% du PIB mondial).

Le réchauffement climatique à l’échelle de la ville

Les villes sont particulièrement concernées par le réchauffement climatique du fait de la densité des activités et des populations. A Paris, le climat change aussi. A la fois victimes du changement climatique et grandes émettrices de CO2, les villes sont aussi pourvoyeuses de solutions concrètes et innovantes. Qu’on songe simplement aux efforts entrepris depuis quelques années dans les secteurs du transport, du bâtiment ou de l’aménagement du territoire. Dans cette stratégie d’atténuation et d’adaptation, les villes jouent donc un rôle moteur. Paris y prend toute sa part avec son Plan Climat Energie Territorial (PCET). Elle se retrouve parmi les leaders des grandes capitales mondiales en la matière.

Informer, sensibiliser, conseiller les Parisiens sur les économies d’énergie et la rénovation énergétique, et accompagner la mise en oeuvre opérationnelle du plan climat énergie de la ville de Paris, telles sont justement les missions de l’Agence parisienne du climat.

Les opportunités d’une société bas carbone

Comment tendre vers des sociétés “zéro” carbone ou neutre en carbone quand notre modèle de développement repose encore majoritairement sur les énergies fossiles ? Les solutions existent. Elles passent par la transition énergétique et concernent tous les secteurs de l’économie, l’ensemble de notre système de production et de consommation. La lutte contre le réchauffement climatique représente une formidable opportunité, un gisement de développements et d’innovations tant sociétales qu’économiques.

Au niveau international, la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique sont des opportunités pour limiter les tensions et les conflits et tendre vers une justice sociale. De plus en plus de chercheurs montrent ainsi que les dérèglements climatiques (sécheresses, mauvaises récoltes) sont souvent des facteurs aggravants dans le déclenchement des conflits. Au niveau local, maîtriser les consommations énergétiques, en isolant notamment les logements, permet de faire baisser les dépenses des ménages et ainsi lutter contre la précarité énergétique.

Enfin, le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) est l’une des chevilles ouvrières de la transition énergétique et écologique.

La transition énergétique et la lutte contre le changement climatique doivent être compatibles avec un développement durable, c’est à dire socialement juste, économiquement viable et environnementalement sain.

 

 

 

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