Été 2026 : la saison de tous les records

publié le 10 septembre 2026

7 min

© Tiphaine Grégoire

Cet été est inédit : des records de chaleur, de sécheresse, de faible humidité et d'ensoleillement ont tous été battus en Île-de-France. À Paris, juillet 2026 est notamment devenu le mois le plus chaud et le plus ensoleillé jamais enregistré.

Quatre vagues de chaleur se sont succédées au cours de l’été, pour une durée cumulée de 45 jours. Paris a connu 39 jours au-dessus de 30 °C et 20 jours au-dessus de 35 °C. Les conséquences ont été nombreuses : plus d’une douzaine de nuits tropicales consécutives en juin, un incendie majeur à Fontainebleau, quatre épisodes de pollution à l’ozone et plus de 7 000 décès excédentaires à l’échelle nationale. 

De nombreux records de chaleur battus 

Les Parisiennes et les Parisiens viennent de vivre leur été le plus chaud jamais enregistré. La température moyenne régionale s’est établie à 22,6 °C, soit 3,7 °C de plus que la normale 1991-2020, et 1,3 °C de plus qu’en 2003. 

© Alice Daubrée / Agence Parisienne du Climat

Le 24 juin a vu tomber plusieurs records de chaleur. À la station Montsouris, la température maximale a atteint 40,6 °C, un record mensuel pour la station. À la station Luxembourg, 42,2 °C ont été relevés, établissant un nouveau record absolu. Dans la nuit du 24 au 25 juin, la température n’est pas descendue sous 27,8 °C à la station Luxembourg ni sous 26,4 °C à celle de Montsouris, établissant deux nouveaux records absolus de température minimale.

Le mois de juillet a battu deux records mensuels : celui de la température maximale moyenne (30,9 °C, soit +5,2 °C par rapport à la normale) et celui de la température minimale moyenne (22,9 °C).

L’été 2026 illustre une tendance attendue du changement climatique : des vagues de chaleur plus précoces, plus longues, et plus intenses.

Du 16 juin au 28 juin, Paris a subi une canicule exceptionnelle, marquée par 12 nuits tropicales (au-dessus de 20 °C) consécutives et six jours de vigilance rouge canicule.

Au total, quatre épisodes caniculaires se sont succédé pour une durée cumulée de 45 jours en Île-de-France. Paris a connu 39 jours au-dessus de 30 °C, 20 jours au-dessus de 35 °C et 2 jours au-dessus de 40 °C. À titre de comparaison, l’été 2003 n’avait connu « que » 10 jours au-dessus de 35 °C, contre 5 en 2022. 

Les canicules de l’été 2026 furent particulièrement meurtrières. Au 22 juillet, après les 2 premières vagues de chaleurs, Santé publique France estimait à plus de 7 000 le nombre de décès excédentaires en France, dont au moins 2 140 en Île-de-France. En juin, la surmortalité francilienne a dépassé 80 %, ce qui en fait la plus élevée du pays. Cette vulnérabilité s’explique par le phénomène d’îlot de chaleur urbain et des logements inadaptés aux fortes chaleurs.

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Vagues de chaleur sur la période de 1940 – 2026, chacune représentée par une bulle. En ordonnées figure son intensité, correspondant à la température moyenne du jour le plus chaud de l’épisode. La taille des bulles correspondant à la sévérité, indicatrice de la quantité de chaleur perçue durant tout l’épisode.

Un effet anticyclonique

L’enchaînement de vagues de chaleur est lié à des conditions anticycloniques particulières. Durant l’été, une vaste zone de hautes pressions s’est maintenue au-dessus de la France. On peut l’imaginer comme un ballon de baudruche qui se dégonfle lentement au-dessus du pays : l’air descend vers le sol, où la pression plus élevée le comprime et le réchauffe. Dans le même temps, les vents circulent autour de cette zone de hautes pressions, limitant l’arrivée d’air plus frais au cœur du système. Ces « anticyclones » empêchent également la formation des nuages et bloquent le passage des perturbations. 

Dôme de chaleur

Lorsque cette situation persiste, la chaleur s’accumule progressivement sur le territoire pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines : on parle alors de « dôme de chaleur ».

L’été 2026 a été marqué par des conditions anticycloniques anormales particulièrement persistantes. Pendant plusieurs semaines, les perturbations ont eu du mal à traverser le pays, favorisant un temps chaud, sec et très ensoleillé. 

Mais si l’été a été si chaud, c’est aussi parce que ces conditions météorologiques sont apparues dans un climat fortement réchauffé par les activités humaines !

Représentation d’une dépression et d’un anticyclone dans l’hémisphère Nord

Un été sec malgré quelques orages

L’Île-de-France vient de connaître son deuxième été le moins pluvieux depuis 1960, derrière 1976, une année marquée par une terrible sécheresse. Le déficit régional de précipitations en cumul dépasse 52 %. En juillet, le cumul de pluie était 85 % plus faible qu’un mois de juillet normal ! 

Les précipitations ont été concentrées sur très peu de temps. À Paris-Montsouris, seuls 66 mm de pluie ont été relevés cet été, soit 39 % de la normale 1991 – 2020. Plus de la moitié de ce cumul est tombée en seulement quatre jours : le 2 juin (9 mm), le 19 août (7 mm), le 27 août (15 mm) et le 29 août (5 mm).  

Le 27 août, de violents orages ont éclaté sur la région. Grêle, activité électrique soutenue, pluies intenses et vents violents ont été signalés. À Nangis, une rafale de 142 km/h a été enregistrée, tandis qu’à Neuilly-sur-Marne, 15 mm de pluie sont tombés en seulement 6 minutes. 

Là encore, le changement climatique, qui intensifie le cycle de l’eau, est en cause. L’évaporation et les précipitations s’intensifient simultanément, ce qui contribue à la rapidité et à l’extrême localisation des épisodes orageux observés cet été. 

Quantités quotidiennes de précipitation mesurées à Paris-Montsouris du 1er juin au 31 août 2026.

Une sécheresse des sols record 

Avec cette forte localisation des précipitations et une chaleur presque constante, la sécheresse des sols s’est aggravée tout au long de l’été. Entre le 18 juillet et le 20 août, l’indice d’humidité des sols a atteint ses niveaux les plus bas jamais observés pour cette période de l’année. 

Cette sécheresse a affecté la végétation comme les sols, favorisant les départs de feu. Elle a notamment contribué à l’incendie exceptionnel de Fontainebleau entre le 12 et le 14 juillet. 

L’été le plus ensoleillé 

Avec 912 heures de soleil, soit 142 % de la normale, l’été 2026 devient également le plus ensoleillé jamais observé à Paris. Juillet est lui aussi devenu le mois le plus ensoleillé de l’histoire des mesures, avec 165 % de la normale. 

Cet ensoleillement exceptionnel, combiné aux vagues de chaleur, a conduit à quatre épisodes de pollution à l’ozone. Ce polluant se forme sous l’effet du rayonnement solaire et de la chaleur à partir d’émissions provenant notamment du trafic routier et de certaines activités industrielles. Il est nocif pour la santé humaine et peut provoquer des difficultés respiratoires, en particulier chez les personnes les plus vulnérables.

En conclusion

Les extrêmes observés durant l’été 2026 auraient été quasi impossibles sans le changement climatique d’origine humaine. Pourtant, un été comme celui de 2026 constitue un événement extrême dans le climat actuel. À l’horizon 2050, un tel été deviendrait nettement plus probable mais resterait remarquable. À la fin du siècle, dans un scénario de réchauffement proche de +4 °C en France, un été de type 2026 se rapprocherait davantage de ce qui pourrait devenir la norme. De nouveaux extrêmes, plus sévères encore, deviendront possibles. Certains scénarios font apparaître des étés avec une température moyenne régionale atteignant 28 °C et des déficits de précipitations dépassant 80 %.

Le changement climatique ne se traduit pas par une simple hausse linéaire des températures, mais par un dérèglement qui accentue les extrêmes et augmente leur probabilité. Les vagues de chaleur, les sécheresses et les records d’ensoleillement deviennent ainsi plus fréquents et plus intenses, tout en laissant subsister une forte variabilité d’une année à l’autre.