[Lexique Canicule] Comprendre pour mieux s’adapter
Qu’est-ce qu’une canicule ? Une vague de chaleur ? Un dôme de chaleur ? Retrouver nos explications en image dans…
Télécharger (1489ko)Du fait de sa très forte densité urbaine et de l’accélération des vagues de chaleur, la Ville de Paris fait partie des plus vulnérables face au réchauffement climatique. Si des aménagements urbains sont mis en place pour atténuer et adapter la ville à ces effets, des actions concrètes sont également à mettre en place par les Parisiennes et les Parisiens au sein de leur logement.
Améliorer le confort de mon logement en été passe par des usages individuels et, si possible, des actions collectives en copropriété. Tour d’horizon des solutions.
À Paris, l’intensité des vagues de chaleur est renforcée par le phénomène « d’îlot de chaleur urbain ». Ce phénomène climatique propre aux villes se manifeste par un réchauffement local de l’air par rapport à sa campagne environnante. En cause plusieurs facteurs :
La température moyenne à Paris avant l’ère industrielle (1885) était de 10,7°, celle de 2010 de 13°, celle de 2050 devrait atteindre 13,5° et cette augmentation va continuer de façon accélérée dans les décennies à venir.
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Environ 18 nuits tropicales par an sont à prévoir à l’horizon 2050 (températures minimales ne descendant pas en dessous des 20°C), contre seulement 5 vers 2010 ! Le nombre de jours supérieurs à 30 °C passeraient eux de 14 à 22.
La fréquence et l’intensité des épisodes caniculaires vont fortement augmenter (épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée d’au moins 3 jours).
Qu’est-ce qu’une canicule ? Une vague de chaleur ? Un dôme de chaleur ? Retrouver nos explications en image dans…
Télécharger (1489ko)Une surmortalité est constatée lors des vagues de chaleur, particulièrement chez les personnes vivant au dernier étage d’un logement non-isolé.
Mais des symptômes nous touchent tous : manque d’énergie, manque de sommeil, « coup de chaleur », déshydratation… Lorsque le corps doit produire un effort pour réguler sa température (par la transpiration par exemple), on parle de « stress thermique ». Pour éviter des conséquences potentiellement fatales pour les individus à risques, il est important de limiter la surchauffe dans son logement.
Les logements ne sont pas toujours adaptés à ces fortes chaleurs, aussi nous vous proposons des solutions simples à mettre en œuvre chez vous pour éviter la surchauffe tout en ayant un impact limité sur l’environnement.
Le rayonnement solaire est la principale source de chaleur dans un logement : il représente environ 50 % de l’apport en chaleur, et l’équivalent d’un radiateur par fenêtre. Si vous en disposez, il est donc important de fermer vos protections solaires (volets, stores, brise-soleil) dès que le soleil tape sur votre vite, afin de bloquer ce rayonnement. A défaut, fermer des stores ou rideaux intérieurs permet, dans une moindre mesure que les protections extérieurs, de réduire l’apport de chaleur.
Si votre logement n’en est pas équipé, pensez à installer des protections solaires extérieures, plus efficaces que les intérieures car elles évitent l’effet de serre derrière la vitre. Différents types existent, les stores ou volets à projection (type stores banes) seront par exemple adaptés pour les façades sud et ont l’avantage de laisser passer la lumière, les volets occultants seront plus adaptés pour une chambre que pour une pièce de vie.
Pour les situations d’urgence, vous pouvez bloquer le rayonnement solaire en appliquant une couverture de survie ou du blanc de meudon sur l’extérieur de la fenêtre.
Si vous ne pouvez pas installer des stores ou des volets, les films de protection solaire apportent une réponse plus simple à mettre en œuvre. En filtrant les rayons du soleil, ils empêchent une partie des infrarouges de traverser la fenêtre, réduisant la température de la pièce, en laissant passer une grande partie de la lumière. Attention à bien les poser sur la vitre extérieure.
Ces films ne sont pas facilement repositionnables et il faut savoir qu’ils peuvent aussi limiter l’apport de chaleur en hiver, il convient donc de privilégier les protections présentées précédemment.
Le chaud migre toujours vers le froid, aussi dès que la température extérieure est plus fraîche que la température intérieure ouvrez largement vos fenêtres. Aérer pendant les heures fraîches (tôt le matin, en soirée et la nuit) est une manière naturelle de rafraîchir l’espace de vie. Quand les ouvertures du logement le permettent, il est conseillé de créer un courant d’air en ouvrant des fenêtres sur différentes façades, si possible opposées. Si le logement est mono-orienté, il est possible d’accroître le débit d’air en plaçant un ventilateur face à la fenêtre.
On peut aussi (lorsqu’on est chez soi) laisser sa porte d’entrée ouverte sur le palier pour évacuer la chaleur du logement. Les parties communes (sans fenêtres) sont souvent beaucoup plus fraiches. Celles-ci peuvent elles-mêmes être rafraîchies dans certains cas en ouvrant les sous-sols.
Cette pratique est essentielle, notamment lorsque les vagues de chaleur durent plusieurs jours, pour décharger la chaleur accumulée dans les parois à forte inertie.
Attention néanmoins à ne pas ouvrir votre fenêtre lorsque la température extérieure est plus élevée que celle de votre logement ! En pensant créer un « courant d’air », on fait rentrer de l’air chaud.
Le ventilateur est un bon moyen pour ressentir une sensation de fraîcheur grâce au brassage de l’air. Cela permet de profiter de l’effet d’un courant d’air sans ouvrir sa fenêtre. Les ventilateurs portables ou plafonniers sont précieux pour créer de la fraîcheur spécifiquement au cours des heures les plus chaudes de la journée quand l’ouverture des fenêtres n’est pas recommandée.
A noter qu’il est inutile de laisser tourner un ventilateur quand une pièce est vide, car celui-ci ne fait que brasser l’air.
Dans les grands espaces il peut être envisagé de placer un brasseur d’air au plafond, plus puissant et avec une capacité de ventilation supérieure. Sa consommation d’énergie et le bruit qu’ils génèrent ne sont pas adaptés à toutes les situations.
On retrouve parfois le conseil de placer un linge humide devant le ventilateur, mais cette pratique est peu efficace, d’autant qu’elle augmente le taux d’humidité.
Il est conseillé d’humidifier sa peau et de se baigner régulièrement pour faire baisser la température du corps. Particulièrement à l’intérieur des coudes et des genoux, les pieds (par exemple en mettant une bassine pour ses pieds) et la tête (en portant un couvre-chef mouillé). Cette stratégie est encore plus efficace lorsqu’elle est combinée à l’effet brise d’un ventilateur ou d’un brasseur d’air ! La brise accélère l’évaporation sur une peau humide, et donc son effet rafraîchissant.
Il est également recommander de porter des vêtements amples.
Ces appareils vendus dans le commerce reposent sur le principe adiabatique : en s’évaporant, l’eau consomme des calories et rafraîchit l’air ambiant. Grâce à un tampon humidifié en permanence, ils aspirent de l’air chaud et rejettent de l’air rafraîchit. Ils consomment de l’eau mais beaucoup moins d’électricité qu’un climatiseur, sont moins coûteux et n’utilisent pas de fluides frigorigènes. En revanche leur effet est limité : la puissance de ces rafraîchisseurs d’air permet de gagner 3 à 4 degrés dans une pièce de 15 m². Attention aussi à aérer régulièrement pour évacuer l’humidité. Il convient de choisir le bon modèle, adapté à sa pièce et ses besoins..
Des modules de refroidissement adiabatique existent, intégrant un système indirect qui refroidit l’air sans augmenter l’humidité grâce à un échangeur. Il nécessite d’installer un module raccordé à l’eau sur un mur, et de percer la façade et de créer des grilles de ventilation à l’extérieur. Il permet de rafraîchir un espace de 30 m².
L’achat de climatiseurs, qui permettent de refroidir l’air rapidement, se développe. Mais cette solution, nécessaire dans certains cas, notamment pour protéger les publics les plus fragiles (personnes âgées, jeunes enfants…) , comporte des inconvénients majeurs :
Plutôt que d’être le premier réflexe quand on a chaud chez soi, le recours à la climatisation doit être une solution de complément, si les solutions passives ne consommant pas ou que très peu d’énergie sont insuffisantes. Elle doit être utilisée avec sobriété : pas en dessous de 26 °C et sans dépasser 10 °C de différence entre l’intérieur et l’extérieur, aussi bien pour des questions de consommations d’énergie que de santé.
Si vous devez installer un climatisateur, évitez si possible les climatiseurs mobiles. Très faciles à installer, ils sont aussi peu efficaces, nécessitent une ouverture pour faire passer la gaine qui évacue l’air chaud, bruyants et très énergivores. Il est préférable de s’orienter vers des climatiseurs fixes, installés par un professionnels, qui nécessitent de percer un trou dans la façade. Il est possible d’opter pour une pompe à chaleur réversible, permettant aussi de chauffer le logement en hiver. L’ADEME donne des conseils pour faire le bon choix.
La végétation est un moyen naturel de rafraîchir : sur le balcon, les rebords de fenêtres, dans la cour… Il est intéressant de se procurer des plantes à fort taux d’évapotranspiration et de les arroser le soir pour profiter de leur fraîcheur.
Il est également possible d’arroser le sol du balcon. Attention toutefois : il est préférable pour cela de réutiliser l’eau (du lavage des légumes par exemple) pour éviter la surconsommation de l’eau potable, surtout en période de sécheresse.
Il est conseillé de réduire au maximum tout apport de chaleur dans le logement : cuisine, eau chaude, appareils électriques et électroniques rejettent beaucoup de chaleur.
Cuisiner chaud va contribuer à réchauffer la pièce, notamment par l’utilisation des plaques de cuisson, fours, micro-ondes, etc… Il est donc conseillé de limiter l’utilisation de ces appareils et de consommer des plats qui nécessitent moins de cuisson ! Privilégiez les repas froids et programmez la cuisson aux heures les moins chaudes.
Un sèche-linge classique monte à 80 °C, cette chaleur sera diffusée dans le logement. Il est préférable en été de faire sécher son linge sur un étendoir. Cela peut aussi rafraîchir le légèrement le logement sur le principe de l’adiabatique, mais attention à ne pas faire monter le taux d’humidité, qui aggrave la sensation de chaleur. Le mieux est d’étendre son linge le soir et de le faire sécher pendant la nuit avec la fenêtre ouverte. En plus, cela permet des économies d’énergie !
Quand ils sont allumés ou en mode veille, les appareils électroniques tels que les ordinateurs, téléviseurs, smartphones, boxs, etc. émettent de la chaleur. Eteignez-les dès que vous n’en n’avez pas l’usage.
Il peut être aussi judicieux de limiter l’utilisation d’eau chaude, pour la cuisine ou encore la douche. Un tuyau d’eau qui transporte l’eau chaude sanitaire entre la chaudière et les robinets peut faire office de petit radiateur à cause des déperditions de chaleur. Nous vous conseillons ainsi de calorifuger (isoler) les tuyaux qui acheminent l’eau chaude sanitaire dans votre logement grâce à des manchons de protection.
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Télécharger (279ko)Si les solutions que nous avons énoncées permettent de contribuer à rafraîchir les logements sur le moment. Il est également important d’avoir une vision à long terme dans le cadre du changement climatique et de la multiplication des jours de canicules.
Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour mieux résister à la chaleur :
Bien isoler les façades et la toiture de son bâtiment empêche la chaleur de s’introduire par les parois opaques, en plus de limiter les déperditions thermiques l’hiver. Si la structure a une faible inertie, il peut être intéressant de la compléter avec des matériaux biosourcés, mais il convient de privilégier la résistance thermique.
Installer une peinture réfléchissante en toiture, peut faire gagner quelques degrés aux logements sous la toiture, si celle-ci est mal isolée. Mais cette solution n’est pas à généraliser car elle augmente les besoins de chauffage en hiver. Il faut donc privilégier l’isolation, efficace en toute saison. La peinture réfléchissante est pertinente à court terme lorsque des logements sont les combles deviennent inhabitables pendant les canicules.
La végétalisation comporte aussi d’autres bénéfices : pour la biodiversité, une meilleure gestion des eaux de pluie et la qualité paysagère de l’immeuble.
Pour se préparer aux étés très chauds à venir, il peut être intéressant d’envisager d’installer un système de refroidissement à l’échelle de l’immeuble, notamment en cas de rénovation globale. Cela permettra d’éviter de devoir recourir en urgence à de la climatisation individuelle qui sera plus énergivore, et de mutualiser les coûts et l’espace nécessaire. Plusieurs options existent, dont le potentiel et la complexité de mise en œuvre dépendront des caractéristiques du bâtiment.
Qu’est-ce que l’îlot de chaleur urbain ? Quels sont ses enjeux dans le contexte parisien ? Comment adapter les territoires…
Télécharger (1929ko)La Ville de Paris a mis en place le dispositif Éco-Rénovons Paris+, qui propose aux copropriétés parisiennes un accompagnement gratuit et personnalisé ainsi que des aides financières pour la réalisation d’un projet de rénovation globale. Des primes pour intégrer des actions d’amélioration du confort des logements en période estivale sont également disponibles afin de contribuer à adapter la ville au changement climatique, et protéger les Parisiennes et Parisiens des fortes chaleurs.
Éco-Rénovons Paris+ : des aides pour adapter les logements aux fortes chaleurs