Bulletin climatique parisien : un printemps 2026 de tous les records, entre chaleur inédite et sécheresse

publié le 07 juillet 2026

4 min

Sécheresse à Paris / © Guillaume Bontemps / Ville de Paris

Comme chaque saison, l’Agence Parisienne du Climat et Météo-France vous présentent leur bulletin climatique, une synthèse permettant de mieux comprendre les données relevées à Paris. Retour sur le printemps 2026, qui s’inscrit dans une dynamique extrême, entre records de chaleur et d’ensoleillement, et sécheresse préoccupante des sols franciliens.

Un printemps historiquement chaud

Le constat est sans appel : le printemps 2026 est le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures à Paris, en Île-de-France et à l’échelle nationale (+1,7 °C).

À la station de Paris-Montsouris, la température moyenne saisonnière s’est établie à 14,4 °C, soit une anomalie de +2,1 °C par rapport à la normale.

Ce printemps surpasse ainsi les précédents records de 2011 (+2,1 °C par rapport à la normale actuelle 1991-2020, mais avec des extrêmes moins marqués) et de 2020 (+1,5 °C).
Il est frappant de constater que les 10 printemps les plus chauds ont tous été observés après l’an 2000, confirmant l’accélération du dérèglement climatique.

Évolution annuelle des températures moyennes printanières de Paris-Montsouris, comparées
aux normales  (1991-2020) – © Météo-France

Pluviométrie : un mois d’avril historiquement sec

Si le cumul saisonnier de précipitations à Paris-Montsouris semble proche de la normale (170,3 mm, soit + 6 % d’excédent pluviométrique par rapport aux normales printanières), cette moyenne masque de fortes disparités mensuelles. Le fait marquant de ce printemps est le mois d’avril, le plus sec jamais enregistré sur la région francilienne, accusant un déficit pluviométrique de 85 % en moyenne. Ce manque d’eau a succédé à un mois de mars globalement dans les normes dans la région.

Le mois de mai a offert un contraste saisissant avec un excédent de 20 % sur la région, les épisodes pluvieux se concentrant principalement du 1er au 19 mai. Un orage survenu le 10 mai a, à lui seul, remonté significativement les indicateurs, déversant jusqu’à 55 mm de pluie en 24 heures sur certaines zones de Paris et de sa petite couronne. Cependant, la fin du mois s’est déroulée sous un temps totalement sec.

Cumul quotidien des précipitations à la station de Paris-Montsouris du 1er mars au 31 mai 2026 – © Météo-France

La sécheresse des sols s’installe

Conséquence directe de ce mois d’avril exceptionnellement sec et ensoleillé, une sécheresse printanière des sols superficiels s’est installée. Paris n’a connu que 4 jours de ciel entièrement couvert sur l’ensemble de la saison, un record historique d’ensoleillement ayant même été battu dès le mois de mars aux stations de Montsouris et de Longchamps. Le ponctuel répit apporté par les intempéries de début mai a été insuffisant pour un retour aux normales, les régimes d’averses violentes pénétrant moins efficacement dans les sols que des pluies régulières.

Un dôme de chaleur inédit en mai

Cette année 2026 a connu le mois de mai le plus chaud jamais enregistré. Il a été marqué, durant ses dix derniers jours, par la mise en place d’un dôme de chaleur durable, propulsant les températures entre 30 et 35 °C. Ce gain fulgurant de 15 °C en seulement 4 jours a déclenché une vigilance orange canicule par Météo France, un évènement d’une précocité alarmante.

Le dôme de chaleur

Le dôme de chaleur est un phénomène où les hautes pressions réchauffent l’air et bloquent la circulation des masses d’air. La chaleur se retrouve alors piégée sur le territoire comme si l’on fermait un couvercle sur une casserole.

L’effet d’îlot de chaleur urbain a par ailleurs limité la baisse des températures nocturnes, culminant le 30 mai avec un record mensuel absolu pour la station Montsouris depuis son ouverture en 1872 : une température minimale de 21,7 °C. Ces conditions extrêmes, combinées à un fort ensoleillement, ont favorisé un épisode précoce et persistant de pollution à l’ozone (O3) sur la région, alertant les autorités sanitaires.

Ce qu’il faut retenir

Le printemps 2026 illustre de manière frappante les extrêmes climatiques auxquels notre territoire est de plus en plus confronté : des chaleurs précoces et intenses, une répartition inégale des précipitations et une sécheresse des sols qui s’installe durablement. Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour atténuer le changement climatique tout en adaptant les territoires constitue donc une priorité, bien identifiée à Paris dans le Plan Climat 2024-2030.