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Une année 2020 particulièrement dense

2020, année la plus chaude à Paris depuis 1900

Climat
ParticulierProfessionnelPresse
Publié le 01 février 2021
par Agence Parisienne du Climat

Chaque saison contribue à faire de 2020 une année «très chaude». La température moyenne est de 14,3°C, quand la normale est à 12,4°C. L’année est aussi très ensoleillée, en raison d’un printemps particulièrement exposé. Le cumul de précipitations annuel correspond à la normale. Toutefois, la répartition des jours de pluie est contrastée : on note de fortes pluies en octobre et décembre, et une sécheresse météorologique importante en juillet. 

La température est le paramètre marquant de cette année 2020

Avec 14,3°C de température moyenne, 2020 se hisse au 1er rang des années chaudes devant 2018 (avec 13,9°C). Les 7 années les plus chaudes depuis 1900 se positionnent dans la dernière décennie.

Depuis 1900, l’année 2020 détient conjointement les records :

  • de température minimale moyenne (10,3°C) ;
  • de température maximale moyenne (18,3°C). 

Relevé des années les plus chaudes d'après les mesures de la station météo de Paris-Montsouris

Graphique représentant les années les plus chaudes, d’après les relevés de la station météo de Paris-Montsouris (Source: Météo-France). 

L’année 2020 se place sur de nombreux autres podiums

  • Il n’y a eu que 6 jours de gel en 2020, ce qui en fait la 3e année où le nombre de jours de gel a été le plus faible derrière 1974 et 2014 ;
  • On relève 82 jours chauds (température maximale supérieure ou égale à 25°C), soit un 3e rang pour cette année derrière 1947 et 2018, année de record absolu avec 98 jours ;
  • Avec un total de 8 jours extrêmement chauds, 2020 se range au 3e rang des années comportant le plus de jours où la température maximale était supérieure ou égale à 35°C, derrière 1911 (11 jours) et 2003 (10 jours) ;
  • Le mercure a atteint 39,3°C le 31 juillet. Il s’agit de la 5e valeur maximale annuelle derrière celles atteintes en 2003 (39,5°C), en 2015 (39,7°C), en 1947 (40,4°C) et en 2019 (42,6°C).
Le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) a annoncé que l’année 2020 a rejoint 2016 sur la plus haute marche du podium des années les plus chaudes dans le monde depuis 1850. Les températures élevées de cette année 2020 n’ont donc pas concerné seulement la région parisienne.

Les autres événements marquants de l’année 2020

La saison 2019/2020 est la 2e saison la plus tempétueuse depuis 1980

On comptabilise 12 tempêtes du 28 janvier au 5 mars 2020 (dont Ciara le 10 février) avec une série remarquable de 6 tempêtes en 7 jours. Il s’agit à chaque fois de tempêtes d’une sévérité modérée sans gros impacts. Les tempêtes Ciara (9 février 2020), Bianca (27 février 2020) ainsi que l’épisode orageux du 12 août 2020 ont occasionné des rafales dépassant les 100 km/h. La vitesse maximale, 116 km/h, est atteinte le 27 février au passage de Bianca. 

Une période de sécheresse importante

L’indicateur de sécheresse météorologique estivale (qui correspond à un déficit prolongé de précipitations), révèle que la période de juin à août a été extrêmement sèche sur le secteur parisien ainsi que sur l’ouest et le nord de l’Île-de-France. Par contraste, février, octobre et décembre totalisent 46% des jours de pluie. Le cumul des précipitations à l’année correspond à la normale.

Pour les précipitations annuelles, quel que soit le scénario considéré, les modèles prévoient pour les décennies à venir, « peu d’évolution ». Mais les pluies d’une intensité extrême, génératrices de crues, devraient être de 1,5 à 2 fois plus fréquentes qu’à la fin du siècle passé.

Le 2e Noël le plus «froid» de la décennie, pourtant très doux

Les températures du 2e Noël le plus «froid» de la décennie reflètent pourtant une certaine douceur. La température minimale était de 3,6°C, soit une anomalie de +0,5°C par rapport à la «normale». Noël 2015 reste le plus chaud, avec une température de 9,1°C, soit  5,9°C de plus par rapport à la moyenne.

Des épisodes de précipitations instables, à caractère orageux

Les plus marquants sont ceux du 9 mai et du 12 août :

  • Le 9 mai, c’est l’ouest parisien qui est le plus touché par ces pluies soutenues. Longchamp enregistre un cumul de 62,1 mm en 3h.
  • Le 12 août, dans un contexte de fin de canicule, une remontée de cellules orageuses depuis la région Centre frappe l’Île-de-France et plus particulièrement l’Essonne, aux portes de Paris.

Ces deux épisodes de précipitations extrêmes qui se sont produits sur un temps très court (entre 1 à 3h) sont exceptionnels. Leurs durées de retour, c’est à dire le temps moyen au bout duquel se reproduit l’événement, sont supérieures à 100 ans.

Changement climatique à Paris : vers des années plus chaudes ?

Le changement climatique, à la différence de la météo, s’appréhende sur des périodes plus longues. C’est pourquoi dans le cadre de son partenariat avec Météo-France, l’Agence Parisienne du Climat met à disposition des Parisiens des bulletins climatiques annuels. Ils permettent de comparer chaque année avec les moyennes des mesures passées à Paris.

À Paris-Montsouris, on constate une tendance claire au réchauffement depuis 1988.

En ce qui concerne les vagues de chaleur par exemple, leur recensement depuis 1947 indique que la fréquence et l’intensité de ces événements ont augmenté. L’occurrence de vague de chaleur en France, qui était en moyenne d’un été tous les 5 ans avant 1989, est devenue annuelle depuis l’an 2000.

La France connaissait en moyenne 1,7 jours de vagues de chaleur par an avant 1989, elle en a subi 7,95 jours par an depuis 2000 et à 9,4 sur la dernière décennie. L’Ile-de-France, depuis 2015, a vécu au rythme de presque 2 vagues de chaleur par an.

L’été est la saison qui se réchauffe le plus avec des hausses de températures de l’ordre de +0,4 °C par décennie

Il est impossible d’attribuer la chaleur constatée de cette année complètement aux variations naturelles du climat, ou de la même façon aux émissions de gaz à effet de serre. En revanche, il est possible d’affirmer avec une grande confiance, que dans le contexte du changement climatique, les années chaudes seront plus fréquentes à Paris et dans la Région Île-de-France d’ici la fin du siècle.

La menace de réchauffement climatique sera exacerbée sur l’agglomération parisienne par le phénomène d’îlot de chaleur urbain (généré par le revêtement routier, les constructions, les consommations énergétiques…) d’où l’importance d’engager des actions ambitieuses de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation des territoires au changement climatique.

Télécharger le Bulletin Climatique Année 2020 - Météo France

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