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Un hiver 2021 sous la pluie

Un hiver 2021 sous la pluie et particulièrement doux : confirmation d’une tendance à la hausse des températures

Climat
ParticulierProfessionnelAdhérentPresse
Publié le 21 avril 2021
par Agence Parisienne du Climat

Le bulletin climatique fait la rétrospective de l’hiver 2021. Les mois de décembre à février ont été marqués par des précipitations importantes et continues. Encore une fois, les températures relevées montrent une tendance à la hausse de la température hivernale, un phénomène que prévoient également les différentes projections climatiques, dont les récentes publications de Météo-France. Ces bulletins climatiques parisiens sont proposées par l’Agence Parisienne du Climat dans le cadre de son partenariat avec Météo-France.

Découvrez le Bulletin Climatique de l’Hiver 2021 à Paris

Beaucoup de pluie…

L’hiver 2021 est le 3e hiver parisien le plus pluvieux depuis 1873

L’hiver 2021 peut être qualifié de « exceptionnellement pluvieux ». On note un nombre conséquent de jours de pluie (cumuls quotidiens supérieurs ou égaux à 1 mm). 44 jours de pluie ont été dénombrés, pour une normale saisonnière de 30 jours. Cet hiver occupe ainsi le 5e rang des hivers connaissant le plus grand nombre de jours de pluie (record en 1966 avec 51 jours). Cette continuité des pluies modérées a entraîné un cumul saisonnier important et en fait le 3e hiver le plus pluvieux depuis 1873.

En effet, on ne compte pas plus de 4 jours secs consécutifs durant tout l’hiver. Cet hiver très pluvieux n’en affiche pas moins une insolation normale (dûe à une insolation crescendo de février).

Les hivers et le changement climatique

En Île-de-France, quel que soit le scénario considéré, les projections climatiques montrent peu d’évolution des précipitations annuelles d’ici la fin du XXIe siècle. Cette absence de changement en moyenne annuelle masque cependant des contrastes saisonniers. Les hivers récents ont une pluviométrie normale à très excédentaire. La série des hivers de 2018 à 2021, sur l’ensemble des séries de 4 hivers consécutifs depuis un siècle, affiche le cumul de précipitations hivernales record (866 mm). Ces accumulations de pluies d’hiver entraînent une saturation des sols, propices aux crues et inondations. En 2021, cela a été le cas pour les crues et inondations localisées sur les bassins de la Marne, Seine moyenne et Oise-Aisne, en première quinzaine de février.

Un peu de neige…

Deux épisodes neigeux se sont produits en janvier, le 16 et le 24. Ces épisodes brefs ont été rapidement suivis d’un redoux. 

En février, la neige s’est manifestée entre le 6 et le 12 du mois. Cette dernière période froide de l’hiver 2021 n’a donné que quelques cm de neige sur l’Île de France entre le 9 et 13 février. Ces cumuls n’ont rien d’exceptionnel puisqu’ils sont loin derrière les 15 jours avec chutes de neige de février 1942 sur Paris.

Encore de la douceur 

L’hiver 2021 est le 15e hiver le plus doux depuis 1873

Cet hiver poursuit la série des hivers doux : sa température moyenne est de 14,5°C (soit un écart de 1,2°C à la valeur normale). Pour rappel, l’hiver record de 2020 affichait quant à lui un écart de 2,6°C ! La douceur de l’hiver 2021 s’explique par celle de décembre et de février, janvier demeurant proche de sa normale.

Un réchauffement climatique à Paris ?

  • Depuis 2014, l’anomalie de température hivernale moyenne à Montsouris est positive (soit 8 années).
  • Février 2021 est également le 22e mois consécutif dont l’anomalie de température moyenne est positive à Montsouris (1 valeur normale en octobre 2020). Cette remarque pourrait être formulée à plus grande échelle, comme celle du bassin Seine-Normandie qui inclut l’Île de France. Une série aussi longue est inédite depuis un siècle.
  • Dans la série commencée en 1873, les quinze hivers les plus chauds se positionnent après 1975 à l’exception d’une seule année 1877.

Tous ces éléments confirment la tendance à la hausse des températures hivernales en Île-de-France.

En météorologie, l’hiver ne se termine pas le 21 mars: il couvre les mois de décembre, janvier et février, c’est-à-dire la période de l’année la plus froide et la moins ensoleillée dans l’hémisphère Nord.

De nombreuses perturbations, mais une seule tempête

Une seule tempête, Bella le 27 décembre 2020, est répertoriée dans l’espace des 3 mois d’hiver (96 km/h de vent maximal enregistré à Montsouris, 146 km/h à la Tour Eiffel). L’Île-de-France est peu touchée. Les vents associés ne dépasseront pas 100 km/h. En revanche le 3 février, une perturbation atlantique, advectant de l’air très doux et humide, occasionne des rafales notables (110 km/h à Pontoise et 108 km/h à Toussus).

La fin du brouillard Parisien ? 

Crédits Eugène Atget - Musée Carnavalet - Roger-Viollet

Les quais de l’Île de la Cité, Paris, 1923 / Crédits Eugène Atget

Au 20e siècle, les brouillards à Paris étaient parfois si épais que les bateliers se hélaient sur la Seine. Mais le brouillard parisien est un météore qui a presque disparu. Les réchauffements climatique et urbain, la limitation de la pollution industrielle, ont eu raison de lui. En périphérie de Paris, sur le plateau de Villacoublay, on observe encore 2,4 % de jours de brouillard annuels, contre 0,1 % à Montsouris. Dans l’hiver qui vient de s’achever, on n’a recensé qu’une seule journée de brouillard à Paris-Montsouris.

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